Get out de Jordan Peele


Film américain – 1h44

Avec Daniel Kaluuya, Allison Williams et Catherine Keener

Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

MON AVIS :

Film d’horreur d’un nouveau genre, Get out se joue des clichés et donne, sur fond de racisme ambiant, une nouvelle forme au thriller psychologique.
Une oeuvre imaginative et sombre, qui, bien que souffrant parfois de quelques longueurs, incarne vraiment une nouvelle proposition pour le genre. Daniel Kaluuya est très convaincant en jeune homme conquis qui souhaite faire bonne figure tout en apportant son regard franc et aiguisé.
Une oeuvre réflexive, intelligente et à la mise en scène efficace qui marque par la qualité inventive de certaines scènes tout en proposant un discours véritablement innovant. En effet, au-delà d’une évocation du racisme, le réalisateur propose une véritable réflexion sur l’attrait de l’autre, inversant le regard et créant un climat d’osmose-répulsion intéressant.
Véritable fable horrifique, le dernier film de Jordan Peele sauva vous convaincre par une écriture habile et une narration renouvelée. Une redécouverte du genre, un peu comme avait pu le faire It Follows il y a quelques années. A découvrir !

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Citoyen d’honneur de Gastón Duprat et Mariano Cohn


Film argentin – 1 h 57

Avec Oscar Martinez, Dady Brieva et Andrea Frigerio

L’Argentin Daniel Mantovani, lauréat du Prix Nobel de littérature, vit en Europe depuis plus de trente ans. Alors qu’il refuse systématiquement les multiples sollicitations dont il est l’objet, il décide d’accepter l’invitation reçue de sa petite ville natale qui souhaite le faire citoyen d’honneur. Mais est-ce vraiment une bonne idée de revenir à Salas dont les habitants sont devenus à leur insu les personnages de ses romans ?

MON AVIS :

En oscillant toujours entre la comédie, le drame et l’absurde, Citoyen d’honneur met en lumière les dérives d’une société en quête de reconnaissance. La venue d’un célèbre écrivain, originaire du village, exacerbe les tensions et révèle la véritable nature des villageois, certains obnubilés par la gloire, d’autres jaloux de ses conséquences.
Une succession de scènes souvent décalées peuplées de personnages haut en couleur et de situations souvent grinçantes font de ce film une oeuvre étonnante et décalée.
Un récit qui va à la rencontre de personnages un peu fous mais toujours avec humour et auto-dérision, une plongée dans une argentine authentique, entre fiction et réel, mensonges et réalité.

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Je ne suis pas votre nègre de Raoul Peck


Documentaire américain – 1h34

Avec les voix de Avec JoeyStarr ou Samuel L. Jackson

À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies.

MON AVIS :

Documentaire ambitieux, l’oeuvre de Raoul Peck convoque, à travers des images d’archive d’une violence parfois insoutenable, les propos terriblement actuels et désespérément réalistes de l’écrivain James Baldwin. Basé sur ses écrits, le documentaire s’enrichit d’images brutes et nous offre une vision terrible du racisme ordinaire qui irrigue l’Amérique. Entre témoignages d’une époque et réalité frappante, l’intelligence de Baldwin fait mouche et prouve la terrible actualité de son oeuvre.
Un réquisitoire brutal et douloureux contre l’indifférence et la haine, le rejet de l’autre et le déni, qui interroge avec ardeur l’identité de cette grande Amérique, capable d’assassiner ses plus dignes représentants de la cause noire et de violenter ses plus fidèles partisans.
L’oeuvre est riche et percutante, bien que parfois brouillonne. Superposant des images d’archives parfois sans réels liens entre elles, le récit se perd en questionnements qu’il laisse parfois en suspens, apportant avec lui d’autres questions sans réponses.
L’oeuvre reste néanmoins indispensable et nous laisse, comme un poids sur le coeur, la force du propos et l’intensité de ce combat, malheureusement loin d’être terminé.

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Grave de Julia Ducournau

Grave
Film franco-belge – 1h38

Avec Garance Marillier, Ella Rumpf et Rabah Naït Oufella

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

MON AVIS :

Premier film de la jeune réalisatrice Julia Ducourneau, Grave aborde un thème audacieux, avec beaucoup d’assurance et de maîtrise. Tabou ultime de nos sociétés, le sujet du film se pare d’une esthétique intéressante et d’une mise en scène soignée, pour parvenir à nous faire délicatement basculer dans l’horreur.
Une oeuvre d’émancipation sur fond de bizutage universitaire et de rivalité fraternelle, qui orchestre avec intelligence le rapprochement de l’homme et de l’animal (le film se passe sur le campus d’une école vétérinaire). La jeune Garance Marillier offre une belle présence à l’écran pour un film fiévreux et électrique, qui casse savamment le cadre de la fiction française pour y distiller une juste dose horrifique.
Une première oeuvre prometteuse malgré un « twist » final peut-être plus attendu et un peu maladroit. Le scénario, entre sensualité macabre et désirs sensoriels, compense largement une oeuvre que l’on imaginait finalement plus poussée dans l’horreur.

-Bande annonce

Logan de James Mangold


Film américain – 2h17
Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart et Dafne Keen

Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

MON AVIS :

Oeuvre crépusculaire au rythme effréné et aux personnages charismatiques, Logan offre un dernier rôle parfait à Hugh Jackman lui permettant de tirer sa révérence avec tact et authenticité.
Le personnage de Wolverine n’a jamais été aussi humain et vulnérable que dans cette dernière franchise, véritable point final d’une épopée aux multiples visages.
Hugh Jackman est toujours convaincant dans son rôle, tout comme ses partenaires à l’écran. Une oeuvre audacieuse qui a su renouveler le genre avec intérêt et qui évoque, avec subtilité, des thèmes aussi universels que la transmission, le don de soi ou la fin d’un mythe.
Une oeuvre parfois violente, toujours intense et quelques fois mélancoliques. Une signature sous forme d’adieux, profonde et touchante.

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Toni Erdmann de Maren Ade


Film allemand-autrichien – 2h42

Avec Peter Simonischek, Sandra Hüller et Michael Wittenborn
Distributeur : Blaquout (Site / Facebook) – sortie DVD le 23 janvier 2017

Quand Ines, femme d’affaires d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre, mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse ? », son incapacité à répondre est le début d’un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l’aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann…

MON AVIS :

Palme d’or de coeur pour de nombreux festivaliers de la croisette cette année, Toni Erdmann a su séduire ses spectateurs par son audace et sa folie douce. Une oeuvre qui frappe par son sujet autant que par la précision de sa mise en scène et par le côté épuré de son sujet.
Toni Erdmann, électron libre, parvient à travers l’imaginaire et le rire, à mettre en lumière le cirque absurde qu’est notre société, son libéralisme dévastateur et son discours hypocrite.
Toni Erdmann est une sorte de clown triste, qui révèle et qui désenclave, interroge et surprend.
Peter Simonischek est très convainquant en père imaginatif immature, à l’humour débordant, qui tente de sortir sa fille, devenue une redoutable femme d’affaires, de cette vie qui l’assèche. Au coeur du propos, c’est la vaste notion de bonheur qui surgit, celle qui inquiète autant qu’elle interroge.
Toni Erdmann est un film comme on en rencontre peu, à la fois surprenant et émouvant, il a su faire de l’imaginaire le plus beau rempart contre un réel souvent trop dur…

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Un grand merci à Blaqout et à Cinétrafic (où vous pouvez retrouver les meilleurs films à regarder 😉 ) pour la découverte de ce si joli film.

Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir


Film français – 1 h 57

Avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab et Moussa Mansaly

Se laver, s’habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens…. Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s’engueuler, se séduire mais surtout trouver l’énergie pour réapprendre à vivre.

MON AVIS :

Premier film de Grand Corps Malade et de Mehdi Idir, cette oeuvre adaptée du roman du slameur, Patients, évoque avec beaucoup de pudeur et d’humilité le quotidien de jeunes aux destins cabossés et aux sourires familiers. Véritable ode à la tolérance et à la fraternité, le film nous démontre avec intelligence et subtilité qu’il reste possible de tout recommencer, malgré de très nombreuses possibilités de renoncement et de grandes déceptions.
Sans jamais tomber dans le pathos, il renseigne sur ces vies prisonnières des murs que représentent le corps, mais nous prouve qu’on peut toujours rester maître de son destin.
Un film nécessaire, plein d’humour et d’ondes positives salutaires, qui balaie les a priori négatifs et impose une belle leçon de vie. Aux spectateurs qui doutaient encore du talent de l’auteur, n’hésitez plus à découvrir ce film à l’humour contagieux et au message audacieux. Le monde du handicap à porté de mains, une voix nouvelle qui s’élève et touche le coeur des spectateurs, toujours entre tendresse et férocité. Un film emprunt de délicatesse et d’humanité.

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Les animaux fantastiques de David Yates


Film américain – 2 h 13
Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston & Dan Fogler

1926. Norbert Dragonneau rentre à peine d’un périple à travers le monde où il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques. Il pense faire une courte halte à New York mais une série d’événements et de rencontres inattendues risquent de prolonger son séjour. C’est désormais le monde de la magie qui est menacé.

MON AVIS :

Au-delà du plaisir à retrouver le monde magique des sorciers et la puissance de l’imaginaire de JK Rowling, Les animaux fantastiques promettait un enthousiasme magique, un retour sombre et humain au coeur d’un monde méconnu et fermé aux non initiés, peuplé de créatures enchanteresses et de personnages forts et atypiques.
En réalité, le film s’avère n’être qu’un retour à la franchise gagnante du monde d’Harry Potter sans jamais parvenir à construire une histoire enthousiasmante ni à développer des personnages charismatiques… L’ensemble s’avère en effet vite convenu, d’une improbable banalité et d’une incroyable longueur. Une oeuvre qui ne sera jamais parvenue à me toucher ni à révéler un scénario pensé et renouvelé. Une vraie déception !

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La sociale de Gilles Perret

la-sociale
Documentaire français – 1h24

En racontant l’étonnante histoire de la Sécu, La Sociale rend justice à ses héros oubliés, mais aussi à une utopie toujours en marche, et dont bénéficient 66 millions de Français.

MON AVIS :

Documentaire engagé, La sociale est aussi une oeuvre documentée qui nous entraîne à la rencontre de l’un des tout dernier « poilu de la sécurité sociale » et réhabilite le nom d’Ambroise Croizat, ministre du travail et père fondateur de la sécurité sociale et du régime des retraites.
Un film vif et stimulant qui alterne entre documents historiques et témoignages présents. Comme toujours dans les oeuvres de Gilles Perret, la rencontre et l’humain priment, l’engagement aussi.
Une démarche intéressante sur un thème bien peu traité au cinéma qu’on se surprend à apprécier à son juste avantage. Un film documenté, à la mise en scène classique mais qui fait la part belle aux valeurs qui ont amené les ouvriers à constituer un système de remboursement plus égalitaire. Le film souligne également les rapports de force alors en présence, la cupidité des entreprises et une certaine forme de résistance… valeur qui irrigue souvent les oeuvres de cet auteur engagé.

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Fences de Denzel Washington


Film américain – 2 h 19

Avec Denzel Washington, Viola Davis & Stephen Henderson

Troy Maxson aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences…

MON AVIS :

Adaptation d’une pièce de théâtre, Fences filme les rapports explosifs d’un père avec son fils et le reste de sa famille. Personnage hors norme, à la logorrhée dense et aux expressions marquées, Troy Maxson qu’incarne Denzel Washington tient une place de choix dans le drame noueux qu’est Fences. Un rôle démesuré qui aurait peut-être mérité quelques nuances, à l’image du personnage incarné par Viola Davis (Oscar du meilleur second rôle), tout en justesse et en retenue.
Un film souvent statique, qui n’évite malheureusement pas les pièges du théâtre filmé mais qui conserve toute la force du drame et l’intensité du sentiment d’injustice au coeur de son propos.
Fences, un titre révélateur des barrières dressées entre les personnages mais également de celles qui enferment l’esprit – une oeuvre dramatique qui ne parvient cependant jamais à cacher un récit bavard et parfois trop long.

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