Le cerf-volant de Laetitia Colombiani

Editions Grasset – 206 pages
Littérature française

Après le drame qui a fait basculer sa vie, Léna décide de tout quitter. Elle entreprend un voyage en Inde, au bord du Golfe du Bengale, pour tenter de se reconstruire. Hantée par les fantômes du passé, elle ne connaît de répit qu’à l’aube, lorsqu’elle descend nager dans l’océan indien. Sur la plage encore déserte, elle aperçoit chaque matin une petite fille, seule, qui joue au cerf-volant. Un jour, emportée par le courant, Léna manque de se noyer. La voyant sombrer, la fillette donne l’alerte. Léna est miraculeusement secourue par la Red Brigade, un groupe d’autodéfense féminine, qui s’entraînait tout près. Léna veut remercier l’enfant. Elle découvre que la petite travaille sans relâche dans le restaurant d’un cousin, qui l’a recueillie et l’exploite. Elle n’a jamais été à l’école et s’est murée dans un mutisme complet. Que cache donc son silence ? Et quelle est son histoire ? …
Aidée de Preeti, la jeune cheffe de brigade au caractère explosif, Léna va tenter de percer son secret. Jadis enseignante, elle se met en tête de lui apprendre à lire et à écrire.

MON AVIS : 

Au coeur de l’humanité, Laetitia Colombiani nous invite en Inde, berceau des croyances et de la résurrection. Une étreinte forte et épicée, pour le retour à la vie de sa jeune héroïne. Durement touchée, Léna incarne la force de vivre et le désir de se battre, parfois malgré elle. Une survivante qui s’élève grâce à la solidarité de jeunes femmes rencontrées lors de son voyage en Inde alors qu’elle n’espérait plus rien de la vie.
Comme elle l’avait si justement fait dans La tresse, l’autrice dresse ici le portrait de femmes engagées, liées entre elles par un lien indicible et fort, invisible et essentiel, porté par le souhait de s’élever au-delà de leur condition.
Si on aurait pu espérer une écriture parfois plus directe, la narration emporte le lecteur loin de ces considérations, sur les rives du Gange, dans un pays où règnent la disparité et les inégalités sociales et culturelles. Un aspect plutôt bien traité dans ce récit qui évoque les nombreuses violences faites aux femmes et aux plus démunis, mais aussi l’importance de l’éducation et de la solidarité entre femmes. Une plongée en eaux troubles, d’où jaillit une jolie lumière, douce et solidaire.

Léna, visiblement, n’est rien de tout cela. Que fait-elle seule ici, avec cet air désemparé, cette peine qu’elle semble traîner derrière elle comme une valise trop lourde à porter ?

Un grand merci aux éditions Grasset pour cette découverte.

4 réflexions sur “Le cerf-volant de Laetitia Colombiani

    • C’est le deuxième roman que je lis et j’avoue avoir préféré celui-ci. Mais on retrouve les thèmes qu’elle affectionne : la solidarité, entre femmes notamment, la reconstruction etc.
      Bonne journée à toi aussi !

    • Je n’ai pas lu Les victorieuses mais j’avoue que La tresse m’avait semblé convenu… J’hésitais beaucoup à relire l’un de ses romans et j’ai vraiment préféré celui-ci. Tu me conseilles Les victorieuses ?

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