Bordeterre de Julia Thévenot


Editions Sarbacane – 524 pages
Littérature française

Inès, 12 ans, est le genre à castagner ceux qui cherchent des embrouilles à son frère, Tristan, autiste de 16 ans. Tristan lui, est plutôt du genre à regarder des deux côtés avant de traverser. Mais ce jour-là, il ne parvient pas à retenir sa sœur qui, courant après son chien… … bascule dans un univers parallèle. Bordeterre. C’est le nom de cette ville, perchée sur une faille entre deux plans de réalité. On y croise des gamins qui chantent pour faire tourner un moulin, des châtelains qui pêchent des cailloux… et des créatures étranges. Inès, par nature, est ravie. Elle explore, renifle le derrière de Bordeterre avec une joie souveraine, comme le chien qu’elle a suivi. Tristan est plus inquiet : il y a quelque chose de pourri dans cette ville.

MON AVIS :

Premier roman de la talentueuse blogueuse Julia Thévenot (du blog Allez vous faire lire), Bordeterre cristallisait de nombreuses attentes. En arrivant à Bordeterre, ce qui surprend avant tout, c’est l’incroyable monde créé par l’autrice et ses codes foisonnant. De petites trouvailles en grandes découvertes, Bordeterre tisse une toile dense et colorée à l’histoire ambitieuse. Une écriture joliment travaillée qui fait de ce roman une première pierre prometteuse. Une oeuvre parfaitement soignée à l’imaginaire débordant mais dont les personnages apparaissent en revanche souvent lisses. Difficile en effet de s’attacher à ces petits êtres aux aventures pourtant extraordinaires. Une première plongée dans les méandres de Bordeterre intéressante qui promet, au regard de l’imagination fertile de l’autrice, de futurs romans intéressants.

Alma se trouve emportée dans une vague tendue vers la scène. L’odeur de sueur de la cave semblait se réveiller, ça sentait le sel, ça hurlait de sensualité.
Serrée dans la douleur de tous ces corps transparents, sa peur se mêlant à celle de ses voisins dans le ressac, leurs voix résonnant dans son torse et ivre de cette joie confuse qui la saisissait toujours dans les mouvements de foule, elle se laissa enrouler par le choeur, éparpiller par les canons spontanés qui émergèrent,
nés d’années de chorale forcée.
« Mais la musique de Bordeterre
Appartient à tout le monde
Car c’est le rythme de nos coeurs
Qui monte de la tombe. »

Le signal de Maxime Chattam


Editions Albin Michel – 740 pages
Littérature française

La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n’y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.

MON AVIS :

Plonger dans les méandres horrifiques du quotidien de la famille Spencer c’est prendre le risque de se confronter à un hommage appuyé au maître du genre. En effet, difficile de ne pas penser à Stephen King en découvrant cette famille citadine qui emménage en campagne. Un père de famille écrivain en manque d’inspiration, des personnages locaux des plus étranges, des phénomènes inexpliqués et un passé terrifiant. Autant d’ingrédients qui, s’ils fonctionnent au début, montrent rapidement leurs limites. Difficile de semer l’angoisse dans l’esprit des lecteurs sans la plume acérée de King ou le cynisme enivrant de Lovecraft. Le signal perd malheureusement de sa magie initiale en s’enlisant dans un surnaturel attendu et des scènes souvent longues et sans surprises. Un attrait qui s’émousse malgré des personnages plutôt intéressants et l’ambiance des petites villes bien retranscrite. A conseiller aux amateurs de l’auteur.

Owen réajusta sa cape pour qu’elle le protège sans le faire tomber. Elle glissa un peu de son crâne, dévoilant une partie de son visage. Il n’aimait pas cela, ça le rendait visible par les forces du mal qui guettaient. Ca ne pouvait être que ça de toute manière, les forces du mal. C’étaient elles qui avaient libéré l’un des leurs dans la remise au milieu des cartons.


Ils roulèrent en silence, et lorsqu’ils dépassèrent Independence Square, pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, Tom se sentit soudain mal à l’aise en présence de Roy McDermott. Il n’aurait su en expliquer la raison, sinon un signal subit de son inconscient. C’était idiot. Pourtant cela perdura longuement, malgré le bleu du ciel, le chant sylvestre des oiseaux, les sourires des habitants de Mahingan Falls. Pire, pendant un bref instant, Tom eut l’impression que tout ceci n’était qu’une mascarade. Une vaste comédie organisée pour les duper, lui et sa famille…

Chez soi, une odyssée de l’espace domestique de Mona Chollet

Chez soi
Editions La découverte, Poche – 359 pages

Littérature suisse

Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir. Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l’état de  » famine temporelle  » qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question  » Qui fait le ménage ? « , persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l’on rencontre des modes de vie bien plus inventifs…
Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d’y voir plus clair, et de se sentir mieux.

MON AVIS :

Faisant du « chez soi » le point de départ d’une réflexion sur le foyer protecteur, cause de nombreuses inégalités et de projections désespérées, Mona Chollet dresse ici le portrait d’un univers bien méconnu et souvent dénigré : l’intérieur. Reflet d’un cocon protecteur ou berceau d’espoirs collaboratifs, lieu personnel aux multiples visages, elle explique à travers de très nombreuses références comment, à une époque de voyages et de mouvement, la culture casanière du silence et du repli sur soi peut être salutaire.
Expliquant sociologiquement comment un lieu de repli peut devenir vital, surtout quand on n’en est dépourvu, et comment les initiatives personnelles peuvent le repenser, elle développe avec précision les différentes thèses qui accompagnent l’aménagement de son intérieur et la façon que nous avons de le considérer. Les références – architecturales, artistiques, sociologiques et journalistiques sont nombreuses et apportent un véritable regard à son propos d’une grande richesse narrative. Un essai à découvrir et à conseiller.

Redevenir maîtres de leurs temps et de leur travail représenterait sans aucun doute un immense soulagement pour un grand nombre de gens, tel cet ingénieur qui clamait sur son blog qu’il serait « tellement plus utile au chômage ». On pourrait alterner les périodes de salariat et celles où l’on prendrait part à des activités collectives, rémunérées ou non, et celles où l’on se retirerait à l’écart pour souffler, réfléchir, créer, se reposer, prendre du recul, se ressourcer, passer du temps avec ses proches.


Alimenter le système, si absurde soit-il, procure une image de soi valorisante (quoi de plus glorieux que de n’avoir « pas une minute à soi » ?) et dispense de toute réflexion sur ce qu’on souhaiterait faire de sa vie.

Code 93 d’Olivier Norek

Code 93
Editions Michel Lafon – 360 pages

Littérature française

Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits.
Une série de découvertes étranges – un mort qui ouvre les yeux à la morgue, un toxico qui périt par autocombustion – l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.
Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses…

MON AVIS :

Premier roman de la trilogie Coste d’Olivier Norek, Code 93 surprend par son aisance narrative autant que par la construction nuancée et réaliste de ses personnages. Une plongée sans concession dans l’univers du SDPJ 93 qui nous offre un panel délictuel impressionnant. Une reconstitution réaliste pour une intrigue prenante et rythmée. Un premier tome vraiment réussi et rempli d’humour qui donne envie de découvrir les autres et de côtoyer, aux côtés du capitaine Coste, les âmes sombres du 93. Une réussite !

L’éventualité d’un autre mort planait donc comme un fantôme au-dessus des divines statistiques. Le commandant Damiani le prit assez mal et Coste fut invité très clairement à se bouger au plus vite.

I am I am I am de Maggie O’Farrell

I am I am I am
Editions 10/18 – 288 pages
Littérature irlandaise

l y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse.
Il y a ces poumons, qui ont cessé leur œuvre quelques instants dans l’eau glacée.
Il y a ce ventre, meurtri par les traumatismes de l’accouchement…

Dix-sept instants.
Dix-sept petites morts.
Dix-sept résurrections

Je suis, je suis, je suis.
I am, I am, I am.

MON AVIS :

A travers l’histoire de ses petites morts, ces instants fugaces où elle est passée près du vide, Maggie O’Farrell crée une oeuvre sensible, pudique et saisissante. Une plongée dans l’intime qui dévoile, à travers une écriture fluide, une délicatesse des mots et une douceur des sens parfaite, mettant en valeur ces instants où tout peut basculer. De sa rencontre avec la maladie, très jeune, à celle qu’elle fait avec le Mal en passant par les accidents évités de peu, l’auteure nous plonge dans un inventaire autobiographique surprenant et humaniste. Une ode à la vie, une invitation à la vivre pleinement et sans retenues. Un récit – classé par organes – tour à tour glaçant, émouvant, intriguant, mais toujours magnifique sous la plume sûre et vivante de Maggie O’Farrell.

Avoir frôlé la mort à l’âge de huit ans a imprimé en moi une image positive – peut-être à tort – de la mort. Je savais qu’elle finirait par arriver, à un moment ou à un autre, mais cette perspective ne m’effrayait pas ; au contraire, sa proximité m’était presque familière.


Quand vous donnez la vie, vous vous exposez au danger, à la peur. Au moment où j’ai tenu mon enfant contre moi, j’ai pris conscience de ma vulnérabilité : j’ai eu peur de la mort, pour la première fois.

Un dimanche matin de Johanne Rigoulot

Un dimanche matin
Editions Pocket – 232 pages

Littérature française

C’est un fait divers comme la France en compte des centaines chaque année. Quand, au hasard d’une conversation, j’évoque « mon cousin condamné pour le meurtre de sa femme », je m’étonne de la surprise des gens.
Les crimes et délits saturent les journaux et nourrissent nos imaginaires. Ils doivent bien trouver leur réalité quelque part. Elle est la mienne et celle de ma famille depuis ce soir de juillet 2004.
Pierre a tué un dimanche matin avant de cacher le cadavre de sa victime. Par les multiples atteintes portées au corps de sa femme, mère de ses deux enfants, il a contraint le monde à parler d’elle au passé. Trois jours plus tard, le temps d’une mise en scène grossière révélée par l’enquête, l’affaire envahissait nos vies.
La famille est un organisme vivant. Qu’un seul élément l’intoxique et le corps entier entre en lutte.

MON AVIS :

En évoquant l’histoire de sa famille, devenue la famille d’un auteur de féminicide, Johanne Rigoulot dévoile l’étrange paradoxe qui habite ses membres. Du souvenir de l’homme d’avant à celui réduit à l’acte de tuer, de la douleur de deux familles déchirées à la volonté de comprendre comment le basculement est possible, l’auteure tisse une oeuvre riche et complexe. En choisissant une écriture la plus objective possible, elle questionne le rapport de sa famille mais également son propre ressenti face à l’acte intolérable. Sa déflagration familiale. La place de la victime, les procès successifs, mais aussi l’univers carcéral, la rupture avec les possibles décisions du quotidien, l’amputation d’un membre au sein de sa famille et au sein de la société, la terreur et la radicalité du geste, autant de thèmes que Johanne Rigoulot, bien que nécessairement partiale, met en exergue, drapée dans une dignité objective.
Une oeuvre de l’intime, un parcours personnel pour un témoignage authentique, souvent difficile tant il nous renvoie à la violence inexplicable, aux conséquences du basculement et à son linceul social. A découvrir.

L’histoire dramatique que je m’apprête à raconter compte une morte, deux orphelines et deux familles dévastées. La souffrance se diffuse par capillarité. Elle a frappé tous les proches de Pierre et de Katia. Elle nous a touchés, les miens et moi, bousculant notre conception du bien et du mal, notre approche de l’intime.


L’harmonie n’existe pas dans un fait divers. On y trouve le manque d’amour, la violence et le chagrin ; on y est assourdi par la dissonance. Mais, à travers ce marasme, il raconte quelque chose de nous et de nos désirs.


Pierre n’est jamais là où on l’attend, et la cour s’épuise sur le chemin cahoteux de sa pensée. Entre le monde et lui, le torrent de ses émotions semble infranchissable.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Pocket pour leur confiance.

Cinq leçons sur la psychanalyse de Sigmund Freud


Suivi de Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique

Editions Petite bibliothèque Payot – 206 pages
Littérature autrichienne

Les deux textes contenus dans cet ouvrage constituent une présentation de la psychanalyse qui s’adresse d’abord aux non-spécialistes. Les Cinq leçons sur la psychanalyse sont les conférences prononcées par Freud en 1909 lors de son voyage aux Etats-Unis, où la psychanalyse était encore largement ignorée. On y trouve un récit des origines de la psychanalyse,  » inventée  » par l’hystérique Anna 0., mais aussi une introduction aux problèmes centraux : l’interprétation des rêves, la sexualité infantile, le complexe d’Oedipe. Freud conclut sur la nature des névroses et le refuge dans la maladie. Dans la Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique (1914), Freud retrace les débuts difficiles de la psychanalyse et les résistances qu’elle rencontra. Il précise sa réflexion sur quelques points litigieux, liés principalement au concept de  » libido « .

MON AVIS :

Petit recueil reprenant les cinq conférences prononcées par Freud aux Etats-Unis en septembre 1909, ce récit est avant tout une oeuvre militante. Une écriture très orale qui nous plonge dans les débuts de la psychanalyse, telle que la présentait Freud, autant qu’une approche partiale de ses concepts, font de cette oeuvre une découverte ambitieuse. Dans une volonté de rendre accessible des idées abstraites, de retracer l’histoire de ses travaux et de ses combats, Freud dévoile les polémiques suscitées par ses recherches autant que les influences qu’il a utilisées pour dévoiler ses concepts clés : l’interprétation des rêves, la sexualité infantile, le refoulement et la résistance etc.
Une oeuvre intéressante, notamment pour les novices en la matière et surtout dans sa première partie, qui rapproche les lecteurs de la complexité des découvertes de l’auteur mais qui n’en demeure pas moins assez difficile à appréhender.

Les renseignements qui précèdent épuisent ce que les médecins pouvaient nous apprendre sur le cas qui nous intéresse. Le moment est venu de quitter ces derniers. Car il ne faut pas s’imaginer que l’on a beaucoup fait pour la guérison, lorsqu’on a substitué le diagnostic d’hystérie à celui d’affection cérébrale organique. L’art médical est le plus souvent aussi impuissant dans un cas que dans l’autre. Et quand il s’agit d’hystérie, le médecin n’a rien d’autre à faire qu’à laisser à la bonne nature le soin d’opérer le rétablissement complet qu’il est en droit de diagnostiquer.

La peste d’Albert Camus


Editions Folio – 279 pages
Littérature française

«– Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux?– J’attends le résultat des analyses.– Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère : « C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident. » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…– Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

MON AVIS : 

Clairvoyante dans son approche de la pandémie, terrifiante dans l’évocation de l’impuissance humaine, les multiples facettes de La peste de Camus continuent d’étonner et de fasciner. En cette période de pandémie mondiale, cette lecture est difficile tant elle est moderne et actuelle. Ses nombreuses lectures, techniques, littéraires, philosophiques en font une oeuvre à part d’une grande puissance évocatrice. La peste incarne le Mal incontrôlable, ses conséquences sur les êtres, la confrontation à l’impuissance et à l’irrationnel, la colère et la résignation mais aussi l’éveil à la solidarité et à l’organisation collective. A travers les mots puissants de Camus et la magnificence narrative de son oeuvre, le Mal prend un visage diffus et s’adresse à chacun. Un récit qui n’a rien perdu de son actualité et qui rappelle combien la vie humaine, suspendue aux catastrophes invisibles, demeure précieuse et fragile. A découvrir absolument.

Le soir, la même foule emplissait les rues et les queues s’allongeaient devant les cinémas. D’ailleurs, l’épidémie sembla reculer et, pendant quelques jours, on compta une dizaine de morts seulement. Puis, tout d’un coup, elle remonta en flèche. Le jour où le chiffre des morts atteignit de nouveau la trentaine, Bernard Rieux regardait la dépêche officielle que le préfet lui avait tendue en disant : « Ils ont eu peur. » La dépêche portait : « Déclarez l’état de peste. Fermez la ville ».


Ecoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années dormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.

Lama mania de Françoise de Guilbert


Editions de la Martinière Jeunesse – 48 pages

Vêtements, décorations, jouets, peluches mais aussi animal thérapeutique et véritable tendance sociétale, le lama est PARTOUT.
Mais connaît-on vraiment cet animal sympathique ?

MON AVIS :

C’est un album vraiment sympathique sur cet animal méconnu que nous propose Françoise de Guilbert. A travers des illustrations colorées (Anne-Hélène Dubray), chaque page renferme un trésor d’inattendu sur cet animal atypique et qui mérite d’être davantage connu. Un guide d’apprentissage grâce auquel vous saurez que le lama ne consomme pas davantage qu’un mouton, vit en groupe, sait se défendre contre le puma, son principal prédateur, est écologique, ou encore qu’il n’aime pas être monté par l’homme mais est capable de porter des charges de 30 kg en zone escarpée.
Une découverte à chaque page qui opère avec beaucoup de charme sur les lecteurs de tout âge. Le lama, un animal définitivement sympa. A découvrir !

Lama mania-1

Un grand merci à Babelio et aux éditions de la Martinière Jeunesse pour cette découverte.

Lettre d’amour sans le dire d’Amanda Sthers


Editions Grasset – 132 pages

Littérature française

Alice a 48 ans, c’est une femme empêchée, prisonnière d’elle-même, de ses peurs, de ses souvenir douloureux (origines modestes, native de Cambrai, séduite et abandonnée, fille-mère, chassée de chez elle, cabossée par des hommes qui l’ont toujours forcée ou ne l’ont jamais aimée). Ancienne professeur de français, elle vit dans ses rêves et dans les livres auprès de sa fille, richement mariée et qui l’a installée près d’elle, à Paris.
Tout change un beau jour lorsque, ayant fait halte dans un salon de thé, Alice est révélée à elle-même par un masseur japonais d’une délicatesse absolue qui la réconcilie avec son corps et lui fait entrevoir, soudain, la possibilité du bonheur.

MON AVIS :

Oeuvre tendre, portée par une écriture douce et délicate, la lettre d’amour d’Amanda Sthers nous offre une élégante rencontre avec la belle Alice. Rendue à elle-même par les talents silencieux d’un masseur japonais, elle revient sur sa vie, ses espoirs déçus, ses attentes flétries. De regrets, en erreurs, elle trouvera le courage d’affronter ses imperfections pour en faire des forces nouvelles et s’éveiller à l’amour. Tout est tendre et délicat dans ce joli récit, les attentes d’Alice, sa jeunesse oubliée, son désir retrouvé. Une ode à la féminité et à la douceur de vivre, entre rêves et vie des possibles, Amanda Sthers nous prouve qu’en étant à l’écoute de soi, tout est possible.

A la fin de nos massages, l’odeur de votre peau sur la mienne était un pansement, et complétait mon parfum pour en créer un autre : nous. Je vous connais comme si nous avions parlé longtemps. J’ose le penser. Je sais aussi que vous n’avez pas été heureux ; seul un être brisé peut en réparer un autre.


Je vous supplie d’accorder de l’attention à ces quelques pages. Elles peuvent vous sembler légères par endroits, graves ou impudiques à d’autres, mais vous comprendrez peu à peu que ma vie en dépend.

Merci aux éditions Grasset et à Amanda Sthers pour la découverte de ce joli roman.