« Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson


Editions 10/18 – 160 pages

Littérature française

Quand j’étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges ». J’inventais si bien les histoires, paraît-il, qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.
Aujourd’hui, voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.
Autant prévenir d’emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
Mais un amour, quand même.
Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

MON AVIS :

C’est une oeuvre très personnelle que nous propose ici Philippe Besson. Un roman autobiographique qui ne dit pas réellement son nom mais en contient l’essence même. Un récit fait de découvertes – de soi, de l’amour qui nous révèle, de la recherche de l’autre, de l’accomplissement de son destin. Des thèmes universels, qui prennent corps ici sous la plume légère et construite de Philippe Besson. A la manière de Marguerite Duras, il dissèque, construit, raconte son désir d’amour, l’histoire de sa propre émancipation et cette marque indélébile qui nous accompagne notre vie durant, celle du manque de l’autre.
Un récit vibrant d’amour et de désir contenu qui n’est pas sans rappeler le roman d’Edouard Louis, une certaine violence en moins. Une oeuvre riche bien que parfois attendue mais qui a le mérite de la sincérité et de la tendresse.

Je découvre la morsure de l’attente. Parce qu’il y a ce refus de s’avouer vaincu de croire que c’est sans lendemain, que ça ne se reproduira pas. Je me persuade qu’il accomplira un geste dans ma direction, que c’est impossible autrement, que la mémoire des corps emmêlés vaincra sa résistance. Je me dis que ce n’était pas seulement une histoire de corps, mais de nécessité. Qu’on ne lutte pas contre la nécessité. Ou, si l’on lutte, elle finit par avoir raison de nous.


C’est ce matin là, précisément. L’entretien est en train de s’achever quand j’aperçois la silhouette, le jeune homme de dos, avec sa valise, qui quitte l’hôtel. Lorsque je vois l’image qui ne peut pas exister et que je crie le prénom. Je me lève précipitamment pour rattraper le garçon sur le trottoir, je pose ma main sur son épaule, il se retourne.

Et c’est presque lui.


Il n’exprime pas de lassitude. Persiste dans le sourire. Et fournit lui-même l’explication à son acceptation de mon invitation. Il dit : Vous avez dû l’aimer beaucoup, pour me regarder comme ça.

– Un grand merci à Babelio et aux éditions 10/18 pour la découverte de ce roman !

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8 réflexions sur “« Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson

  1. Contente de te retrouver ici… J’ai lâché Overblog aussi, après une pause d’un peu plus de deux ans, pour me relancer sur wordpress. C’est sympa de retrouver ses anciens contacts de blogo !
    Je n’ai encore jamais lu cet auteur je crois, sinon. Ce roman pourrait me plaire. à bientôt !

    • Wahou Valou ! Quelle chouette surprise de te retrouver ici ! Ravie aussi de lire que tu reviens, ça veut dire qu’on aura de nouveau l’occasion d’échanger, je suis super contente ! bonne soirée à toi et à très vite !

Répondre à Valou076 Annuler la réponse.

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