Série – The night of


Mini série de de Richard Price et Steven Zaillian
8 épisodes – 1 saison (terminée)

SYNOPSIS :

Au lendemain d’une virée nocturne bien arrosée, le jeune Naz, d’origine Pakistanaise, se réveille aux côtés d’une jeune femme baignant dans son sang. Cette dernière a été poignardée et il ne se souvient de rien. Inculpé pour ce meurtre, il est désormais prisonnier du système judiciaire où, parfois, la vérité passe au second plan. Un avocat bon marché mais tenace se propose de l’aider…

MON AVIS :

Plongée dans les méandres du système judiciaire américain, The night of narre la longue descente aux enfers du jeune Naz atteint d’une amnésie déroutante. Une nuit de cauchemar durant laquelle sa vie entière, tout comme celle de ses proches, va basculer.
Mais au-delà de l’ambivalence des personnages, de leurs contrastes savamment mis en lumière, c’est une critique sans concessions du système judiciaire américain qui est ici mis en exergue. La quête d’une certaine histoire à raconter aux jurés, au mépris de la réalité. Une défense monnayée pour chaque indices récoltés, un procureur éminemment politique qui poursuit ou non selon ses « chances » de victoire…
Côté pile donc, un système judiciaire à charge. Côté face, un univers carcéral ultra-violent, lui-même régit par ses propres lois. Des codes que devra rapidement apprendre le jeune Naz, au contact de criminels intimement violents. Ici, c’est la porosité entre la culpabilité et l’innocence qui est intéressante et troublante, puisque, selon le point de vue adopté, le doute est toujours permis.
Une série judiciaire impressionnante dans son approche du thème autant que dans sa capacité à semer, à travers le jeu de ses comédiens, un doute raisonnable. Une série d’une grande qualité scénaristique portée par des comédiens impressionnants. A découvrir absolument !

Les + :
-Une plongée sans concession dans les méandres du système accusatoire américain
-Une intrigue palpitante
-Des personnages atypiques et contrastés (un avocat et un inspecteur sans charisme apparent mais très intrigants)
-Des acteurs impressionnants : la performance subtile de Riz Ahmed a été récompensée d’un Emmy award. Il a par ailleurs été nommé aux Golden Globes.
-Une mini-série de 8 épisodes

Les – :
-Le rapport entre Naz et l’une de ses avocates peu crédible.

Bande annonce

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On habitera la forêt d’Esme Planchon


Editions Casterman – 218 pages
Littérature française
Parution le 10/04/2019

Quand on est une jeune fille solitaire (Joyce), pas très heureuse au lycée (un nid d’individus pénibles et arrogants), et à la mère encombrante (comédienne), on s’enfuit dès que possible chez sa mamie adorée pendant les vacances scolaires. Là, on peut rencontrer une dame qui fait la grève de son ancienne vie perchée tout en haut d’un grand et vieux chêne, par exemple. On peut aussi monter s’assoir à côté d’elle et parler de l’existence… jusqu’à ce que quelqu’un de très idiot décide de raser la forêt.

MON AVIS :

Joli texte écologique mariant récit jeunesse et engagement solidaire, On habitera la forêt est une oeuvre gaie et rafraichissante. Une amitié originale entre trois générations de femmes décalées en proie au désir de s’évader et de reconstruire leurs vies selon leurs envies.
Une oeuvre aux nombreuses thématiques construites autour de la recherche de soi et la défense d’une cause qui dépasse l’individu. Une réflexion sur l’amitié que l’on bâtit, petit à petit comme un engagement et qui nourrit autant qu’elle instruit.
Une jolie lecture adolescente, riche et colorée, à l’image de sa si belle couverture !

Bien sûr, on m’a dit de ne pas parler aux inconnus. De ne pas accepter de bonbons. Ou de pommes rouges. Mais personne n’a jamais mentionné la possibilité d’une proposition comme « Tu veux monter sur un arbre qui s’appelle Bernard ? »

Un grand merci aux Editions Casterman pour la découverte de ce roman jeunesse.

Parents casse-couilles de Sandra Guillot-Duhem et Sabrina Petit


Editions De l’Opportun – 160 pages

Quand les parents posent des questions à l’école…
– Leur enfant est forcément exceptionnel, il lui faut donc un traitement hors du commun
– L’école peut-elle faire du sur mesure pour leur progéniture géniale ?
– Aucune limite dans les demandes exprimées aux institutrices… la preuve !

Quand une institutrice reçoit des parents d’élèves, elle s’attend forcément à tout… mais tout de même ! Sandra et Sabrina ont récolté depuis de nombreuses années les questions loufoques, choquantes, stupides, drôles, provocantes des parents qui assistent aux fameuses réunions durant lesquelles chacun de nous a forcément repéré des parents pénibles, pour ne pas dire plus !

MON AVIS :

Petit recueil d’anecdotes parentales, Parents casse-couilles contient toute l’idée de son concept dans son titre. Une lecture qui se veut plaisante mais qui s’avère rapidement pénible.
Une succession d’anecdotes systématiquement tournées en dérision par le regard sévère et désabusé de deux institutrices. Un recueil emplit de préjugés, rarement drôle, séquencé en petits paragraphes rapidement lus. Une lecture qui aurait pu être originale et mais qui s’avère finalement attendue et sans grand intérêt. Dommage.

Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer


Editions Points – 484 pages
Littérature américaine

Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d’astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu’elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l’entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l’après 11-Septembre.

MON AVIS :

A travers les yeux du petit Oskar, ce sont toutes les années post 11 septembre que nous revivons. Leurs douleurs, leurs chagrins, leurs incompréhensions. Un roman sur le deuil mais également sur la transmission et l’envie d’avancer. Oskar, petit garçon atypique nous sert de guide dans les méandres de l’horreur et fait face, à travers ses angoisses personnelles, à celles plus universelles qui nous habitent tous. Mais si on peut souligner l’intérêt du sujet et l’audace formelle du roman (certaines pages contiennent des photos, des messages importants pour Oskar, d’autres pages ne contiennent que des nombres etc.), les nombreux changements de points de vue et les digressions des personnages alourdissent inutilement le propos et en font un récit très lent et inutilement long. Une oeuvre aux personnages multiples qui perd progressivement de son intérêt en ce qu’elle s’avère, malgré certains passages émouvants, finalement bavarde et inégale.

Chaque fois que je sortais pour aller chercher la serrure je devenais un peu plus léger parce que je me rapprochais de papa. Mais aussi je devenais un peu plus lourd, parce que je m’éloignais encore de maman.

Carrie de Stephen King


Editions Le livre de poche – 282 pages
Littérature américaine

A dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté…

MON AVIS :

Oeuvre culte du répertoire de Stephen King, Carrie a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques dont la très célèbre transposition de Brian de Palma : Carrie, au bal du diable. Et c’est peut-être cette sur-représentation qui aura fini par nuire quelque peu à la lecture de l’oeuvre originelle de Stephen King. En effet, et malgré une aisance d’écriture indéniable, alternant récit classique, témoignages et enquête dans un style journalistique, l’oeuvre peine à démarrer réellement et s’essouffle quelque peu lors de ses premières pages. Malgré une scène d’introduction glaçante à laquelle fait écho un final digne du talent de l’auteur, la présentation des personnages apparait fastidieuse et leurs querelles sans fin. C’est effectivement dans la deuxième partie du récit, plus condensé et incisif, que se concentre tout le savoir-faire de King. Une dernière partie qui se termine en apothéose et met en lumière la figure presque christique de Carrie devenue martyr. Carrie en Cendrillon déchue devient dès lors une figure de la littérature puissante et déterminée. Une découverte plutôt mitigée, néanmoins rattrapée par un final grandiose où se côtoient vengeance, déchéance et repentir.

Ça, c’était bon pour maman, parfait pour elle. Rien ne l’obligeait à se retrouver chaque jour de chaque année parmi les hyènes, d’être plongée dans un enfer de ricanements, de sarcasmes, de mauvaises farces, de grimaces. Et est-ce que maman n’a pas dit qu’il y aurait un Jugement dernier ?


R : Elle est descendue vers le centre. Elle était terrible à voir… terrible ! Elle avait une espèce de robe de bal, enfin, ce qu’il en restait et elle était inondée par l’eau sortie de la borne et couverte de sang avec ça. On aurait dit qu’elle sortait de dessous la carcasse d’une voiture après un accident. Mais elle souriait. Jamais j’ai vu un sourire pareil.

Spirales de Tatiana de Rosnay


Editions Le livre de poche – 186 pages
Littérature française

Hélène, la cinquantaine paisible, mène une vie sans histoire auprès de son mari, de son fils, de sa fille et de ses petits-enfants. Hélène est une épouse modèle, une femme parfaite. Un jour d’été caniculaire à Paris, sur un coup de tête, elle cède aux avances d’un inconnu. L’adultère vire au cauchemar quand, au lit, l’amant sans nom meurt d’une crise cardiaque. Hélène s’enfuit, décidée à ne jamais en parler, et surtout, à tout oublier. Mais, dans son affolement, elle laisse son sac à main… avec ses papiers. Happée par une spirale infernale, Hélène ira très loin pour sauver les apparences. Très loin, mais jusqu’où? Dans ce roman au suspense hitchcockien, Tatiana de Rosnay explore les arcanes de la bonne conscience et la frontière fragile entre le bien et le mal.

MON AVIS :

Présenté comme un thriller psychologique, Spirales de Tatiana de Rosnay emprunte beaucoup aux codes hitchochiens.. Une comparaison malheureuse pour un roman à l’histoire souvent convenue et aux personnages peu attachants. Hélène, bourgeoise quinquagénaire, se retrouve empêtrée dans une spirale machiavélique qui la rend folle. Un personnage à la vie lisse qui ne parvient jamais à susciter de réelle curiosité chez le lecteur et qui s’avère plutôt antipathique.
Mais c’est surtout l’histoire qui peine à convaincre, tant elle est attendue. Une lecture en demi-teinte, marquée par une écriture simple et fluide qui ne suffit malheureusement pas à convaincre.

Hélène n’osait pas s’aventurer dans le passage. Comment était-elle venue jusqu’ici ? Comment avait-elle pu ? Elle, la femme d’Henri Harbelin. Elle était folle. Elle était devenue folle. Elle perdait la tête. Tout cela parce qu’un inconnu lui avait fait des propositions indécentes.


Et comment avait-elle pu abandonner cet homme mort ? Il était certainement le fils, le frère, le père de quelqu’un. Comment en était-elle arrivée là ? Elle qui se souciait tant des autres. Elle qui était si généreuse. Elle ne se reconnaissait plus. Elle ne savait plus qui elle était.

Les mystères du manoir Steiner de Rose Marie-Noële Gressier


Editions LRG – 62 pages

Littérature française
Livre jeunesse sélectionné pour le Prix de Littérature Jeunesse de Buzet-sur-Baïse (47)

BRETAGNE, 10 juillet 1935Le jeune Gaston Bouilledebille est ravi ! Il vient d’arriver chez sa grand-mère. L’occasion pour lui de se régaler de crêpes à la confiture et, SURTOUT, de retrouver sa chère Agatha !!! Ah… Agatha Sapristi, la fille des voisins de mamie Gisèle !!! Gaston en est fou amoureux. Mais a-t-il vraiment ses chances avec elle, lui, le gros rouquin dont tout le monde se moque au collège ? Peut-être… D’autant plus que Gaston et la jolie Agatha vont se rapprocher pour résoudre le mystère qui entoure un nouveau venu dans le village, un certain Frankie Steiner qui a acheté un vieux manoir abandonné.Depuis l’arrivée de Steiner, des phénomènes étranges se produisent…Par exemple, les coupures d’électricité se multiplient sans que l’on en comprenne la cause… Le plus surprenant est que, lors de ces coupures, le manoir du vieil homme demeure éclairé !!! Et non seulement, il reste éclairé mais, EN PLUS, on peut y voir d’étranges éclairs bleutés sortir de derrière les interstices des volets !!! Monsieur Frankie Steiner est-il le diable en personne ? Le témoignage de madame Betticrédule est accablant… En plus, la nuit, monsieur Steiner se livre à de bien étranges livraisons…Et puis, il y a « ces petites filles aux yeux éteints »… La petite Mathilde Barrantinbobard les a vues ! C’est, en tout cas, ce qu’affirme madame Betticrédule…

MON AVIS :

Roman d’aventure jeunesse, Les mystères du manoir Steiner reprend avec beaucoup de succès tous les ressorts du roman policier pour adolescent. Deux amis inséparables d’une curiosité sans bornes, un grand manoir habité par un homme mystérieux, des phénomènes inexpliqués et des enfants qui apparaissent et disparaissent du manoir sans raisons.
Autant d’ingrédients joliment dosés pour faire de ce court récit une oeuvre jeunesse sympathique. Malgré une ponctuation parfois surprenante, composée de nombreux points d’exclamations et de phrases entières marquées en gras, l’écriture est dynamique et les dialogues des plus vivants. Le récit joliment illustré par les portraits de Sandrine Rastrelli – bien que malheureusement en noir et blanc – met en valeur une oeuvre à la trame narrative riche et claire. Une belle entrée en matière pour ce premier tome des aventures de Gaston Bouilledebille et d’Agatha Sapristi. A découvrir.

– De toute façon, y a ben que le diable qui pouvait acheter le manoir. Une vieille bicoque comme ça !!! Cette baraque, elle me fait froid dans le dos ! On dirait qu’elle vous regarde et, pis, il y a toujours ces affreux corbeaux qui tournent autour.

Ses précédents romans :
-L’intrépide petit soldat qui n’était pas de plomb (mon avis)
-Mademoiselle Blanche (mon avis)

Teaser du roman : https://www.youtube.com/watch?v=c7gF4aogVGw

Un grand merci à l’auteure, Rose Marie-Noële Gressier pour la découverte de son dernier roman (son site).

Une vie entre deux océans de M.L. Stedman


Editions Le livre de poche – 522 pages
Littérature australienne

Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler «l’incident» et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…

MON AVIS :

Entre moralité et droiture, Une vie entre deux océans interroge les conséquences d’un choix et la possibilité de vivre dans le mensonge. L’apparition d’un enfant, après les horreurs de la guerre, celles de la perte et un désir viscéral de devenir parent est-il un miracle ou une malédiction ?
Dans un style fluide et agréable, M.L.Stedman décortique les rapports d’un couple à la parentalité, leur indéfectible lien mais aussi l’horreur de l’absence et la peur du vide. Un roman souvent juste dans les émotions qu’il décrit mais qui pèche parfois par des longueurs narratives et quelques descriptions moins heureuses. Un thème fort qui aurait peut-être mérité un style plus concis et une histoire plus ramassée.

Le jour du miracle, Isabel, agenouillée au bord de la falaise, arrangeait la petite crois de bois flotté que son mari venait de fabriquer. Un gros nuage solitaire traînaillait dans le ciel de cette fin d’avril, qui s’étendait au-dessus de l’île en miroir de l’océan. Elle arrosa encore un peu puis tassa la terre au pied du buisson de romarin qu’elle avait planté récemment.
« …et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal… », murmura-t-t-elle.
L’espace d’un instant son esprit lui joua des tours, elle eut l’impression d’entendre des pleurs de bébé.

Ernest et Célestine : au fil des saisons de Gabrielle Vincent


Editions Casterman – Imagier 64 pages
Parution le 3 avril 2019

MON AVIS :

Véritable ode aux saisons et aux petits plaisirs de la vie, ce nouvel album des aventures d’Ernest et Célestine souligne la douceur des moments partagés et celle d’une amitié sans cesse renouvelée. Un album doux et délicat, porté par des illustrations d’une grande finesse. Ernest et Célestine ne sont plus à présenter, en revanche, c’est leur joie trouvée dans l’instant présent et la tendresse l’un envers l’autre qui en font des personnages à part. Une invitation à la douceur et à la compréhension de l’autre dans ses envies et ses différences autant que dans son désir de célébrer chaque instant. Un très bel album qui plaira assurément aux petits comme aux plus grands.

Un grand merci aux éditions Casterman pour la découverte de cet album.