A ce stade de la nuit de Maylis de Kerangal

A ce stade de la nuit

Editions Verticales / minimales – 74 pages
Littérature française

Lampedusa. Une nuit d’octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster – héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry – puis, comme par ressac, la fin de règne de l’aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : le naufrage d’un bateau de migrants.

MON AVIS :

En partant d’une tragédie connue de tous, Maylis de Kerangal, tisse avec son aisance habituelle faite des lettres et des mots, le fil des pensées qui l’ont habitée durant la nuit du naufrage.
Du film Le Guépard de Visconti au Swimmer de Perry, en passant par ses réflexions personnelles, la recherche d’une île sur un globe, la volonté de faire émerger des visages dans la nuit, Maylis de Kerangal fait évoluer sa pensée, et dans son sillage, les traces d’un riche imaginaire aux confins de l’humanité. A travers une culture familière, l’auteur construit son oeuvre autour de la tragédie humaine qu’a été Lampelusa. Un roman très court, personnel, écrit à la première personne du singulier, qui évoque le déracinement, l’inhospitalité mais aussi l’indifférence. Autant de thèmes difficiles qu’elle parvient à mettre en lumière, à travers une écriture fluide bien que parfois décousue. Un joli roman à découvrir autant pour la plume de l’auteur que pour le message qu’elle parvient à transmettre.

Tentative de fuite pour se libérer d’un monde et se réinventer, ou tentative pour rentrer chez soi et retourner à la vie d’avant, désir purificateur de renaître, neuf et vierge, afin de repartir de zéro : l’homme nage jusqu’à épuisement de son projet fou.

Publicités

30 réflexions sur “A ce stade de la nuit de Maylis de Kerangal

    • C’est vrai qu’elle a un style bien à elle. J’ai quand même préféré Réparer les vivants mais il est en réalité très difficile de comparer les deux livres, l’un étant une sorte de pensée écrite de l’auteur alors que l’autre est un roman entièrement construit.

    • C’est un tout petit livre, pour moi pas aussi bien que réparer les vivants que j’avais adoré mais un bon petit livre sur le naufrage de Lampedusa et sa façon de marquer les esprits…

  1. J’avais adoré « réparer les vivants » … c’est le dernier livre qui m’a autant maquée d’ailleurs mais là, j’ai lu les premières pages et je l’ai reposé … je ne sais pas trop !

    • C’est un livre vraiment différent de Réparer les vivants… J’ai même envie de dire que là, ce sont des pensées, assez peu ordonnées finalement mais qu’elle nous livre sans détour. Cela dit, c’est vrai que c’est difficile de faire aussi bien que réparer les vivants 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s