Dans la forêt de Jean Hegland


Editions Gallmeister – 302 pages
Littérature américaine

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

MON AVIS :

Jeunes héroïnes survivantes d’un monde sans avenir, Dans la forêt est un hymne à la nature, à sa bienveillance et à ses forces insoupçonnées. Nell et Eva, jeunes orphelines prêtes à tout pour survivre vont découvrir les affres de la solitude, la douleur de l’absence mais aussi cette force sans mesure qui les habite et font d’elles des âmes fortes.
Un récit nuancé à l’écriture délicate et fluide qui repense les liens fraternels, les célèbre et les renforce. Nell et Eva, figures féminines en lutte, reviennent peu à peu à l’essentiel de leur vie et retrouvent un lien perdu depuis longtemps, celui dont disposent les hommes à l’égard de la nature. Une histoire sombre, relevée d’instants lumineux d’une grande beauté visuelle, une promenade en forêt qui alterne entre angoisses profondes et richesses généreuses. Une forêt qui devient également un personnage à part entière, une Mère nature nécessaire.
Une oeuvre réaliste et saisissante, peuplée d’instants de grâce d’une grande beauté d’écriture. A découvrir absolument !

Une fois que Père eut arrêté d’aller travailler, nous étions si coupés de tout, même de Redwood, qu’il était parfois difficile de se rappeler qu’il se passait quelque chose d’inhabituel dans le monde, loin de notre forêt. C’était comme si notre isolement nous protégeait.


Le regret me semblait une émotion familière. Mon esprit tâtonnait autour, comme si la lumière avait été éteinte dans une pièce connue où je finissais par trébucher sur la douleur du décès de ma mère. Je me rappelais avec mélancolie qu’elle était partie depuis presque un an. Mais même cette peine n’était pas aussi profonde que la tristesse qu’éveillait en moi la splendeur de la nuit.


Pourquoi es-tu revenue ? Je m’étais fustigée un millier de fois avec cette question, je pensais ne pas avoir de réponse.
Pourquoi es-tu revenue ? J’ai interrogé les profondes ténèbres ardentes de mon être, et la raison a jailli, aussi simple que l’eau.
-Parce que tu es ma soeur, idiote.

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14 réflexions sur “Dans la forêt de Jean Hegland

  1. Très jolie chronique ! J’ai découvert ce livre en 2017 et j’ai adoré. Il figure même dans mon bilan annuel littéraire, si ça t’intéresse de voir mon cours avis dessus :-). « Sombre, peuplé d’instants lumineux » : c’est tout à fait ça ! J’ai trouvé le début un peu long, mais toutefois nécessaire d’autant que cela retransmet bien le processus psychologique des héroïnes. Un petit bijoux ! Il faudrait que je regarde l’adaptation cinéma sortie en 2015. L’as-tu vue ? 🙂

    • Je n’ai pas vu l’adaptation et en même temps, j’ai tellement peur d’être déçue.. Je me suis vraiment figuré un monde complet à travers ce roman et les personnages de Nell et Eva sont bien vivantes dans mon esprit que j’ai peur de voir l’adaptation.. Tu n’as pas ces craintes ?

      • Ahah je peux comprendre ! Non, je ne suis pas tellement du genre à avoir des craintes ahah, je me dis juste que « si ça me plait tant mieux, sinon tant pis » 😛 ! Écoute je vais essayer de le voir sous peu et je te dirais ce que j’en ai pensé :-).

  2. J’ai lu ta chronique en diagonale, car je suis en train de le lire… billet prévu mi-février (c’est une lecture commune), bien que je l’ai commencé en début d’après-midi et déjà presque terminé (c’est l’avantage des déplacements professionnels occasionnant des trajets un peu longs !)

  3. Merci pour la découverte, je ne connaissais pas ce livre.
    Il y a un livre de Simon Libérati : l’Hyper-Justine que j’aimerai relire, ça pourrait te tenter comme lecture commune?

  4. Non mais tu imagines si j’étais régulière sur la blogoshpère … de billet en commentaires, de blog en blog j’ai sans cesse de nouvelles idées lecture et bien évidemment pas le temps … pfff … Bises

    • C’est toujours un problème de temps au final. je n’ai pas non plus le temps que je souhaiterais pour répondre, passer du temps sur chaque blog, commenter… J’aimerais bien ^^

  5. Le retour à la nature est vraiment un sujet qui m’inspire. C’est un peu le retour à l’essentiel et la connaissance de son monde, la nature qui peut tuer ou te faire vivre. +1 dans la PAL

    • Un très bon livre, à la narration très fluide. C’est dur mais en même temps très beau, l’auteure revient à l’essentiel, cette nature qui tue autant qu’elle nourrit dans une harmonie sublime. Un très beau récit !

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