Eva de Simon Liberati


Editions Le livre de poche – 222 pages
Littérature française

Un soir de l’hiver 1979, quelque part dans Paris, j’ai croisé une femme de treize ans dont la réputation était alors « terrible ».
Vingt-cinq ans plus tard, elle m’inspira mon premier roman sans que je ne sache plus rien d’elle qu’une photo de paparazzi. Bien plus tard encore, c’est elle qui me retrouva à un détour de ma vie où je m’étais égaré.
C’est elle la petite fée surgie de l’arrière monde qui m’a sauvé du labyrinthe et redonné une dernière fois l’élan d’aimer.
Par extraordinaire elle s’appelle Eva, ce livre est son éloge.

MON AVIS :

Entre le roman d’amour et de dévotion, Eva, délicate jeune fille arrachée très tôt à l’enfance s’incarne ici sous l’oeil admiratif de son époux, en femme libre et sexuée.
Une oeuvre vibrante de l’hommage rendu à sa déesse, chaussée de Louboutin et à la présence envoûtante qui fascine autant qu’elle attriste. Une figure d’ange déchu sur fond de scandale pédopornographique et de procès attentés contre sa mère qu’elle n’aura de cesse de rejeter.
Si la figure d’Eva reste fascinante dans l’approche qu’en fait l’auteur, également époux, on pourra regretter une oeuvre souvent bavarde, inutilement longue et dont les paragraphes sont souvent prétexte pour l’auteur à parler de lui.
Une oeuvre plutôt dérangeante sur l’intime – comme une nouvelle façon d’exposer Eva – entre idolâtrie et dénonciation. Une figure souvent mise en avant mais pas toujours à bon escient qui aurait gagné à davantage de simplicité.

Il n’est pas indifférent que le fil premier de ce livre me ramène au couvent, au parfum d’encaustique des longs couloirs de ma jeunesse et à la religion qui ordonnait encore ma vie, quelques mois à peine avant que le fil de la nuit que j’avais commencé de suivre car je la trouvais plus élégante que le jour, me conduise, de rencontre en rencontre, dans un labyrinthe rouge et or, jusqu’à un minotaure enfant que je croisais plusieurs fois sans jamais lui parler. Eva avait treize ans, j’en avais dix-neuf, elle était mon aînée. Plus qu’un minotaure à la Garouste, on aurait dit une sirène des années 1950 dessinée par un peintre de foire.

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18 réflexions sur “Eva de Simon Liberati

    • C’est effectivement dommage parce qu’on aimerait en savoir plus sur cette femme-enfant très abimée par la vie et son exposition médiatique. je trouve qu’il y a ici une sorte d’effet pervers en mettant en lumière Eva sans apporter de voile de pudeur supplémentaire. J’ai donc un rapport particulier avec son exposition ici par son mari écrivain.

      • Je vais bien … trois petits mots si simples à écrire mais qui ne sortaient pas ! Chaque jour m’apporte un petit bonheur, je redécouvre des plaisirs simples, des choses vraies. Je reprends goût à lire, à blogger … bref, ça va vraiment beaucoup mieux; Je ne sais même plus si je t’ai expliqué les raisons de ma longue coupure … je le ferai par MP. Je t’embrasse Yuko, c’est toujours un plaisir de te lire et de venir voir tes réponses à mes commentaires.

      • Je suis vraiment contente de lire ces mots et te souhaite de continuer à goûter ces petits bonheurs. C’est également un grand plaisir pour moi de discuter avec toi, de partager, de lire tes avis. Je ne peux pas dire autre chose que je suis vraiment contente de te retrouver !

  1. Bof, le sujet ne m’inspire pas particulièrement. Je pense détester l’héroïne, et en général quand je déteste… Je déteste ^^

    • Je te comprends, on a tous eu une héroïne antipathique.. Et c’est effectivement difficile de continuer sa lecture. C’est quoi ton dernier exemple en date ?

      • Oula, alors j’ai peut-être de la chance mais ça fait longtemps que je n’ai pas détesté une héroïne. Je dois les sentir venir de loin ^^ Il y a peut-être l’agent Mila dans L’écorchée de Carrisi, qui m’a très vite saoulée !

      • Je me suis arrêtée au Chuchoteur de Carrisi donc je n’ai pas eu la chance de connaitre cetet Mila 😉 mais je note ^^

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