L’héritage Belton d’Anthony Trollope


Editions Archi poche – 488 pages
Littérature britannique

Clara Amedroz, toujours célibataire à 25 ans, est la seule fille du vieux châtelain de Belton Castle. Ce dernier a dilapidé sa fortune pour assouvir les extravagances de son fils, qui vient de se suicider, de sorte que le domaine doit revenir à son cousin par alliance Will Belton. Aimable et généreux, quoique rustaud, celui-ci offre d’épouser Clara. Sensible à ses qualités, elle ne s’en croit pas moins éprise du très courtois mais fuyant capitaine Frederic Aylmer, membre du Parlement, auprès duquel Will fait pâle figure.

MON AVIS :

C’est une oeuvre délicate empreinte des codes du roman anglais que nous livre Anthony Trollope avec L’héritage Belton. Une oeuvre souvent simple mais qui bénéficie de la véritable magie d’écriture de l’auteur. Une plume délicate et fluide qui nous transporte de pages en pages, dans les méandres des questionnements de la jeune Clara.
Un roman qui interroge sur la place de la femme dans la société anglaise de l’époque autant que sur son désir d’indépendance et son jugement parfois erroné et souvent candide. L’héroïne est d’une naïveté touchante et même si certains passages apparaissent attendus, l’écriture toute en nuances de l’auteur en fait un moment de lecture très plaisant. Malgré ses imperfections, L’héritage Belton est une jolie découverte. Une oeuvre qui évoque la campagne anglaise, les obligations inhérentes à la terre, les rapports d’héritage et leurs difficultés d’exécution autant que les moeurs codifiées de l’époque. Une oeuvre à découvrir pour la plume très fluide de l’auteur autant que pour ses personnages simples et attachants.

-Mais pourquoi ne deviendrait-il pas amoureux de vous, ma chère ? Il ne peut rien faire qui soit plus convenable et plus avantageux tout à la fois.
-Je déteste d’entendre toujours parler d’amour et d’amoureux, comme si une femme ne pouvait penser qu’à cela dès qu’elle voit un homme.
-C’est la seule préoccupation d’une femme.
-Moi, j’ai autre chose en tête, tout comme lui.
-Alors vous croyez qu’il n’y songe pas ?
-Il n’y songe nullement. Je suis convaincue qu’il m’aime beaucoup. Je le vois dans son regard, dans sa voix, et j’en suis heureuse. Mais ce n’est pas de l’amour comme vous l’entendez. Dieu sait qu’un jour, j’aurai grand besoin d’un ami et je sens que je puis avoir confiance en lui. Il aura toujours pour moi les sentiments d’un frère.
-C’est possible. Mais je vous dirai que j’ai souvent vu de ces amours fraternelles et que je les ai toujours vues finir de même.


Le monde est plus dur envers les femmes qu’envers les hommes. Une femme est souvent exposée à perdre, par un concours de circonstances malheureuses, ce qu’un homme ne perd que par sa propre inconduite. Il est vrai qu’il existe des femmes qu’aucune calamité ne peut faire déchoir, comme il est vrai que certains hommes sont des héros. Mais ce sont là de rares exceptions parmi les hommes comme parmi les femmes.

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