La fièvre de Sébastien Spitzer

Editions Albin Michel – 312 pages
Littérature française

Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d’un mal fulgurant, un homme s’écroule et meurt. Il est la première victime d’une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.
Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l’homme qui vient de mourir sortait de son établissement. Keathing dirige le journal local. Raciste, proche du Ku Klux Klan, il découvre la fièvre qui sème la terreur et le chaos dans Memphis. Raphael T. Brown est un ancien esclave, qui se bat depuis des années pour que ses habitants reconnaissent son statut d’homme libre. Quand les premiers pillards débarquent, c’est lui qui, le premier, va prendre les armes et défendre cette ville qui ne voulait pas de lui.
Trois personnages exceptionnels. Trois destins révélés par une même tragédie.

MON AVIS :

Le bilan de la fièvre jaune à Memphis à la fin du XIXème siècle est lourd. 5000 personnes sont mortes en quelques jours, dévorées par une chaleur intense, un feu intérieur sans précédent. Un pan d’histoire que raconte ici Sébastien Spitzer alternant éléments historiques et narratifs avec justesse. Une plongée dans le quotidien de vie et de mort d’une communauté souffrant d’un clivage racial et social important. Un évènement fort et intéressant qui ne parvient cependant pas à pleinement convaincre le lecteur. Les personnages auraient en effet mérité d’être davantage fouillés et leurs histoires, multiples, croisées, apparaissent rapidement convenues.
Une oeuvre qui vaut avant tout pour ce fait historique dévastateur et qui, à l’heure de la pandémie de COVID-19, résonne d’une troublante actualité.

La fille jette un dernier regard au beau malade d’hier. Un mouvement incontrôlé remonte son échine, un long frisson venu du fond de son âme traduisant sa valse-hésitation entre deux élans contraires, deux vertus
inconciliables : l’instinct de survie et la compassion.


La peur se nourrit de l’ignorance. Chacun se figure le pire. La vague des rumeurs brise toutes les résistances. Même celle de la raison. Elle entend des bilans qui gonflent à chaque pas. Des voix évoquent onze morts. Quelques pas plus loin, le bilan se porte à trente.

10 réflexions sur “La fièvre de Sébastien Spitzer

      • Je suis en train de découvrir la plume de Gwenaëlle Robert (avec Never mind) et j’aime beaucoup pour le moment. Autrement j’ai chroniqué une autobiographie (Dame d’honneur) : l’auteure était dame d’honneur de la soeur d’Elizabeth II. C’était sympa aussi !

    • C’était mon premier de l’auteur dont je n’avais lu que du bien mais j’ai été très déçue… L’idée de départ m’a beaucoup plu mais je n’ai pas retrouvé l’intensité d’un roman comme La peste par exemple et les personnages m’ont semblé trop convenus… Je suis néanmoins ravie que tu l’aies apprécié 🙂 Belle journée à toi également !

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