Ni juge, ni soumise de Yves Hinant et Jean Libon


Documentaire belge – 1 h 40
Avec Anne Gruwez

Ni Juge, ni soumise est le premier long-métrage StripTease, émission culte de la télévision belge. Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d’enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Ce n’est pas du cinéma, c’est pire.

MON AVIS :

Premier long-métrage de l’émission Striptease, Ni juge, ni soumise reprend le ton et l’esprit corrosif de l’émission belge dans ce qu’elle a de plus dérangeant et de plus percutant. Un regard souvent sans concession, parfois drôle, souvent terrible dans le décalage que crée le personnage d’Anne Gruwez, magistrate haute en couleur et sans langue de bois, et les situations terribles qu’elle rencontre chaque jour dans son travail. Un quotidien fait de mort et de terreur jusqu’à la scène finale particulièrement réussie dans laquelle transparait toute l’humanité de cette magistrate atypique. Une scène vers laquelle convergent toutes les autres, drôles et tristes, terribles et effrayantes, prenant parfois – souvent – le spectateur en otage. Une oeuvre qui interroge en miroir notre regard sur les situations mises en exergue et qui souligne, s’il en était besoin, le décalage désarmant entre la liberté de ton du film et la noirceur de la misère humaine la plus pure. A découvrir !

– Bande annonce

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14 réflexions sur “Ni juge, ni soumise de Yves Hinant et Jean Libon

  1. Un film que j’ai détesté. Voyeur et complaisant : franchement quel besoin de filmer en plein cadre un cadavre ! J’en suis sorti gêné, du coup l’humour devient louche.

    • Je comprends cette réaction au film même si je ne la partage pas. C’est vrai que le spectateur est pris en otage de certaines images et que l’on peut imaginer que la juge « surjoue » un peu pour la caméra. De même, la représentation des accusés devant la justice n’est à mon sens pas représentative.. Mais je crois que le ton grinçant sert à mettre en valeur un autre propos : l’horreur de ces métiers qui côtoient la mort chaque jour et se doivent de garder un certain recul. Je n’ai pas été déçue parce que je m’attendais exactement à ça, le ton Striptease, corrosif et qui nous met forcément mal à l’aise. Bien sûr que certains passages sont durs mais je trouve qu’on retrouve une humanité certaine dans de nombreux plans. C’est cette humanité au final que je souhaite garder.

    • Oui, il y avait toujours un moment gênant ou perturbant mais en même temps, il y avait souvent une vraie humanité dans ces documents. On les retrouve ici. Certaines personnes avec qui j’en ai discuté ont trouvé le format « long-métrage » moins adapté.. Ca ne m’a personnellement pas vraiment gêné.

  2. Ce documentaire m’a fait une drôle d’impression… on ressort du film en en riant presque encore, retenant surtout la truculence et l’atypisme du personnage de cette juge auquel on aurait du mal à croire s’il était fictif ! Et puis quand le rire retombe, on se sent, oui, un peu gêné aux entournures, parce qu’on se demande ce que ça dit de nos sociétés.
    Par contre, je suis persuadée que les réalisateurs n’ont pas choisi ceux qu’ils mettent en scène, et que les prévenus qui sont filmés sont bien représentatifs de ceux que l’on retrouve devant les tribunaux… les réalisateurs auraient d’ailleurs pu le faire dans l’optique de ne pas donner du grain à moudre aux racistes et nationalistes de tout poil. Je trouve assez courageux -ou inconscient- de leur part de se contenter de montrer des faits, en laissant le spectateur seul responsable de sa capacité à une analyse raisonnée…

    • Je ne sais pas trop quoi penser de la représentation des accusés à vrai dire…Peut-être qu’ils n’ont gardé que les plus « intéressants » indépendamment de leur couleur de peau ou appartenance.. En tout cas, l’horreur des situations ne semble pas inventée 😦 Comme toi, je me suis beaucoup interrogée sur ce que cela dit de nos sociétés (le rire mais aussi le malaise qu’il déclenche après coup..), on a cet espèce de traitement en miroir où on se sent prisonnier des situations montrées à l’écran. C’est toute la force de Striptease, impossible de se détacher de l’écran malgré le malaise. Ca aussi ça en dit beaucoup sur nous…

  3. Oùlà… en fait c’est un film d’horreur 8-|
    En tout cas ça donne envie de le voir quand même (je n’aime pas les films d’horreur, ils me font peur), histoire de réfléchir.

    A bientôt Yuko

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