La horde du contrevent d’Alain Damasio

La horde du contrevent

Editions La Volte – 522 pages
Littérature française

« Imaginez une terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les arpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont.
Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à cage volante.
Ensemble, nous formons la horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime. »

MON AVIS :

Terriblement riche et complexe, la Horde du contrevent a tout du récit épique : une kyrielle de personnages, un voyage historique à la fois fantastique et initiatique. Une oeuvre souvent dense où de nombreuses voix se questionnent et se répondent, entrent en résonances et se lient. Une aventure qui, travaillée et enrichie de nombreuses références fantaisistes, n’en demeure pas moins complexe et dense. Une écriture souvent alambiquée qui cache un style compact et des personnages multiples souvent peu attachants. Une oeuvre essentielle de SF, à la fois riche et ambitieuse, mais qui n’échappe pas à une pesanteur sourde et une trop importante sophistication…

Tant que je peux composer avec le bruit du monde… tant que j’entendrai les avalanches faire vibrer les nappes d’air… tant que j’aurai la force d’écouter la musique… Comme dans ce conte fabuleux de Caracole où tout commençait, tout naissait du son – le vent, l’air, ne sont qu’un son, un sang actif, un son mobile, un sang épais qui pousse et qui s’épand, un son…


Qu’importe où nous allons, honnêtement. Je ne le cache pas. De moins en moins. Qu’importe ce qu’il y a au bout. Ce qui vaut, ce qui restera ce n’est pas le nombre de cols de haute altitude que nous passerons vivants. N’est pas l’emplacement où nous finirons par planter notre oriflamme, au milieu d’un champ de neige ou au sommet d’un dernier pic dont on ne pourra plus jamais redescendre. (…) ce qui restera est une certaine qualité d’amitié, architecturée par l’estime. Et brodée des quelques rires, des quelques éclats de courage ou de génie qu’on aura su s’offrir les uns les autres. Pour tout ça, les filles et les gars, je vous dis merci. Merci.

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Une réflexion sur “La horde du contrevent d’Alain Damasio

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