Cold war de Pawel Pawlikowski


Film polonais – 1h28
Diaphana Edition Video (site / Facebook) – en DVD, Blu-ray et VOD depuis le 5 mars 2019
Avec Joanna Kulig, Tomasz Kot et Borys Szyc

Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible.

MON AVIS :

C’est dans un somptueux écrin en noir et blanc que Pawel Pawlikowski présente son histoire d’amour impossible. Un récit d’une élégance rare où la pudeur des sentiments côtoie la beauté des plans minimalistes. Des plans intensément mélancoliques où se mêlent tragique, désir et sensualité.
Une oeuvre intense malgré une histoire qui pourrait sembler convenue et quelques standards narratifs. La construction par ellipse, déroutante, n’en est pas moins intéressante et enrichit grandement le récit. Si certains plans peuvent paraitre austères et froids, d’autres se révèlent délicats et lumineux, notamment quand apparait à l’écran la magnétique Joanna Kulig.
Une oeuvre puissante bien que parfois austère qui ne parvient jamais totalement à masquer un étrange sentiment d’abandon et de finitude, jusqu’au dernier plan d’une pureté éblouissante.
Prix de la mise en scène au festival de Cannes 2018, Cold war surprend par sa réalisation élégante et esthétique autant que par la puissance de son évocation.

Un grand merci à Diaphana Edition Vidéo et à Cinétrafic pour l’envoi de ce film.

Vous pouvez retrouver sur le site de Cinétrafic des liens concernant ce film et plus particulièrement pour savoir : son prix à Cannes en fait-il un film à voir ? Une oeuvre art et essai comme celle-ci est-elle digne de ce qui caractérise le grand cinéma ?

Bande annonce

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Green Book : sur les routes du sud de Peter Farrelly


Film américain – 2h10
Avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali et Linda Cardellini

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité.

MON AVIS :

En faisant le pari d’un duo improbable tout en traitant de la question raciale aux Etats-Unis dans les années 60, Peter Farrelly parvient, tout en évoquant un thème pourtant récurent au cinéma, à saisir la brillante humanité de ses personnages. Même si le film ne peut se départir de certaines scènes attendues, ce sont vraiment l’alchimie et la délicatesse des personnages qui en font un film attendrissant, parfois drôle et souvent juste. Mahershala Ali est d’une finesse remarquable, dans un jeu de regard où se mêlent fierté et dignité. Tour à tour relayés au rang de minorité, les personnages du film explorent les multiples conditions de l’homme, leurs intransigeances, leurs ambivalences et leur subtile devoir de résilience. A découvrir.

– Bande annonce (Attention, la bande annonce dévoile beaucoup d’éléments)

The guilty de Gustav Möller


Film danois – 1 h 25

Avec Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohmann et Laura Bro

Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.

MON AVIS :

Premier long métrage de Gustav Möller, The guilty fait le difficile pari du huis clos. A travers une mise en scène stupéfiante, principalement axée sur son personnage central, un jeune policier au passé trouble, l’oeuvre surprend par la maitrise de son réalisateur, la richesse de ses dialogues et le travail du son. Une oeuvre au scénario recherché, qui parvient toujours à conserver un rythme haletant. Un film captivant qui parvient à susciter empathie, malaise et consternation.
Une expérience immersive d’une grande puissance imaginaire et qui, même si le spectateur parvient à déceler parfois quelques éléments scénaristiques, n’en reste pas moins d’une grande qualité narrative. A découvrir !

Bande annonce

Woman at war de Benedikt Erlingsson


Film islandais, ukrainien, français – 1h40
Avec Halldora Geirhardsdottir, Jóhann Sigurðarson et Davíd Thór Jónsson

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

MON AVIS :

Fable écologique burlesque, Woman at war narre le combat d’une militante contre les conséquences d’une industrialisation massive dans son pays. De la préservation des paysages immenses et époustouflants de son Islande natale, à la recherche d’un avenir résolument tourné vers autrui, ce petit film présente de très nombreux atouts, déployés comme autant de thèmes croisés, traités avec humour et sensibilité. Halla fait partie de ses héroïnes entières et peu farouches qui croient sincèrement en la possibilité d’un avenir meilleur et s’engage corps et âme pour lui. Malgré certaines scènes attendues et une narration parfois convenue, Woman at war tient ses promesses et entraine le spectateur aux confins d’une réflexion mêlant arguments écologiques, engagement personnel et vision d’un futur préservé. A découvrir !

– Bande annonce

Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi


Film d’animation japonaise – 1 h 42
Editeur : Diaphana (site / Facebook) – sortie DVD le 3 juillet 2018

C’est l’été. Mary vient d’emménager chez sa grand-tante dans le village de Manoir Rouge. Dans la forêt voisine, elle découvre une fleur mystérieuse qui ne fleurit qu’une fois tous les 7 ans. On l’appelle la « fleur de la sorcière ». Pour une nuit seulement, grâce à la fleur, Mary possèdera des pouvoirs magiques et pourra entrer à Endor, l’école la plus renommée dans le monde de la magie, qui s’élève au-dessus du ciel, au-delà des nuages.
Le secret de la fleur de la sorcière se révèlera à elle petit à petit…

MON AVIS :

Conte initiatique et enchanteur, Mary et la fleur de la sorcière allie avec talent, triomphe de l’animation et faste de l’image. Une oeuvre qui touche dans sa naïveté narrative autant que dans son approche délicate d’un thème pourtant maintes fois traité. La sorcellerie apparait ici comme une allégorie délicate du passage de l’enfance à l’âge adulte avec ses nombreuses péripéties et une certaine emphase narrative.
Une oeuvre délicate aux traits simples qu’enrobe une narration, certes déjà vue, mais souvent fluide et féérique. Si Mary n’atteint pas le statut des héroïnes de Miyazaki malgré ses visibles influences, elle n’en reste pas moins un personnage délicat et attachant. Une oeuvre qui aurait cependant mérité de se détacher plus franchement de ses influences pour imposer sa marque propre. Espérons que le réalisateur s’affranchisse, sans renier ses origines, d’un carcan qui pourrait, à terme, s’avérer pesant. Un film d’animation néanmoins sympathique, à découvrir !

Bande annonce

Je remercie Cinétrafic et Diaphana pour la découverte de ce film d’animation.

Si vous le souhaitez, vous pouvez retrouver sur le site de Cinétrafic le meilleur du cinéma en 2018 et une liste de films pour passer un bon moment.

Katie says goodbye de Wayne Roberts


Film américain – 1h28
Avec Olivia Cooke, Christopher Abbott et Mireille Enos

Katie, jeune femme du sud ouest américain rêve d’une nouvelle vie à San Francisco. Elle vit ses premiers amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile. Sa ténacité et sa jeunesse seront mis à l’épreuve par ceux qu’elle aime le plus au monde.

MON AVIS :

A travers les yeux d’une comédienne lumineuse, la très impressionnante Olivia Cook, Wayne Roberts dresse le portrait d’une Amérique en proie à ses démons les plus obscurs et à ses passions les plus atroces. Katie fait ici figure d’ange pur. Souillée par la noirceur des hommes, elle reste une image délicate et digne. D’une honnêteté désarmante, elle rejoint dès lors la figure du martyr et interroge, à travers ses yeux expressifs, sur l’humanité et sur le don de soi.
Une oeuvre résolument optimiste que porte l’intense confiance en l’avenir de Katie. Non pas une confiance aveugle et sourde, mais une volonté farouche de s’en sortir et de croire en l’autre.
Un drame très sombre, parfois cruel au point d’en être insoutenable pour une oeuvre riche, intense et bouleversante. A découvrir !

-Bande annonce

Ghostland de Pascal Laugier


Film français-canadien – 1h31

Avec Mylène Farmer, Crystal Reed, Anastasia Phillips et Emilia Jones

Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.

MON AVIS :

Après le très violent Martyrs, Pascal Laugier revient ici au film d’horreur-épouvante et sème une terreur nouvelle faite d’impuissance, d’attente et d’incompréhension.
Une oeuvre dense et rythmée qui nous plonge au coeur de l’horreur et réussit un tour de force narratif très puissant. Porté par des actrices talentueuses, Ghostland joue sur les stéréotypes pour mieux s’en affranchir (la jeune mère de famille qui emménage seule avec ses deux filles, la figure démoniaque de la poupée, des effets de rebondissements réussis) et évoquer des thèmes encore plus sombres que ceux soulevés par la simple peur. En effet, à travers le spectre de l’abus sexuel, du meurtre et de la perte de l’innocence, Pascal Laugier dresse le portrait monstrueux d’une Amérique solitaire et démoniaque où se côtoient des personnalités étranges et sombres.
Audacieux, inattendu et radical, Ghostland plonge le spectateur dans un abîme intime des plus cauchemardesques, faisant de ses personnages des proies fragiles et délicates mais toujours déterminées. Une vraie réussite du genre !

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Ni juge, ni soumise de Yves Hinant et Jean Libon


Documentaire belge – 1 h 40
Avec Anne Gruwez

Ni Juge, ni soumise est le premier long-métrage StripTease, émission culte de la télévision belge. Pendant 3 ans les réalisateurs ont suivi à Bruxelles la juge Anne Gruwez au cours d’enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime. Ce n’est pas du cinéma, c’est pire.

MON AVIS :

Premier long-métrage de l’émission Striptease, Ni juge, ni soumise reprend le ton et l’esprit corrosif de l’émission belge dans ce qu’elle a de plus dérangeant et de plus percutant. Un regard souvent sans concession, parfois drôle, souvent terrible dans le décalage que crée le personnage d’Anne Gruwez, magistrate haute en couleur et sans langue de bois, et les situations terribles qu’elle rencontre chaque jour dans son travail. Un quotidien fait de mort et de terreur jusqu’à la scène finale particulièrement réussie dans laquelle transparait toute l’humanité de cette magistrate atypique. Une scène vers laquelle convergent toutes les autres, drôles et tristes, terribles et effrayantes, prenant parfois – souvent – le spectateur en otage. Une oeuvre qui interroge en miroir notre regard sur les situations mises en exergue et qui souligne, s’il en était besoin, le décalage désarmant entre la liberté de ton du film et la noirceur de la misère humaine la plus pure. A découvrir !

– Bande annonce

La forme de l’eau de Guillermo del Toro


Film américain – 2 h 03
Avec Sally Hawkins, Michael Shannon et Richard Jenkins

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

MON AVIS :

En nous livrant un conte revisité, Guillermo del Toro fait le pari d’une oeuvre contemporaine, joyeuse et délicate. Une nouvelle formule de La belle et la bête en conte moderne, prônant la différence et la tolérance. Une oeuvre cinématographique à la photo parfaite et qui parvient à reconstituer une époque avec puissance et intérêt. Mais au-delà de ses images magiques et de la très belle prestation de ses comédiens, La forme de l’eau n’apporte pas de vision nouvelle ni de nouveau discours autour du thème de la différence. Un récit sublimé par les images savamment étudiées de Guillermo del Toro mais qui ne parviendra pas à me marquer durablement.

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The disaster artist de James Franco


Film américain – 1h44

Avec James Franco, Dave Franco et Seth Rogen

En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film. Sans savoir vraiment comment s’y prendre, il se lance … et signe THE ROOM, le plus grand nanar de tous les temps. Comme quoi, il n’y a pas qu’une seule méthode pour devenir une légende !

MON AVIS :

Comme a pu le faire Tim Burton auparavant avec Ed Wood, James Franco reprend dans The disaster artist, les fondations d’un mythe et remet au goût du jour les dérives d’un système et la création d’une oeuvre atypique. Un défi ambitieux plutôt bien réussi en ce qu’il nous présente, avec beaucoup de bienveillance, le mystère d’un homme, son désir de création et sa puissance d’évocation critique.
Mais au-delà de l’oeuvre devenue culte, c’est aussi une histoire d’amitié sincère que nous présente James Franco, celle qui lie Tommy Wiseau et Greg Sestero, leurs désirs de gloire et leur immense respect mutuel. Une oeuvre atypique, drôle et touchante, à découvrir.

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