Tous ensemble de Britta Teckentrup

Editions Sassi junior – Album jeunesse

L’amitié est la chose la plus importante au monde : les vrais amis sont toujours là quand on a besoin d’eux, dans les bons et les mauvais moments. Sans eux, la vie serait bien triste ! Affronte le monde à leurs côtés et, tous ensemble, laissezvous emporter par la magie de ce livre plein de poésie et de magnifiques illustrations! 

MON AVIS : 

A travers de jolies illustrations, l’album jeunesse de Britta Teckentrup, évoque avec tendresse et bienveillance le partage et le bien vivre ensemble. Les petits personnages découpés sur les pages, toujours différents, mettent joliment en valeur les valeurs d’amour, d’amitié et de solidarité. 
Une jolie proposition qui rappelle combien la tendresse et la bienveillance nous aident à avancer et à nous construire. Une jolie réussite, parfaite pour expliquer aux plus jeunes que la coopération et l’entente permettent aussi de grandir. Une jolie surprise.

Merci à Babelio et aux éditions Sassi junior pour cette découverte !

Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa

Editions Le livre de poche – 838 pages
Littérature française

Petiteannonce.fr : Emile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Emile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. A son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté.

MON AVIS :

Avec douceur, tendresse et humanité, Mélissa Da Costa décrit le destin de deux personnages en quête de sens et de profondeur. Une invitation au voyage faite de rencontres inoubliables et de paysages apaisants, où deux êtres apprennent à se connaître et à s’apprivoiser. Un thème plutôt connu et des situations attendues, qui suscite néanmoins l’émotion par une succession de situations délicates et sincères.
Le charme de Joanne, sa capacité à s’ouvrir à la vie en pleine conscience, en font un personnage plaisant, parfois mystérieux mais toujours authentique. Une oeuvre sympathique, suscitant souvent l’émotion et créant un monde de douceur et de compréhension intéressant. 

Ça t’a pris comme ça ?
-Oui. D’un seul coup. J’ai acheté ce camping-car et je suis parti. C’était… Je ne sais pas… Comme si je me réveillais après m’être endormi dans une vie sans saveur pendant de long mois.


La vie n’en a jamais terminé. Il l’a bien compris. Tant qu’il décidera qu’il n’est pas mort, elle continuera de lui jouer des tours. Et il n’est pas encore mort. Au contraire. Il ne s’est jamais senti aussi vivant. »

Par une mer basse et tranquille de Donal Ryan

Editions Albin Michel – 244 pages
Littérature irlandaise

Fuyant les bombardements, Farouk, un médecin syrien, décide de traverser la Méditerranée avec sa femme et sa fille pour trouver asile en Irlande. Ce pays est le seul qu’a jamais connu Lampy, un jeune homme qui rêve de tout plaquer – à commencer par sa famille et son boulot – depuis que Chloe, sa petite amie, l’a quitté. Quant à John, peut-être parce qu’il sent la mort approcher, il cherche la rédemption après une vie passée à faire le mal autour de lui. Le réfugié, le rêveur au coeur brisé et le pénitent : de la Syrie en guerre à la campagne irlandaise, trois hommes blessés à la croisée de leurs destins, trois êtres que tout oppose et dont les chemins vont converger de manière inattendue. Un roman bouleversant d’humanité et de justesse. 

MON AVIS : 

Trois personnages pour trois destins marqués par l’incertitude, l’inavouable, l’espoir d’une vie meilleure. L’oeuvre de Donal Ryan exerce une pression inconsciente sur le coeur du lecteur, soumis à la même attente implacable que les personnages, ballottés par le sort et ces choix qui s’imposent à tous. 
Une plongée pleine et entière au coeur de la faiblesse humaine et de ses imperfections, qui nous rappelle l’importance des choix que nous faisons en conscience.
L’écriture de Donal Ryan est claire et stricte, faisant de ses personnages des êtres nuancés et crédibles. Néanmoins, leur rencontre, étrange à plus d’un titre, aurait peut-être mérité un développement plus appuyé. Une bonne lecture cependant.

Alors l’homme qui s’était plaint se leva, et comme Farouk s’attendait à ce qu’il critique Martha pour avoir raconté une telle histoire, il se prépara à défendre sa femme, à remettre l’homme à sa place, à lui dire de se taire et de garder ses lamentations pour lui, en ajoutant qu’il devait avoir honte de prendre autant à coeur une histoire racontée par une femme à son enfant, mais l’homme se contenta de dire : Les gilets de sauvetage. (…) 
Et une autre voix derrière lui s’éleva pour répondre. Il n’y a pas de gilets de sauvetage sur ce bateau. Il n’y a pas de capitaine. Et il n’y a pas non plus d’équipage. Il n’y a rien d’autre sur ce bateau que nous.

La dame à la Licorne de Tracy Chevalier

Editions La Table Ronde – 300 pages
Littérature américaine

Jean Le Viste, noble du Moyen Age, effectue la commande des tapisseries de La dame à la licorne pour décorer sa riche demeure parisienne. Entre le peintre qu’il choisit pour dessiner les cartons, le marchand qui négocie, les artisans qui la réalisent, leurs épouses filles et servantes, se déchaînent des sentiments de haine, de passion, de désir et de trahison.

MON AVIS : 

En tissant avec humanisme et affection les destins enchevêtrés de ses personnages, Tracy Chevallier nous offre une tapisserie digne des plus grands maîtres. Un décor, planté au Moyen-Age, qui donne naissance à des sentiments résolument modernes et à des situations de vie contemporaines. Le lecteur avance à pas feutré et découvre la douceur des sentiments, la force du désir et celui de la trahison. Une invitation au coeur d’une époque codifiée où chaque pas vers la liberté ne peut qu’être mesuré. 

Quand il se décida à parler, sa voix était empreinte d’un authentique regret : regrettait-il ses paroles ou plutôt l’argent qu’il avait laissé échapper, ce n’était pas clair. « Voyons, Madame, vous savez fort bien que Monseigneur Le Viste ne vous autorisera jamais à entrer au couvent. Il veut une femme et non une religieuse.

Vivre avec nos morts de Delphine Horvilleur

Editions Grasset – 224 pages
Littérature française

Être rabbin, c’est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clés inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits. »

MON AVIS :

Malgré un thème souvent difficile et la proximité toujours pressante de la mort dans son oeuvre, la plume de Delphine Horvilleur explore avec dignité et humanisme les thèmes de la perte, du deuil et de la reconstruction. L’autrice nous entraîne à sa suite sur les traces d’un engagement profond, marquant et le fait avec beaucoup d’humanité et d’humilité.
Une lecture intéressante en ce qu’elle explique certains codes, certaines attentes sociétales et le positionnement universel que nous adoptons face à la mort, cette vulnérabilité qu’elle découvre, cette force qu’elle soulève. Un livre hommage à son engagement en faveur des vivants, comme une marche silencieuse qu’elle accomplit, aux côtés des lecteurs entre ombre et lumière.

Le propre de l’humanité est de croire qu’elle peut garder la mort à distance, créer des barrages et des récits, manigancer pour la tenir éloignée, ou se persuader que des rites ou des mots lui confèrent ce pouvoir.

Le complexe de la sorcière d’Isabelle Sorente

Editions JC Lattès – 300 pages
Littérature française

Le complexe de la sorcière est le récit d’une enquête. Enquête historique sur les chasses aux sorcières et découverte intime, vertigineuse, de l’empreinte qu’elles ont laissée. Car les milliers de femmes accusées nous hantent comme un secret de famille, réveillant nos souvenirs impensables, magiques, enfouis.
Isabelle Sorente reconstitue l’histoire des grandes chasses aux sorcières et nous livre un roman bouleversant sur l’adolescence, la mémoire familiale et les initiations cruelles ou transformatrices.

MON AVIS :

Si la figure de la sorcière est un thème fétiche de la littérature féministe, l’oeuvre d’Isabelle Sorente l’exploite différemment – en faisant le point de départ d’un traumatisme transgénérationnel subi par chacune d’entre nous, elle explore les conséquences et les séquelles que subissent les femmes depuis les chasses aux sorcières. Une idée intéressante et innovante qui ne parvient cependant jamais à convaincre parfaitement et semble n’être qu’un prétexte à des considérations plus personnelles. Une lecture qui vaut pour sa vision singulière d’un thème maintes fois abordé mais qui ne peut être une étude réellement convaincante.

Est-ce que le traumatisme des chasses pourrait, d’une façon ou d’une autre, s’être transmis aux générations suivantes ? Et en particulier, aux femmes ? Claire me dévisage, je sens bien que nous sommes troublées toutes les deux. A sa connaissance, il n’existe pas d’étude qui se soit penchée sur l’impact des chasses aux sorcières sur le psychisme des femmes.

Travail soigné de Pierre Lemaitre

Editions Le livre de poche – 408 pages
Littérature française

« Il y a eu meurtre à Courbevoie… ». Message bien laconique pour un crime aussi épouvantable. Camille Verhoeven comprend très vite que dans cette affaire les explications rationnelles seront inopérantes. Et il a raison. Parce que les crimes illogiques, horribles, gratuits, vont se succéder, que la presse va très vite se déchaîner contre la  » méthode Verhoeven « , que le juge Deschamps, le Parquet, le ministre lui-même, n’auront de cesse de le dessaisir de l’affaire pour manquements à la discipline. Et parce que Camille Verhoeven va formuler une hypothèse… à laquelle personne ne veut croire. Une hypothèse hors normes. Camille a beau y être habitué, ça agace. Et il va bientôt se retrouver seul face à un assassin qui semble avoir tout compris, tout prévu, tout manipulé. Jusqu’au moindre détail.

MON AVIS :

Atypique et attachant, le personnage principal de cette quadrilogie se révèle étonnant à plus d’un titre. Policier chevronné, instinctif et audacieux, il propose des alternatives étranges et une approche inédite de l’enquête. Un roman bien écrit qui rappelle l’importance des détails et le travail de recherche soigné de Pierre Lemaitre. Une plongée efficace dans les méandres de l’horreur, à la recherche d’un sens à l’impensable et d’une explication à l’irrationnel. Un roman efficace et réussi.

Les quatre hommes restèrent un instant silencieux mais chacun d’eux pensait visiblement la même chose, tout cela était très maigre. Toutes les pistes conduisaient à la même chose, à peu près rien. Ce meurtre était plus que prémédité. Il avait été préparé avec un soin extrême, rien n’avait dû être laissé au hasard.

Un long voyage de Claire Duvivier

Editions aux Forges de Vulcain – 314 pages
Littérature française

Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Frustre mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer dans un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.

MON AVIS :

Quelle lecture étonnante que ce roman. Une plongée atypique au coeur de la fantasy, une oeuvre étrange et singulière dans son traitement narratif autant que dans sa construction qui en fait une lecture plaisante bien que déroutante. Grâce à des personnages travaillés, tout en nuances, l’histoire se tisse autour de la perte et du changement, de l’apprentissage et de l’échange. Un roman qui tient à la fois du conte et de la fantasy, porté par une écriture riche d’une grande délicatesse.
Une jolie découverte qui mérite d’être davantage connue.

« Cette belle période tire à sa fin. Dans un an, son mandat sera terminé et elle partira, elle ne sait pas encore où. »
« Mais ne pouvait-elle pas demander de rester plus longtemps ? » Merle sourit amèrement à cette question. « Elle ne le fera pas. » Il laissa passer un temps, puis ajouta : « Je partirai avec elle, tu sais.

Les miracles du bazar Namiya de Kei Higashino

Editions Actes Sud – 372 pages
Littérature japonaise

En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain. Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé. L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur.

MON AVIS :

Lieu suspendu entre deux mondes, deux générations, deux visions du Japon, le bazar Namiya montre les multiples aspects d’un pays en proie à de profondes contradictions. Des personnages – perdus, en doute – s’y croisent et y nouent des histoires peu communes.
Car quiconque s’adresse au bazar Namiya comprend que d’autres choix et d’autres vies s’offrent à lui. Une idée de départ intéressante, parfois suspendue à une réserve dans l’écriture et une forme de distance respectueuse que l’on retrouve souvent dans la littérature asiatique.
Une oeuvre intéressante, même si ses nombreux personnages, liés entre eux par un espoir indicible, ne resteront pas dans les mémoires. Une lecture néanmoins sympathique.

Quand même, quelle drôle de maison, se dit-il en regardant les murs noircis. Pourquoi ce phénomène paranormal se produisait-il ? Et pourquoi s’étaient-ils trouvés mêlés à cette histoire ?
-Je n’arrive pas à dire ça bien, commença soudain Kohei, mais ce soir, j’ai eu pour la première fois de ma vie l’impression que je servais à quelque chose. Alors que je suis un idiot. »

De cape et de mots de Flore Vesco

Editions Didier jeunesse – 184 pages
Littérature française

Serine, en dépit de la volonté de sa mère, refuse de se marier. Mais pour sortir ses frères de la pauvreté, elle doit agir. Sa décision est prise : elle sera demoiselle de compagnie ! La tâche s’annonce difficile : la reine est capricieuse, antipathique et renvoie ses demoiselles aussi souvent qu’elle change de perruque. Mais Serine ne manque pas d’audace et, tour à tour, par maladresse ou génie, se fait une place. Elle découvre alors la face cachée de la cour : les manigances, l’hypocrisie et les intrigues… et tente de déjouer un complot.

MON AVIS :

Porté par une écriture vive et pétillante, le roman de Flore Vesco apporte un vent de fraîcheur et d’audace bienvenus dans la littérature. Héroïne singulière à plus d’un titre, la jeune Serine fait appel à son inépuisable imagination autant qu’à ses secrètes relations pour déjouer les complots de la cour. Une lecture jeunesse très plaisante, grâce à son espiègle narratrice, mais également grâce à une histoire joliment imagée et des personnages secondaires farfelus. Un premier roman savoureux qui fait la part belle à l’imagination, au pouvoir des mots et à la force des convictions.


La comtesse ne savait plus que faire de cette enfant indépendante, obstinée, sincère jusqu’à l’insolence. Et si charmante que cela offensait les bienséances. Il suffisait à la jeune fille d’entrer dans une pièce pour éteindre tous ceux qui s’y trouvaient. Son père en était très fier, sa mère s’en désolait. Et Serine, heureusement, n’en avait pas le moindre soupçon.