Série – The Handmaid’s Tale


Série de Bruce Miller
2 saisons (en cours)
-Saison 1 : 10 épisodes
-Saison 2 : en cours

SYNOPSIS :

Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.

MON AVIS :

1-Du roman à l’écran, une adaptation terrifiante

Adapté du roman de Margaret Atwood – La servante écarlateThe Handmaid’s Tale reprend l’intrigue principale du roman tout en l’étoffant. L’atmosphère pesante et misogyne du récit est ici amplifié par des plans d’une grande intensité visuelle et une bande son oppressante.
Le passage du roman à l’écran s’avère dès lors salutaire. L’univers, davantage développé, prend en effet le temps de s’intéresser à de nombreux personnages et n’axe plus uniquement la réflexion autour du personnage principal, la très remarquée Defred.

2-Charismatique Elisabeth Moss

Defred est en effet incarnée à l’écran par l’impressionnante Elisabeth Moss. Récompensée aux Emmy Award 2017 (meilleure actrice), elle donne réellement vie à son personnage à travers une interprétation sensible et toute en nuance. Charismatique et singulier, son personnage apparait plus courageux que dans le roman et devient une figure humaine, touchante et attachante.
A travers une interprétation réaliste et forte, Elisabeth Moss aura su retranscrire, en quelques regards, toute la complexité de son personnage et l’ampleur de son isolement. Mais si la comédienne illumine l’écran de sa présence changeante, les autres personnages se révèlent également d’une grande intensité. Du Commandant, incarné par Joseph Fiennes, insaisissable et inquiétant, à la très dure mais si humaine Epouse, Serena Joy (Yvonne Strahovski) en passant par le mystérieux Nick (Max Minghella), les personnages sont d’une troublante humanité et incarnent avec conviction toute la complexité des relations humaines.

3-Un conte cruel pour une histoire féministe

Dans un monde où les femmes sont condamnées à servir les leaders d’une société patriarcale, où elles n’ont plus la libre disposition de leurs corps, ni la possibilité de lire, d’écrire ou travailler, La Servante Ecarlate, apparait comme le miroir grossissant des maux de nombreuses sociétés. Dystopie glaçante, faisant du viol une pratique courante sous couvert de traditions (cf la cérémonie), The Handmaid’s Tale peut être vue comme une fable politique horrifique sur le droit des femmes. Une étiquette pourtant simpliste qui s’avère rapidement insuffisante tant les thèmes de la série sont complexes et variés. En effet, le spectateur comprend rapidement que cette société, piégée dans une épuration systématique des individus « nuisibles » ou « inutiles » au système, plonge l’avenir de tous dans l’obscurantisme. Une oeuvre dérangeante, dont l’horreur nous envahit progressivement, entre sidération et interrogation.

4-L’oeil du spectateur au coeur d’une société surveillée

Alternant entre passé et présent, l’oeil du spectateur – guidé par une caméra toujours plus proche de ses personnages – accompagne l’isolement, l’intimité, l’enfermement physique et mental et la soif de liberté de Defred. Le spectateur, témoin impuissant de son agonie, s’avère être également cet oeil silencieux et désarmé qui laisse faire, participant ainsi à la survivance même du système.
Une mise en abîme terrifiante, qui fait prendre conscience de l’importance des petites lâchetés quotidiennes. The handmaid’s Tale est en cela plus qu’une série, elle incarne un discours et une tension, celle qui accompagne les personnages, fait qu’ils se sentent tous surveillés, harcelés et souvent isolés.

5-Une utilisation des couleurs saisissante

En insistant sur le contraste entre les images précédant la mise en place du régime religieux de Gilead, et celles plus ternes du présent, la série met en lumière les différences qui existent entre les perceptions de ses personnages. Un point de vue que souligne intensément le cadrage et l’utilisation du rouge comme couleur principale très stigmatisante pour les servantes.
La mise en scène, précise et travaillée, apporte une structuration mécanique qui fait écho à la hiérarchie de la société pensée par Gilead, tout comme la cruauté de certaines scènes laisse poindre la possibilité d’une révolte et la prise de conscience des personnages.

Une série d’une grande violence psychologique qui rappelle avec force combien la liberté des peuples reste importante dans une société multiple et complexe et combien la différence est en soi une véritable richesse. Une oeuvre à découvrir pour la complexité de son propos et la force de son discours.

Bande annonce

– Mon avis sur le roman – La servante écarlate de Margaret Atwood

Publicités

14 réflexions sur “Série – The Handmaid’s Tale

    • Je suis bien d’accord, j’ai été scotchée… vraiment, je ne m’attendais pas à apprécier autant les personnages. Ce sont vraiment eux, les personnages du roman, en chair et en os, c’est bluffant..

  1. Je n’ai pas encore lu le roman mais j’ai trouvé cette série incroyablement riche en émotion sans être larmoyante ou même putassière, son discours est pertinent mais sans tomber dans la démago, les personnages bien dessinés et bien interprétés.

  2. Bon et bien me voilà définitivement convaincue ! je vais regarder si c’est sur Netflix … et ensuite ne me manquera que le temps ! Bises.

    • J’en suis vraiment ravie 😉 La série explore plus en profondeur les évènements et les personnages sont très attachants ! Je te la conseille. Par contre, elle n’est pas sur Netflix (c’est Hulu qui la distribue…) bises

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s