La logeuse de Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski

La logeuse

Editions Babel – 142 pages
Littérature russe

Le héros de ce récit de jeunesse (1847) tombe amoureux d’une jeune femme mariée à un vieillard – la logeuse de l’appartement dans lequel il vient de trouver une chambre. Si son intrusion constitue une crise dans la vie du couple étrange, nul ne saura jamais pourtant quel lien les unit, quelle folie ou quelle affection mortifère.

MON AVIS :

C’est toujours une plongée terrifiante et passionnée que nous propose Dostoïevski à travers des personnages torturés aux interrogations intimes très vives. La logeuse ne fait pas exception et nous livre une passion dévorante presque iconographique voire religieuse. Une plongée vive et austère dans les méandres de l’âme humaine, de ses aveuglements, vécus parfois comme la plus brûlante maladie terrestre, et de ses doutes, puissants et amères.
Ici, Dostoïevski nous invite à sonder la folie passionnelle et à décortiquer des liens humains dévorants. Une oeuvre forte et dense, comme toujours avec cet auteur, magnifique et vibrante.

Là, il alluma une bougie – et, une minute plus tard, l’image de la femme en larmes frappait avec éclat son imagination. Si enflammée, si forte était cette impression, son coeur reproduisait si amoureusement les traits doux et timides de ce visage bouleversé d’effroi et d’émotion mystérieuse, de ce visage empli de larmes d’exaltation et d’enfantine repentance que ses yeux se troublèrent et ce fut comme un feu qui lui courut dans tout le corps.


Reconnais-la, ta soeur ! Ce n’est pas pour rien que je t’ai appelé mon frère, que j’ai prié la Mère de Dieu, à chaudes larmes ! une soeur comme moi, tu n’en trouveras plus ! Tu feras le tour du monde, tu connaitras la terre, tu n’en trouveras pas d’autre, une bien-aimée comme moi, si c’est une aimée que ton coeur demande. Je t’aimerai, avec chaleur, tout comme maintenant, je t’aimerai, et la raison pour quoi je t’aimerai, c’est que tu as l’âme pure, pleine de lumière, on y voit au travers ; parce que, la première fois que je t’ai vu, je l’ai su tout de suite, tu étais l’hôte de ma maison, l’hôte bienvenu, et ce n’est pas pour rien que tu as demandé chez nous ; je t’aimerai aussi, parce que, quand tu regardes, tes yeux, ils aiment, et ils parlent de ton coeur, et quand ils disent quelque chose, alors, tout de suite, tout ce qu’il y a dans toi je le sais, et, pour ça, j’aurai envie de donner ma vie pour ton amour, et ma liberté belle, parce que c’est doux d’être même ton esclave, quand j’ai trouvé ton coeur… mais elle n’est pas à moi, ma vie, elle est à quelqu’un d’autre, ma liberté à moi, elle est liée.

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14 réflexions sur “La logeuse de Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski

  1. J’aime beaucoup les auteurs russes, Tolstoï et Dostoïevki en tête mais je n’ai pas lu celui là. Je note !!!

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