La Ritournelle de Paul Vacca

La Ritournelle

Editions mission culture du centre hospitalier Métropole Savoie – 28 pages
Littérature française

Une grande baie vitrée coulissante.
Un long couloir.
Au bout, une porte aveugle.
Un code.
La porte se referme.
Ici et maintenant commence l’expérience.

Aussitôt l’effet de halo porté par les mots s’évapore et les projections spectaculaires volent en éclat.

MON AVIS :

Passer 24 heures dans une unité psycho-gériatrique pour en ressentir l’essence, mettre des mots sur ses perceptions, Paul Vacca l’a fait et nous livre son expérience dans un tout petit livre. Un recueil d’impressions, de sensations, d’interrogations qu’il livre avec nuance et délicatesse dans un tout petit livre-témoignage. Ici, sous la plume de l’auteur, les résidents reviennent à la lumière du monde, à une réalité qui les laisse vivre avec sérénité et apaisement en marge de la société comme une part exceptionnelle d’elle même.
Ici, c’est le quotidien, le fonctionnement de l’unité que décrit Paul Vacca : ses modestes « évènements », ses fragments d’émotions, ses regards et ses instants d’humanité profondément ancrés dans le présent.
L’écriture de Paul Vacca est bienveillante, curieuse et surprise de découvrir derrière les portes vitrées, un lieu qui se plait à faire entrer l’extérieur dans un lieu clos, la vie dans un quotidien attendu, le rire et la tendresse d’un chant dans un souvenir de l’instant.
Une oeuvre modeste, tendre et humaine à l’image des personnes qui peuplent les couloirs de cette unité. Une incursion réussie que nous propose de partager l’auteur, avec tendresse et bienveillance.

Au départ, ce sont quelques mots qui émergent d’une discussion au téléphone : « immersion », « 24 heures », « centre fermé », « unité psycho-gériatrie », « maladie d’Alzheimer », « encadrement »… Des mots qui, livrés à eux-mêmes, portés par leur propre force, font inévitablement surgir des images. Des images issues d’un imaginaire collectif.


Attention, ils vont te garder ! Es-tu sûr qu’on te laissera sortir ? Une façon puérile de jouer avec une peur imaginaire et spectaculaire pour se déjouer d’une autre peur. Celle, bien réelle, de se trouver confronté à la maladie, à la vieillesse, à la déchéance….


Pour dépasser la surface trompeuse et potache des mots, peut-être faudrait-il creuser ? Se documenter sur la maladie d’Alzheimer, sur ce qu’est réellement un centre. Compulser une encyclopédie médicale. Consulter internet. (…)
J’hésite. Et c’est la voix de Bartleby qui s’impose : je préférerais ne pas me documenter. Car même approfondie, cette documentation serait encore des mots. Rien que des mots. Toujours des mots.


Que peut-il bien rester de ces gestes quotidiens ? Ne sont-ils pas par essence condamnés à l’oubli ? C’est justement ce qui les rend plus précieux encore. Car, si les paroles s’envolent, reste la mélodie. Et quand la mélodie à son tour s’estompe, subsiste encore et toujours la trace émotionnelle d’un geste, d’une parole, comme le parfum d’un être aimé qui persiste après son passage…

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12 réflexions sur “La Ritournelle de Paul Vacca

  1. Hou qu’il a l’air intéressant cet opuscule ! Les gens sont tellement pétris d’idées fausses (et vraies aussi) sur le monde de la gériatrie et encore plus quand Alzheimer s’en mêle… Je le note ! ^-^

    • Tout est condensé en 28 petites pages… des sensations, des idées balayées… Un petit livre plein d’humanité qui j’espère, te plaira ! Bisous Asphodèle ^^

    • Oui, c’est vrai qu’il faut avoir le moral pour ouvrir ce type de roman mais en fait il n’est pas du tout déprimant, au contraire 😉 bisous Miss

  2. Je serai curieux de comparer ce petit recueil avec le témoignage d’une personne ayant travaillé avec des résidents atteint d’Alzheimer…

    • Paul Vacca nous offre un livre vraiment très humble, il a conscience d’être un visiteur de 24 heures… c’est vrai que ça aurait été intéressant de faire entendre la voix des aidants, des livres doivent certainement exister sur ce qu’ils vivent au quotidien.

  3. ça me titille aussi car j’ai lu un roman sublime de l’auteur (La petite cloche au son grêle) et un autre que j’ai moins aimé (Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom L’Eclair et a sauvé le monde) !

  4. Je ne suis pas vraiment sûre d’avoir envie de lire ça en ce moment mais les extraits qui te publies sont extrêmement percutants !!

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