Mon frère de Daniel Pennac


Editions Gallimard – 130 pages
Littérature française

« Je ne sais rien de mon frère mort si ce n’est que je l’ai aimé. Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j’ai perdu. J’ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J’ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ? »

MON AVIS :

A travers la pièce de Herman Melville, Bartleby le scribe, Daniel Pennac rend un hommage ému et délicat à son frère, (ou peut-être ses frères dont un ressemble étrangement au portrait de Bartleby), tous deux perdus. De cette déchirure, nait l’envie pour l’auteur de se réfugier dans le théâtre, revivre, comme une seconde fois à travers lui et son public. Un récit personnel qui allie souvenirs du frère aimé et instants théâtraux sans toutefois parvenir à parfaitement toucher le lecteur.
Si les témoignages d’amour de Daniel Pennac à son frère sont doux et délicats, les incursions de la pièce de théâtre alourdissent quelque peu le récit et cassent le rythme. On a dès lors du mal à comprendre la relation entre les deux récits : celui du frère regretté et celui de Bartleby, même si l’on comprend, que c’est définitivement à travers l’écriture que Daniel Pennac trouve son salut et une certaine forme de renaissance. Une oeuvre personnelle qui manque peut-être de liant et qui n’apparait pas toujours pertinente.

Tout à fait à la fin, il rêva d’une promenade en péniche. Nous deux, un échiquier, sur les canaux, d’écluse en écluse, à deux kilomètres à l’heure mais le plus loin possible. Il avait étudié les parcours envisageables. J’étais d’accord, enthousiaste même, mais j’ai traîné. J’ai traîné… Comme si j’avais sa vie devant moi.

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Suivez le guide ! Aventure en forêt de Camille Garoche


Editions Casterman – tome 4 – 20 pages
Sortie le 20 juin 2018

Le chat Rominagrobis s’est aventuré dans les bois, à la recherche d’un chiot perdu.
Soulève les volets pour découvrir la face cachée de l’histoire, et deviens le complice des animaux de la forêt. Ils réservent au chat bien des surprises…

MON AVIS :

En suivant Rominagrobis dans les bois, le petit chat vantard persuadé d’avoir les sens suffisamment affutés pour retrouver un petit chiot perdu, l’enfant découvre les nombreux trésors cachés dans les recoins des bois et ses très nombreux habitants. Ceux-ci connaissent bien Rominagrobis et s’allient pour l’aider à retrouver son chemin. Une lecture vraiment plaisante pour une découverte souterraine de la forêt qui se fait en soulevant plus de 54 vignettes pré-découpées. Les dessins sont superbes, très doux et poétiques pour une ballade découverte très plaisante en compagnie des nombreux animaux de la forêt ! Depuis ma rencontre avec l’espiègle Rominagrobis, j’ai très envie de découvrir ses autres aventures qui promettent de jolis moments de partage. Un très bel album, doux et coloré, à feuilleter, lire ou parcourir sans retenue !

Un grand merci aux éditions Casterman pour la découverte de ce très bel album jeunesse !

Découvrez les autres tomes de cette série :
Suivez le guide ! (Tome 1)
Suivez le guide ! Promenade au jardin (Tome 2)
Suivez le guide ! La balade dans le quartier (tome 3)

Les débutantes de J. Courtney Sullivan


Editions Le livre de poche – 544 pages

Littérature américaine

Occupant des chambres voisines sur le campus de l’Université féminine de Smith, quatre jeunes filles venues d’horizons très différents font connaissance. Cette rencontre est le début d’une belle et solide amitié entre Celia, écrivaine en devenir élevée dans la foi catholique, Bree, beauté solaire qui se languit de son fiancé, Sally, jeune fille bon chic bon genre qui doit faire face à la disparition de sa mère, et enfin April, féministe radicale et tête brûlée.

MON AVIS :

Récit d’amitié et de partage, Les débutantes est avant tout l’histoire d’une rencontre. Celle de quatre jeunes femmes, étudiantes sur le camps de Smith qui s’éveillent progressivement aux thèmes du féminisme et à ses limites. En suivant leurs destinées, souvent concrètes et singulières, parfois semées d’embûches, le lecteur est plongé dans le quotidien souvent critique et réaliste de quatre femmes très différentes mais nourries des idées féministes issues de leur formation.
Une narration claire et fluide qui comporte des dialogues plutôt réalistes et montrent un réel esprit critique de la part des quatre narratrices. Si la fin m’a semblé plus attendue, l’ensemble du roman fonctionne bien et l’on apprécie de retrouver chacune des héroïnes au fil des pages. Une lecture très plaisante !

Le lendemain, par égard pour Sally, elles posèrent pour les photos, mangèrent du gâteau, dansèrent sous la pluie et se rassemblèrent dans le hall de l’hôtel pour porter un toast au champagne et échanger une tempête de baisers, avant de l’envoyer en lune de miel. Mais les blessures de la nuit précédente étaient encore cuisantes. Leurs adieux furent tendus, et, pour la première fois, elles se sentirent soulagées lorsque ce moment vint.


Plus tard Célia repenserait au week-end du mariage de Sally comme à un commencement, et elle se surprendrait à souhaiter qu’il se soit passé autrement. Si seulement elles avaient trouvé le moyen de changer le début, songeait-elle, peut-être que ce qui s’était passé par la suite ne serait jamais advenu. »

La laisse de Françoise Sagan


Editions Presse Pocket – 190 pages.
Littérature française

Peut-on s’approprier l’objet de son amour, l’emprisonner, le tenir à sa merci ? Vincent étouffe depuis des années auprès de sa femme Laurence, grande bourgeoise fortunée, intelligente sans esprit, belle sans charme, passionnée sans tendresse. Lui est musicien sans ambition mais non sans talent. Seule sa faiblesse lui permet de supporter sa captivité. Mais un jour, sous ses doigts de pianiste, naît une mélodie qui le rend riche et célèbre dans le monde entier. Libre ? Pas pour longtemps, car la geôlière ne lâche pas sa proie…

MON AVIS :

Entre nonchalance de vivre et douceur des jours qui s’égrainent, Françoise Sagan renoue avec une écriture langoureuse et un style délicat. Mais l’apparence d’une écriture fluide et légère contraste rapidement avec le sujet plus hardi du roman : la dépendance affective et financière au sein d’un couple. Sagan s’attache ici à définir les ambiguïtés de la relation amoureuse, ses conséquences matérielles et ses limites affectives. Une oeuvre bien plus profonde qu’elle ne parait de prime abord, aux personnages forts et travaillés. Peut-on vivre sous la dépendance de l’autre ? Comment survivre à l’étouffement et conserver au sein du couple une part de sa nécessaire liberté ? Le souhaite-t-on toujours réellement ? Autant d’interrogations finement amenées par la romancière et qui conduit le lecteur face à l’inévitable remise en cause.
Un roman intelligent et à l’analyse remarquable qui décortique les rapports de la jeune bourgeoisie parisienne avec beaucoup de recul et de finesse. Un très bon moment de lecture !

Grisé par la fermeté de Coriolan et l’obséquiosité subite de « Pas un sou », je m’imaginais tout à coup entrant dans un appartement par moi payé et où m’attendrait une femme dont je partagerai l’existence, au lieu qu’elle s’attribuât totalement la mienne en me jetant par moments, comme des os, des petits bouts de la sienne. D’un autre côté, l’idée de me séparer de Laurence, dès l’instant où j’en avais les moyens, me semblait bien la plus basse de la terre.

Les 100 légendes de la mythologie nordique de Patrick Guelpa


Editions Presses Universitaires de France (PUF) – 122 pages
Littérature française

Entre la vache Audhumla et le loup Fenrir, entre le frêne Yggdrasill et le dragon Fáfnir, les sombres forêts du Nord de l’Europe et les rivages des mers froides sont peuplées d’être merveilleux et fantastiques qui n’en finissent pas de nous fasciner.
Après la mythologie grecque, la mythologie nordique, popularisée par Wagner depuis la fin du XIXe siècle, est celle qui a fourni le matériau mythique le plus important. Ses fables et ses légendes ont été principalement consignées dans des sources littéraires, surtout dans l’Edda de l’Islandais Snorri Sturluson (1178-1241), l’Islande étant le véritable conservatoire des antiquités nordiques.
À partir de 100 mots, Patrick Guelpa nous propose d’aller à la découverte d’un monde enchanté, où se côtoient dieux et déesses, Ódhinn, Thor et Freyja, monstres, valkyries, géants et nains, elfes et fées…

MON AVIS :

A travers un petit lexique des termes mythologiques, Patrick Guelpa donne au lecteur quelques clés de compréhension sur les mythes et légendes de la mythologie nordique. Du Dieu Odin à Loki en passant par le dragon Fafnir et le légendaire Thor, ce petit Que sais-je dresse le portrait de nombreuses légendes et histoires contées à travers les siècles.
Mais si le thème est passionnant et les histoires souvent drôles et étonnantes, on pourra regretter l’aspect très succinct de l’oeuvre et sa narration souvent trop courte. Difficile en effet de se repérer dans les nombreux Dieux qui peuplent les mondes mythologiques nordiques quand on a peu de clés initialement. Une plongée riche mais bien trop courte dans un univers aussi fascinant mais qui laisse souvent le lecteur frustré et en proie aux questionnements.

Un grand merci à Babelio et aux éditions PUF pour la découverte de ce petit Que sais-je ?

American Gods de Neil Gaiman


Editions J’ai lu – 604 pages
Littérature britannique

Dans le vol qui l’emmène à l’enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur ? Et en quoi consiste réellement le travail qu’il lui propose ? En acceptant finalement d’entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d’un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l’ancien monde et nouvelles idoles profanes de l’Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l’aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde…

MON AVIS :

Oeuvre fantasy, American Gods raconte comment les anciens dieux tentent de survivre face aux nouveaux. De leur arrivée dans le nouveau monde à leur quasi-extinction, de la foi à l’absence de croyances, American Gods dresse le portrait d’une Amérique en proie à la déshérence et à l’absence de repères. Une quête aussi initiatique que symbolique qui interroge sur la puissance des croyances et les nouvelles idoles du monde contemporain.
American Gods est un récit foisonnant, parfois un peu obscur et dense, aux références nombreuses et souvent peu explicites qui nous plonge au coeur des mythes et des légendes créatrices. Une très belle idée de départ que desservent parfois quelques longueurs mais qui s’avère tout de même intéressant, tant du point de vue de l’entretien des mythes que sur l’ambivalence que cultivent les divinités, entités aux desseins parfois obscurs et égoïstes. Une jolie découverte, adaptée depuis en série par Jesse Alexander et Michael Green (2017).

« Tu es des nôtres, répondit le borgne. Tu es aussi oubliée, aussi obscure, aussi privée d’amour que n’importe lequel d’entre nous. Le camps auquel tu appartiens ne fait aucun doute ».


C’est sans importance. Comme disaient les journaux : quand la légende est plus belle que la réalité, il faut imprimer la légende. Ce pays a besoin de légendes, mais même les légendes n’en sont plus convaincues.
-Vous, vous en êtes conscient.
-Je suis un has-been. Personne n’en a rien à foutre de moi.
-Vous êtes un dieu », dit Ombre doucement.

Quatre soeurs T. 1 – Enid de Malika Ferdjoukh


Editions L’école des Loisirs – 140 pages
Littérature française

Enid doit faire dix-sept pas de l’abribus jusqu’à l’impasse de l’Atlantique qui mène à sa maison, la Vill’Hervé. Un de moins que l’été dernier. La preuve que ses jambes allongent, donc qu’elle a grandi. N’empêche qu’elle est toujours la plus petite des cinq soeurs Verdelaine. Personne ne la croit quand elle dit qu’elle a entendu un fantôme hurler dans le parc et faire de la musique. Ni Charlie, trop occupée à réparer Madame Chaudière pour l’hiver et à arrêter de fumer pour faire des économies. Ni Bettina et ses copines Denise et Béhotéguy, dites DBB (la Division Bête et Bouchée), concentrées sur leur nombril. Ni Geneviève, mobilisée par son propre secret très difficile à préserver. Ni Hortense, plongée dans la rédaction de son journal intime. Ni Tante Lucrèce qui n’écoute qu’Engelbert Humperdinck, son crooner préféré. Ses parents la croiraient peut-être, mais ils sont morts depuis dix-neuf mois et vingt-deux jours.

MON AVIS :

Premier tome de la saga Quatre soeurs, magnifiquement adaptée en BD par Cauti Baur et Malika Ferdjoukh, Enid s’attache à présenter la petite soeur cadette et son caractère très imaginatif. Une première rencontre avec les 5 soeurs de la Vill’Hervé, aussi drôle que riche pour des personnages hauts en couleur. La jeune Enid, espiègle et un peu froussarde, est un joli personnage de roman : toute en naïveté et en tendresse.
Un premier tome très réussi qui plonge le lecteur dans le quotidien très coloré de ces soeurs pas tout à fait comme les autres. A découvrir !

Elle se réveilla cette nuit-là le coeur battant. Ce n’était pas la tempête. Il ne pleuvait pas… mais le vent soufflait assez fort pour agiter le loquet du volet. Etait-ce ce qui l’avait réveillée ? Non… Il y avait un bruit… Un son qu’elle connaissait bien maintenant…
OOOOoooooohhhhhoooooOOOO…
Le fantôme.

Passé sous silence d’Alice Ferney


Editions Babel – 204 pages
Littérature française

Passé sous silence est le récit, en forme de conte historique, d’un événement réel de la seconde moitié du XXe siècle. Les dates, lieux, noms de personnes ont été effacés, mais les choses dites l’ont été et les faits sont authentiques : dans un moment décisif de notre histoire s’affrontent deux visions de l’honneur et du service de l’Etat. Entre la Terre du Sud et le Vieux Pays, une guerre d’indépendance s’éternise. Pour la finir, le Vieux Pays rappelle au pouvoir son chef le plus prestigieux. Une fois investi, le souverain n’agit pas comme on l’attendait. Contre ce pouvoir, un jeune officier mène une conjuration jusqu’à l’attentat.

MON AVIS :

En alternant les points de vue, celui du puissant qui commande la guerre, marqué par la troisième personne du singulier, et celui de l’exécutant pétri d’idéaux qu’incarne un « tu » inquisiteur, Alice Ferney crée un récit riche qui aborde de nombreux thèmes : la force des croyances, la versatilité du pouvoir, le despotisme, la faiblesse des idéaux. Une oeuvre aux multiples facettes qui ne parvient cependant jamais à convaincre le lecteur et s’épuise dans une démonstration un peu stéréotypée. Si l’on peut apprécier la confrontation de points de vue différents et la richesse de l’écriture, l’histoire apparait très vite convenue et le dénouement attendu. Un récit qui évoque l’honneur d’un homme et les convictions d’un soldat confrontées au pouvoir politique et à la rancune particulière d’un chef d’Etat. Un thème qui côtoie la grandeur du sentiment et la force des croyances mais qui ne parvient jamais à réellement passionner le lecteur, spectateur passif de convictions bavardes pour une successions de faits sans réel intérêt. Dommage.

Toi, Paul, tu regardais ce monde en insurrection. Toi encore si loin de te mêler à l’action ! Tu étais le futur héros tragique de ce moment historique. Tu l’ignorais. L’agitation du présent, la fièvre qui montait et que rien n’endiguerait, la rancoeur et l’esprit de vengeance qui se sédimentaient, ne t’avaient pas encore empli de tristesse et de colère. Tu n’avais pas désigné la figure de l’adversaire, ni la nature du dommage que causerait son cynisme.


Le capitaine s’adressait gravement à son sous-officier. J’ai connu ça dans une autre guerre, dit-il. Je les vois courant derrière nos camions… Voulez-vous savoir qui ? Les combattants indigènes qui avaient épousé notre cause. Ils tendaient les bras vers nous pour que nous les aidions à monter. Mais aucune place n’était prévue pur eux. Et je regardais leurs mains, si près des miennes. L’armée évacuait le pays. Nous partions. Nous abandonnions à l’ennemi ceux qui l’avaient combattu avec nous…

Paillette et Lilicorne tomes 1 & 2 de Capucine Lewalle et Bérengère Delaporte

La rentréeL'anniversaire
Editions Casterman – 2 tomes

Tome 1 : La rentrée – C’est le jour de la rentrée, et à l’école, Paillette se fait déjà gronder. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de Lilicorne qui lui confie une graine aux mystérieux pouvoirs magiques.

Tome 2 : L’anniversaire – Paillette est triste : c’est l’anniversaire de Grenadine et elle n’est pas invitée. Même Lilicorne a reçu une invitation ! Mais il en faut plus pour décourager Paillette, bien décidée à participer à la fête…

MON AVIS :

C’est un univers très coloré que nous proposent de découvrir les 2 auteures de ces jolis albums jeunesse. Une rencontre faite de questionnements mais aussi et surtout de solutions qui montrent aux plus petits qu’il est toujours possible d’avancer en étant soi même et en restant optimiste. De jolies valeurs mises en image grâce à de belles illustrations mettant en valeur l’imaginaire de l’enfant. Dès lors, que ce soit parce que l’école recommence ou pour savoir comment être invité à une fête d’anniversaire, les petits lecteurs s’interrogent et comprennent l’importance de rester soi même avant tout et de prendre plaisir dans son rapport à l’autre.
Deux jolies histoires, parfaites pour aborder les thèmes de la différence, du rejet et de l’importance de l’imaginaire. Idéal à partir de 4-5 ans !

Un grand merci aux éditions Casterman pour la découverte de ces deux jolis albums !

Roméo et Juliette de William Shakespeare


Editions Le livre de poche – 182 pages
Littérature britannique

A Vérone, où les Montaigu et les Capulet se vouent une haine ancestrale, Roméo, fils de Montaigu, est amoureux de Rosaline, tandis que Capulet s’apprête à donner une grande fête pour permettre à Juliette, sa fille, de rencontrer le comte Pâris qui l’a demandée en mariage. Parce qu’il croit que Rosaline s’y trouvera, Roméo se rend au bal – et pour Juliette éprouve un coup de foudre aussitôt réciproque. Sous le balcon de la jeune fille, il lui déclare le soir même son amour puis, le lendemain, prie frère Laurent de les marier et de réconcilier leurs familles ennemies. Mais voici que, sur une place de Vérone, Tybalt, cousin de Juliette, provoque Roméo qui refuse de se battre. Mercutio, son ami, dégaine à sa place, mais lorsque Roméo voit Mercutio mortellement frappé par Tybalt, il décide de le venger : Tybalt tombe à son tour, et ce qui était une comédie vire à la tragédie.

MON AVIS :

Classique du théâtre britannique, Roméo et Juliette surprend par la modernité de son ton, la beauté de sa langue et la sonorité de ses phrases. Une oeuvre puissante et tragique qui rend immortels deux êtres nés d’une haine ancestrale, et qui joue beaucoup avec les images, l’ambiguïté de la langue et la force de l’évocation. Les dialogues sont riches et possèdent souvent un sens multiple intelligemment pensé. L’ambivalence des thèmes, la vie et la mort, le bien et le mal, le masculin et le féminin, irrigue l’ensemble du récit et lui offre une dimension universelle. On comprend dès lors pourquoi ce récit traverse les âges et touche encore le lecteur d’aujourd’hui. Une oeuvre puissante et immortelle, ancrée dans une langue plurielle, très joliment mise en valeur par des personnages forts et magnifiquement humains, aimants et faillibles, pour un récit d’une grande puissance narrative.

Viens, douce nuit, viens, amoureuse nuit au front noir,
Donne-moi mon Roméo et quand je mourrai,
Enlève-le et découpe-le en petites étoiles,
Et il rendra si beau le visage des cieux
Que le monde entier s’éprendra de la nuit
Et n’adorera plus le soleil éclatant.


Ô Dieu, mon âme entrevoit quelque mauvais présage.
Maintenant que tu es en bas, il me semble
Que tu es comme un mort au fond d’une tombe.
Ou mon regard se trouble, ou tu as l’air bien pâle.