12 jours de Raymond Depardon


Documentaire français – 1h27

Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.

MON AVIS :

A travers des témoignages filmés au cours de l’audience avec le juge des libertés et de la détention, Raymond Depardon s’attache, comme dans ses précédents films (Urgence, 10ème chambre instants d’audience), à capter les regards, les expressions et la profonde humanité de ses personnages.
Alternant moments drôles, tendres et profondément dramatiques, le regard du photographe se pose avec efficacité et bienveillance sur ces hommes et ces femmes enfermés dans leur pathologie, entre les murs de l’hôpital, parfois incapables de donner corps aux mots.
Les visages, comme les situations, sont ici multiples, nuancés, d’une grande profondeur et nous font toucher du doigt la profonde solitude de ces êtres en perpétuelle attente.
La mise en scène en face à face, intime et sobre, évoque un certain effet miroir particulièrement saisissant entre ceux qui sont à la recherche d’une autonomie dans la norme et ceux qui en fixent le cadre.
Ainsi, en alternant les portraits simples et sans fards de personnages profondément humains, Raymond Depardon nous laisse en prise avec les regards et permet au spectateur de s’immiscer au coeur d’un moment particulièrement intime.
Des moments clos par ailleurs ponctués de longs travellings entre les murs souvent vides de l’hôpital, instants suspendus d’une incroyable grâce visuelle, qui rappellent que dans ces lieux le temps s’est comme arrêté…

Bande annonce

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8 réflexions sur “12 jours de Raymond Depardon

  1. Un documentaire troublant, dont le minimalisme permet de mettre en évidence la complexité de la psychologie humaine, et l’immense détresse qui habite ces individus.
    Un grand coup de coeur !

    • Je te rejoins parfaitement, tout est dans la sobriété, pas besoin d’autre chose, l’essentiel est là et questionne. Depardon comme toujours nous livre une vision intimiste et troublante de ces hommes et femmes « en marge » mais qui ne sont bien souvent pas si loin de nous..

  2. Bonjour Yuko, je me décide à laisser un commentaire. Je n’ai pas encore vu ce documentaire, ce que tu soulignes de la sobriété me rassure, je me demandais vraiment quel était le ton ( la bande-annonce m’avait peu renseignée )

    • Bonjour Maryline, merci pour ton commentaire ! C’est le grand avantage d’un cinéaste comme Raymond Depardon, la sobriété. Rien n’est jamais manichéen, et c’est dans ces zones, dans les regards, dans les échanges qu’on trouve le plus d’humanité… Je te conseille vraiment ce film, la bande annonce est effectivement fidèle ! On en reparlera peut-être 😉

    • Le sujet n’est pas facile c’est vrai mais (et c’est tout le talent de Depardon) on touche à l’essentiel. On rit, on comprend la gravité des situations, on s’étonne de la lucidité de certains patients etc. le tout sans jamais tomber dans le pathos. Un vrai tour de force..

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