La symphonie pastorale d’André Gide


Editions Folio – 150 pages
Littérature française

– Il ne faut pas chercher à m’en faire accroire, voyez-vous. D’abord parce que ça serait très lâche de chercher à tromper une aveugle… Et puis parce que ça ne prendrait pas, ajouta-t-elle en riant. Dites-moi, pasteur, vous n’êtes pas malheureux, n’est-ce pas ?
Je portai sa main à mes lèvres, comme pour lui faire sentir sans le lui avouer que partie de mon bonheur venait d’elle, tout en répondant :
– Non, Gertrude, non, je ne suis pas malheureux. Comment serais-je malheureux ?

MON AVIS :

A travers le personnage de Gertrude, jeune orpheline aveugle recueillie par le pasteur du village, André Gide développe avec beaucoup de talent les différentes notions de l’amour (filial, envers Dieu, entre homme et femme, dans et hors mariage) mais également la notion de pureté dans sa dimension la plus claire. Gertrude est une héroïne sublime et tragique, d’une grande force instinctive. Son ouverture au monde signe l’éveil du désir, celui de la compréhension et la force du bonheur. Des thèmes nombreux et universels, joliment agencés, qui font de ce court roman une plongée initiatique dans les méandres de l’apprentissage et de l’instinctive compréhension.
Une oeuvre multiple à bien des égards qui parvient à retranscrire, par son écriture souple et délicate, la complexité des sentiments et la force intuitive de la volonté.

Les premiers sourires de Gertrude me consolaient de tout et payaient mes soins au centuple. Car « cette brebis, si le pasteur la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont jamais égarées. » Oui, je le dis en vérité, jamais sourire d’aucun de mes enfants ne m’a inondé le coeur d’une aussi séraphique joie sue celui que je vis poindre sur ce visage de statue certain matin où brusquement elle sembla commencer à comprendre et à s’intéresser à ce que je m’efforçais de lui enseigner depuis tant de jours.

Publicités

18 réflexions sur “La symphonie pastorale d’André Gide

    • Je l’avais lu une première fois mais j’étais trop jeune parce qu’à cette relecture, j’ai vraiment apprécié de nombreux aspects de l’oeuvre. Comme quoi, une rencontre avec une oeuvre doit arriver au bon moment 😉

  1. J’aime beaucoup les mots de ton billet. Ce fut ma première lecture de Gide et j’en garde un beau souvenir, une délicatesse qui m’avait laissée songeuse.

  2. Encore un classique que je n’ai pas lu … à moins que je n’ai oublié !! Je file lire le coup de coeur de « une vie des livres ». Bises

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s