Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates


Editions Livre de poche – 696 pages
Littérature américaine

À Mont-Ephraim, une petite ville des États-Unis située dans l’Etat de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney. Au milieu des animaux et du désordre ambiant, ils cohabitent dans une ferme qui respire le bonheur, où les corvées elles-mêmes sont vécues de manière cocasse, offrant ainsi aux autres l’image d’une famille parfaite, comme chacun rêverait d’en avoir. Jusqu’à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar… Une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires. Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial. Joyce Carol Oates épingle l’hypocrisie d’une société où le paraître règne en maître ; où un sourire chaleureux cache souvent un secret malheureux ; où il faut se taire, au risque de briser l’éclat du rêve américain.

MON AVIS :

Ce sont toutes les passions, les espoirs et les désillusions qui s’incarnent ici sous la plume incisive et précise de Joyce Carol Oates. Chronique de la déliquescence morale d’une société en prise avec ses contradictions, dégénérescence familiale sur fond de trahison globale, Nous étions les Mulvaney illustre avec talent les faiblesses humaines, la lâcheté et la culpabilité de l’Homme, son désir d’exister et sa capacité à détruire. En posant son regard sur une famille américaine, Joyce Carol Oates décortique, à travers une narration complexe et recherchée, les liens familiaux, leur étonnante complexité et fait de ses personnages principaux, des héros intenses aux destins damnés. Une oeuvre globale, complète, qui pourrait faire penser parfois à l’écriture de Donna Tartt, emprunte d’incertitudes, de craintes et de mystères.
Une plongée sans retour, une perte programmée qui illustre avec brio, la déchéance du rêve américain, le désir d’être parfait dans une société qui morcelle, détruit et sépare les êtres qui se pensaient les plus liés. Une oeuvre riche, superbement écrite et d’une étonnante justesse qui transporte ses lecteurs jusqu’aux confins de l’âme humaine, de sa plus tendre pureté à sa plus franche noirceur.

Nous étions les Mulvaney, vous vous souvenez ? Vous croyiez peut-être notre famille plus nombreuse ; j’ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité, nous n’étions que six : mon père Michael John Mulvaney ; ma mère Corinne ; mes frères Mike et Patrick ; ma soeur Marianne et moi… Judd.


Marianne dit : « Je suppose qu’il m’a pardonné ? Tu crois… qu’il m’aime de nouveau, qu’il n’a plus honte de moi ? » et Judd dit : « Papa n’a jamais cessé de t’aimer, Marianne. Il ne s’agissait pas vraiment de honte, c’était… eh bien, comme l’a dit maman, c’est juste quelque chose qui est arrivé. » Marianne répéta avec lenteur : « Juste quelque chose qui est arrivé. » Judd dit : « Les familles sont comme ça, parfois. Quelque chose se détraque et personne ne sait quoi faire et les années passent… et personne ne sait quoi faire.

Challenge au fil des saisons et des pages : 5/5

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12 réflexions sur “Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates

  1. J’aimais l’histoire mais il y a certains Oates (dont celui-ci, abandonné à 40 pages) que je ne peux pas lire, style trop particulier pour moi ! Dommage, elle a de belles choses à dire ! 😉

    • Il fait partie de ceux que j’ai pu lire sans soucis mais c’est vrai que c’est souvent quitte ou double avec cette auteure… Biz à toi Asphodèle !

    • Merci pour ton message qui me touche vraiment beaucoup ! Je ne peux que te conseiller ce livre de cette auteure prolifique ^^ A bientôt et encore merci.

    • Je te conseille vivement ce très joli roman. C’est un petit pavé mais il est magnifiquement écrit, les pages se tournent toutes seules 😉

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