La terre qui penche de Carole Martinez

La terre qui penche

Editions Gallimard – 362 pages
Littérature française
Matchs de la rentrée littéraire – Priceminister /  #MRL15 #PriceMinister

Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.
Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?

MON AVIS :

Je tiens à remercier Priceminister qui, dans le cadre de l’opération des Matchs de la rentrée littéraire, m’a permis de découvrir ce livre et de vous en parler aujourd’hui.
Pour respecter les consignes qui consistent à rédiger une critique « originale », je vous propose pour une fois, une chronique un peu différente, partagée entre la voix de la vieille âme et celle de la petite fille qui peuple le dernier roman de Carole Martinez. J’espère que ce petit écrit, sans prétention mais rédigé avec beaucoup de plaisir, vous plaira.

LA VIEILLE AME – L’écriture : Il y a longtemps que je veux te découvrir, ma petite, ma lecture, ma promesse. De jours en jours, de mots en lettres, de promesses en attentes, c’est toute cette aventure intérieure que tu m’offres et qui déroule, sous mes yeux émus, ses lettres nobles et son coeur pur.
Ici, ce n’est pas l’enfermement que tu proposes, comme tu as pu le faire dans ta précédente oeuvre, mais la vie, la joie, la tendresse violente, la fragilité et la mort. Rien de la vieillesse ni de la folle jeunesse ne peut être épargnée par ton écriture douce, folle et intense. Ma jeunesse vieillie, mûrie.. c’est cette scission en deux esprits qui ne font qu’un qui fait la particularité de cette oeuvre. La vieille âme s’adressant à la jeune et à ce qu’elle incarne d’espoir et de souffrances futures. Deux voix pour une âme, deux points de vue, écrits avec force et qui tissent le destin d’une seule, la douce, la tendre, l’enfance.

LA PETITE FILLE – Le contenu : Il n’est pas d’espoir, ni d’attente, ni d’honneur, pour cette petite âme, Oiseau, Chardon, Minute. Un être complexe et tendre, multiple et vif. Petit oiseau de chagrin qui désire apprendre à lire et qui se consume d’une trop grande soif de vivre. C’est le présent qui prend corps à travers moi et l’écriture de l’auteur me transporte, m’assaille, me recouvre d’une écriture plus franche et directe.
La curiosité qui m’anime me mène de dangers en trahisons à la rencontre de personnages tendres, doux et attachants. Car c’est un livre fait de rencontres et de dangers : le diable qui prend tour à tour l’apparence d’un homme puis d’un cheval, la rivière à la fois amie et ennemie incarnée par une femme sensuelle à la chevelure verte… autant de contes et de légendes, contées, vivantes et vibrantes, marquées par des personnages sacrés : Aymon, l’Enfant, pur et doux, Eyloi, le jeune charpentier qui rêvait de s’affranchir et de façonner le bois et puis enfin moi, Blanche, qui rêve d’écrire mon nom et de mieux comprendre les racines, le terreau de mon avenir. Le père aujourd’hui devenu cet être violent, n’a-t-il pas connu lui aussi la tendresse d’un être aimé ?
Ce livre est une invitation au voyage, entre la petite fille et la vieille âme, le passé et le présent, conjugués pour l’avenir. Un dépaysement temporel et sensoriel qui nous mène, à travers un conte cruel, aux confins d’un intense voyage. A découvrir.

La petite fille.

Mon père, immobile, comme sculpté dans la même chair que son cheval, crie nos noms face à la porte de bois et de fer.
Blanche.
Et mon nom, soudain énorme dans sa bouche, n’est plus le mien. Mais ce nom, qui me semble étranger, est repris par l’écho. Mon nom – et toutes les lettres qui le composent, même celles que je ne sais pas encore écrire – , porté par la voix formidable de mon père, s’étale sur le paysage, pénètre les gouffres, la forêt profonde, agite la chose qui serpente dans les eaux vertes de la rivière, touche l’autre rive et m’émeut.


La vieille âme

Tu étais vivante et le diable était mort. Et toi, petite Minute, tu lui avais tout volé, jusqu’à son nom, et, plus jamais, tu ne serais cette fillette terrifiée que tu étais la veille encore.

– Challenge au fil des saisons et des pages : 3/5

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14 réflexions sur “La terre qui penche de Carole Martinez

  1. définitivement cette auteure n’est pas pour moi … c’est beaucoup trop étrange !! Ceci dit, celui que j’ai lu dans le cadre des MRL2015 était encore pire !

    • Bonjour Leiloona, merci pour ton commentaire qui me fait plaisir ! Dure tâche que celle de départager toutes les belles idées qu’il y a eu autour des lectures de Priceminister, en tout cas, j’espère que cette jolie fonction de Marraine te permettra de découvrir de jolis blogs (je n’en doute pas ^^) au plaisir de te lire une prochaine fois !

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