L’école en prison, une porte de sortie de Cécile De Ram et Sylvie Paré


Editions du Rocher – 184 pages

Littérature française

Les uns ont quitté l’école en primaire, d’autres après le lycée, d’autres encore sont illettrés. Incarcérés pour braquage, trafic de drogue, terrorisme, homicide ou viol… Pas évident de faire cours à un public aussi hétérogène, mais l’expérience a prouvé que rien n’est impossible.
Sylvie et Cécile enseignent à la maison d’arrêt de Nanterre depuis plus de dix ans. Avec toujours la même passion, la même foi, la même énergie, mais aussi une infinie patience, une dose d’humour, une forte capacité d’adaptation… Grâce à elles, le français, les mathématiques et l’histoire ont trouvé un nouvel écho auprès de cette population carcérale. Sylvie et Cécile réussissent à transmettre à leurs élèves une image positive de l’école, à leur redonner confiance en eux, en leur capacité d’apprentissage.

MON AVIS :

Pénétrer dans une prison, entrer dans l’univers carcéral par la lecture, voilà le difficile défi que nous proposent Cécile De Ram et Sylvie Paré. Un engagement personnel, celui de considérer l’éducation comme un droit, l’apprentissage comme un moyen.
L’éducation devient dès lors une porte de sortie pour les détenus qui assistent à leurs cours – immédiate puisqu’elle leur permet une évasion momentanée de leurs cellules, et à plus long terme en leur offrant la possibilité d’une réinsertion réussie.
L’oeuvre est riche, parfois descriptive voire subjective à bien des égards, mais elle a le mérite de montrer les difficultés qui existent pour faire entrer l’éducation, l’art, la culture, la lecture et l’écriture en prison ; pour faire sortir les détenus de cet isolement dans lequel les place la société, leur milieu, leurs fréquentations mais également leur propre perception d’eux-même et des personnes qui les côtoient. Ce livre est un témoignage du quotidien, une façon de rappeler l’engagement concret de ces enseignants qui se réinventent, doutent, côtoient la solitude sous toutes ses formes et retrouvent, grâce à un combat de tous les instants, l’essence même de leur métier – transmettre.
Les difficultés qu’ils rencontrent sont ici réelles et clairement établies que ce soit par rapport au lieu, au public (tous les âges, tous les niveaux scolaires, tous les milieux) ou aux partenariats parfois difficiles à gérer (avec les autres intervenants en milieu pénitentiaire), ce livre permet de mettre en lumière ce sacerdoce qu’est l’éducation en milieu carcéral.
Une oeuvre basée sur l’expérience, parfois un peu descriptive et linéaire, mais qui fait la part belle aux exemples concrets. Un récit engagé qui a le mérite de mettre en lumière le travail de l’ombre que ces enseignants atypiques réalisent au quotidien.

Ce qui compte, ce n’est pas le détenu mais l’élève que nous avons face à nous.
Une fois en classe, nous sommes absorbées par notre travail, aussi bien par les apprentissages à transmettre que par la disponibilité d’esprit de nos élèves. Nous n’avons alors devant nous que des apprenants.

Un grand merci à Babelio qui s’est démené pour que je reçoive ce livre et aux éditions du Rocher qui me l’ont renvoyé.

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6 réflexions sur “L’école en prison, une porte de sortie de Cécile De Ram et Sylvie Paré

    • Il l’est ! C’est vraiment intéressant de mieux connaitre le quotidien de ces enseignantes et notamment les contraintes liées au lieu de l’exercice de leurs missions…

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