Carrie de Stephen King


Editions Le livre de poche – 282 pages
Littérature américaine

A dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté…

MON AVIS :

Oeuvre culte du répertoire de Stephen King, Carrie a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques dont la très célèbre transposition de Brian de Palma : Carrie, au bal du diable. Et c’est peut-être cette sur-représentation qui aura fini par nuire quelque peu à la lecture de l’oeuvre originelle de Stephen King. En effet, et malgré une aisance d’écriture indéniable, alternant récit classique, témoignages et enquête dans un style journalistique, l’oeuvre peine à démarrer réellement et s’essouffle quelque peu lors de ses premières pages. Malgré une scène d’introduction glaçante à laquelle fait écho un final digne du talent de l’auteur, la présentation des personnages apparait fastidieuse et leurs querelles sans fin. C’est effectivement dans la deuxième partie du récit, plus condensé et incisif, que se concentre tout le savoir-faire de King. Une dernière partie qui se termine en apothéose et met en lumière la figure presque christique de Carrie devenue martyr. Carrie en Cendrillon déchue devient dès lors une figure de la littérature puissante et déterminée. Une découverte plutôt mitigée, néanmoins rattrapée par un final grandiose où se côtoient vengeance, déchéance et repentir.

Ça, c’était bon pour maman, parfait pour elle. Rien ne l’obligeait à se retrouver chaque jour de chaque année parmi les hyènes, d’être plongée dans un enfer de ricanements, de sarcasmes, de mauvaises farces, de grimaces. Et est-ce que maman n’a pas dit qu’il y aurait un Jugement dernier ?


R : Elle est descendue vers le centre. Elle était terrible à voir… terrible ! Elle avait une espèce de robe de bal, enfin, ce qu’il en restait et elle était inondée par l’eau sortie de la borne et couverte de sang avec ça. On aurait dit qu’elle sortait de dessous la carcasse d’une voiture après un accident. Mais elle souriait. Jamais j’ai vu un sourire pareil.

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Spirales de Tatiana de Rosnay


Editions Le livre de poche – 186 pages
Littérature française

Hélène, la cinquantaine paisible, mène une vie sans histoire auprès de son mari, de son fils, de sa fille et de ses petits-enfants. Hélène est une épouse modèle, une femme parfaite. Un jour d’été caniculaire à Paris, sur un coup de tête, elle cède aux avances d’un inconnu. L’adultère vire au cauchemar quand, au lit, l’amant sans nom meurt d’une crise cardiaque. Hélène s’enfuit, décidée à ne jamais en parler, et surtout, à tout oublier. Mais, dans son affolement, elle laisse son sac à main… avec ses papiers. Happée par une spirale infernale, Hélène ira très loin pour sauver les apparences. Très loin, mais jusqu’où? Dans ce roman au suspense hitchcockien, Tatiana de Rosnay explore les arcanes de la bonne conscience et la frontière fragile entre le bien et le mal.

MON AVIS :

Présenté comme un thriller psychologique, Spirales de Tatiana de Rosnay emprunte beaucoup aux codes hitchochiens.. Une comparaison malheureuse pour un roman à l’histoire souvent convenue et aux personnages peu attachants. Hélène, bourgeoise quinquagénaire, se retrouve empêtrée dans une spirale machiavélique qui la rend folle. Un personnage à la vie lisse qui ne parvient jamais à susciter de réelle curiosité chez le lecteur et qui s’avère plutôt antipathique.
Mais c’est surtout l’histoire qui peine à convaincre, tant elle est attendue. Une lecture en demi-teinte, marquée par une écriture simple et fluide qui ne suffit malheureusement pas à convaincre.

Hélène n’osait pas s’aventurer dans le passage. Comment était-elle venue jusqu’ici ? Comment avait-elle pu ? Elle, la femme d’Henri Harbelin. Elle était folle. Elle était devenue folle. Elle perdait la tête. Tout cela parce qu’un inconnu lui avait fait des propositions indécentes.


Et comment avait-elle pu abandonner cet homme mort ? Il était certainement le fils, le frère, le père de quelqu’un. Comment en était-elle arrivée là ? Elle qui se souciait tant des autres. Elle qui était si généreuse. Elle ne se reconnaissait plus. Elle ne savait plus qui elle était.

Les mystères du manoir Steiner de Rose Marie-Noële Gressier


Editions LRG – 62 pages

Littérature française
Livre jeunesse sélectionné pour le Prix de Littérature Jeunesse de Buzet-sur-Baïse (47)

BRETAGNE, 10 juillet 1935Le jeune Gaston Bouilledebille est ravi ! Il vient d’arriver chez sa grand-mère. L’occasion pour lui de se régaler de crêpes à la confiture et, SURTOUT, de retrouver sa chère Agatha !!! Ah… Agatha Sapristi, la fille des voisins de mamie Gisèle !!! Gaston en est fou amoureux. Mais a-t-il vraiment ses chances avec elle, lui, le gros rouquin dont tout le monde se moque au collège ? Peut-être… D’autant plus que Gaston et la jolie Agatha vont se rapprocher pour résoudre le mystère qui entoure un nouveau venu dans le village, un certain Frankie Steiner qui a acheté un vieux manoir abandonné.Depuis l’arrivée de Steiner, des phénomènes étranges se produisent…Par exemple, les coupures d’électricité se multiplient sans que l’on en comprenne la cause… Le plus surprenant est que, lors de ces coupures, le manoir du vieil homme demeure éclairé !!! Et non seulement, il reste éclairé mais, EN PLUS, on peut y voir d’étranges éclairs bleutés sortir de derrière les interstices des volets !!! Monsieur Frankie Steiner est-il le diable en personne ? Le témoignage de madame Betticrédule est accablant… En plus, la nuit, monsieur Steiner se livre à de bien étranges livraisons…Et puis, il y a « ces petites filles aux yeux éteints »… La petite Mathilde Barrantinbobard les a vues ! C’est, en tout cas, ce qu’affirme madame Betticrédule…

MON AVIS :

Roman d’aventure jeunesse, Les mystères du manoir Steiner reprend avec beaucoup de succès tous les ressorts du roman policier pour adolescent. Deux amis inséparables d’une curiosité sans bornes, un grand manoir habité par un homme mystérieux, des phénomènes inexpliqués et des enfants qui apparaissent et disparaissent du manoir sans raisons.
Autant d’ingrédients joliment dosés pour faire de ce court récit une oeuvre jeunesse sympathique. Malgré une ponctuation parfois surprenante, composée de nombreux points d’exclamations et de phrases entières marquées en gras, l’écriture est dynamique et les dialogues des plus vivants. Le récit joliment illustré par les portraits de Sandrine Rastrelli – bien que malheureusement en noir et blanc – met en valeur une oeuvre à la trame narrative riche et claire. Une belle entrée en matière pour ce premier tome des aventures de Gaston Bouilledebille et d’Agatha Sapristi. A découvrir.

– De toute façon, y a ben que le diable qui pouvait acheter le manoir. Une vieille bicoque comme ça !!! Cette baraque, elle me fait froid dans le dos ! On dirait qu’elle vous regarde et, pis, il y a toujours ces affreux corbeaux qui tournent autour.

Ses précédents romans :
-L’intrépide petit soldat qui n’était pas de plomb (mon avis)
-Mademoiselle Blanche (mon avis)

Teaser du roman : https://www.youtube.com/watch?v=c7gF4aogVGw

Un grand merci à l’auteure, Rose Marie-Noële Gressier pour la découverte de son dernier roman (son site).

Une vie entre deux océans de M.L. Stedman


Editions Le livre de poche – 522 pages
Littérature australienne

Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler «l’incident» et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…

MON AVIS :

Entre moralité et droiture, Une vie entre deux océans interroge les conséquences d’un choix et la possibilité de vivre dans le mensonge. L’apparition d’un enfant, après les horreurs de la guerre, celles de la perte et un désir viscéral de devenir parent est-il un miracle ou une malédiction ?
Dans un style fluide et agréable, M.L.Stedman décortique les rapports d’un couple à la parentalité, leur indéfectible lien mais aussi l’horreur de l’absence et la peur du vide. Un roman souvent juste dans les émotions qu’il décrit mais qui pèche parfois par des longueurs narratives et quelques descriptions moins heureuses. Un thème fort qui aurait peut-être mérité un style plus concis et une histoire plus ramassée.

Le jour du miracle, Isabel, agenouillée au bord de la falaise, arrangeait la petite crois de bois flotté que son mari venait de fabriquer. Un gros nuage solitaire traînaillait dans le ciel de cette fin d’avril, qui s’étendait au-dessus de l’île en miroir de l’océan. Elle arrosa encore un peu puis tassa la terre au pied du buisson de romarin qu’elle avait planté récemment.
« …et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal… », murmura-t-t-elle.
L’espace d’un instant son esprit lui joua des tours, elle eut l’impression d’entendre des pleurs de bébé.

Ernest et Célestine : au fil des saisons de Gabrielle Vincent


Editions Casterman – Imagier 64 pages
Parution le 3 avril 2019

MON AVIS :

Véritable ode aux saisons et aux petits plaisirs de la vie, ce nouvel album des aventures d’Ernest et Célestine souligne la douceur des moments partagés et celle d’une amitié sans cesse renouvelée. Un album doux et délicat, porté par des illustrations d’une grande finesse. Ernest et Célestine ne sont plus à présenter, en revanche, c’est leur joie trouvée dans l’instant présent et la tendresse l’un envers l’autre qui en font des personnages à part. Une invitation à la douceur et à la compréhension de l’autre dans ses envies et ses différences autant que dans son désir de célébrer chaque instant. Un très bel album qui plaira assurément aux petits comme aux plus grands.

Un grand merci aux éditions Casterman pour la découverte de cet album.

Ne la quitte pas des yeux de Linwood Barclay


Editions J’ai lu – 508 pages
Littérature américaine

Journaliste dans une rédaction locale, David Harwood travaille trop. Passer une journée en famille dans un parc d’attractions était une bonne idée… Pourtant, à peine arrivés, Jan, son épouse, se volatilise. Escapade préméditée ? Kidnapping ? David doit accepter qu’il ne sait rien de cette femme dont il partageait la vie. Suspect numéro un aux yeux de la police, il part à la recherche de la vérité.

MON AVIS :

Thriller psychologique à l’intrigue bien pensée, Ne la quitte pas des yeux est une oeuvre riche à la narration dense. Une trame de roman efficace portée par une écriture fluide font de ce roman une oeuvre dynamique aux ressorts efficaces. Une lecture sympathique malgré un thème maintes fois traité en littérature et qui parvient par un engrenage savamment mené à construire une histoire plaisante et plutôt efficace.

Je tentai de maîtriser ma panique. Il y avait un problème. Un gros problème.
On tente d’enlever notre fils, un barbu s’enfuit et votre femme ne se présente pas là où vous vous êtes donné rendez-vous.
– Ne t’inquiète pas Ethan, dis-je d’un ton qui se voulait rassurant. Je suis certain qu’elle va revenir bientôt. Et ensuite, on pourra s’amuser.
Mon fils ne me répondit pas. Il s’était rendormi.

Quatre soeurs T. 3 – Bettina de Malika Ferdjoukh


Editions L’Ecole des loisirs – 202 pages
Littérature française

Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé. Renouveau ? Oui. Harry et Désirée, les petits cousins, viennent passer des vacances au grand air. Charlie, à sec, s’est résignée à louer la chambre des parents. Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle, fabricant d’odeurs bizarres. Et beau.
Primeurs ? Trop. On retrouve des poireaux nouveaux partout, dans la soupe, coincés dans un cadre de tableau et même dans le pot d’échappement de la voiture de Tancrède. Toujours lui.
Amours ? Hélas. Tancrède sème le trouble et récolte la tempête dans le cœur de Charlie. Bettina se languit du très très moche et si splendide Merlin. Hortense découvre que les règles peuvent être autre chose que « l’ovule non fécondé et les structures endométriales se font la malle, Chantal ». Enid fait des confidences. Geneviève se tait. Et Mycroft, le rat, qui tombe amoureux à son tour…

MON AVIS :

C’est toujours un plaisir de retrouver les soeurs de la Vill’Hervé pour de nouvelles aventures imagées. Une lecture sucrée et délicate, délicieuse comme des pancakes au petit déjeuner ou un couscous savoureux le dimanche soir. Un nouvel opus qui relate avec une belle aisance d’écriture et beaucoup d’humour les aspects les plus intimes de la vie de famille et du sentiment amoureux. C’est en effet une oeuvre délicate, drôle et riche que nous propose Malika Ferdjoukh, à l’image de ces 5 soeurs à la personnalité fantasque et aux liens uniques. Une réflexion sur le sentiment amoureux qui se crée et se délie ainsi que sur les conséquences de la rupture et ce qui nous reste de l’amour. Une oeuvre fine, intelligente et drôle comme toujours avec cette série.

Parfois Bettina pensait que si elle n’avait pas de soeurs, elle ne s’en serait pas portée plus mal. Elle eût préféré l’équivalent… en frères. Ou mieux : une jumelle. Deux elle-même.


-Qu’est-ce que c’est que CA ?!
Harry plongea un regard négligent vers le sol où, au bout d’une ficelle, évoluait un être vivant et vert.
Désirée répondit pour lui :
-C’est un crabe.
-Je vois bien. La question est : est-il à sa place à l’intérieur de cette maison ?
-Je l’ai apprivoisé, argua Harry.
-La maitresse leur a lu Le petit prince, expliqua Désirée comme une réponse à toutes les questions.
-Je l’ai trouvé sur la plage. Il était tout seul.

-Tome 1 – Enid (mon avis)
-Tome 2 – Hortense (mon avis)

Dites-lui que je l’aime de Clémentine Autain


Editions Grasset – 158 pages
Parution le 6 mars 2019
Littérature française

« L’autre jour, ma fille m’a demandé si on pourrait te voir quand tu ne seras plus morte. Elle est encore petite, tu sais, alors elle a insisté – et pourquoi ton cœur s’est arrêté, et pourquoi tu es morte dans ta salle de bain… Mourir à 33 ans, elle ne comprend pas, et elle a peut-être senti dans ma réponse mon aversion à parler de toi, à penser à toi. J’avais tout emmuré mais te revoilà sans cesse… »

Il aura fallu trente ans pour que Clémentine Autain écrive sur sa mère, la comédienne Dominique Laffin, morte en 1985. Clémentine en avait 12 et déjà un long et douloureux chemin avec cette mère en souffrance, égarée, incapable de prendre soin de sa fille. Clémentine Autain s’est construite en fermant la porte aux souvenirs, en opposition avec cette mère dont, petite fille, elle avait parfois dû s’occuper comme d’un enfant. Aujourd’hui, elle n’occulte rien, dit avec justesse le parcours tragique d’une femme radieuse et brûlée, passionnée de vie, actrice magistrale, féministe engagée mais dévorée par ses angoisses et prise au piège d’une liberté dangereuse.

MON AVIS :

En ouvrant ce roman autobiographique, c’est d’abord une impression d’impudeur qui nous saisit. Clémentine Autain semble régler ses comptes, laisser sortir la rancoeur, exprimer sa douleur face à sa mère défaillante, fragile et bien incapable de s’occuper d’elle. La face sombre d’une comédienne talentueuse, promise à un bel avenir puis brisée par le destin…
Clémentine Autain est la fille de Dominique Laffin. Une filiation dont elle a toujours tenté de se départir comme pour se reconstruire loin de cette mère chancelante. Entre alcool et dépression, les mots sont incisifs, souvent durs, toujours intimes. Et puis, se dessine progressivement, derrière l’enfant blessée au courage manifeste, la femme combative qui se plait finalement à imaginer les ressemblances plutôt que les dissemblances. Dites-lui que je l’aime, titre d’un film de Claude Miller tourné par Dominique Laffin avec Gérard Depardieu en 1977, c’est aussi l’appel d’un sentiment, celui imaginé par une petite fille, celui qu’elle n’a jamais reçu directement et qu’elle invoque comme un ultime appel ou qu’elle imagine dans la bouche de celle qu’elle n’a cessé de chercher avant de l’enfouir sous l’argile de l’oubli. Dites-lui que je l’aime est un roman fort, souvent dérangeant mais toujours poignant. A découvrir pour la rage qu’il contient autant que pour son pouvoir d’apaisement.

Ce qui abime c’est la répétition. Ce qui nous a séparées c’est la récurrence de ton incapacité à prendre soin de moi. Je n’ai plus trouvé la force de comprendre, j’ai condamné. Je n’ai plus cherché à relier les bribes d’interprétations possible pour te disculper, j’ai considéré que ce n’était pas mon problème. Je n’ai plus entretenu les moments de bienveillance et de joie, je les ai enterrés. Qu’importe la compassion et la compréhension, la justice ou la vérité, pourvu que je marche droit. Tout a fonctionné comme si j’avais eu un besoin impérieux de t’anéantir pour pouvoir m’en sortir et tracer mon chemin loin de la déprime et de l’alcool.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de ce livre.

Le secret du mari de Liane Moriarty


Editions Le livre de poche – 498 pages
Littérature australienne

Jamais Cecilia n’aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n’ouvrir qu’après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l’ouvre et le temps s’arrête… John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu’elle vient d’apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu’elle aime souffriront.

MON AVIS :

Destins croisés ou livre chorale, Le secret du mari présente de multiples regards de femmes confrontées au secret. Chacune y est liée d’une façon ou d’une autre, s’y confronte, y répond, s’en offusque. Un récit intimiste au ton faussement léger, porté par une écriture fluide et simple qui rend le récit plutôt addictif. Les personnages portent tous en eux une part de mystère et s’avèrent travaillés avec soin, tout comme l’ambiance de cette communauté qui oscille entre préservation des apparences et secrets bien gardés. Une lecture intéressante à découvrir pour sa part de mystère et d’humanité.

Tout ça c’était à cause du Mur de Berlin.
S’il n’avait pas été question du Mur de Berlin, Cecilia n’aurait jamais trouvé la lettre et ne serait pas là, assise à la table de sa cuisine, à tenter d’ignorer la petite voix qui lui disait de l’ouvrir.

La délicatesse de David Foenkinos


Editions Folio – 210 pages
Littérature française

Tout va pour le mieux pour la belle et discrète Nathalie jusqu’au jour où elle perd l’homme qu’elle aime dans un accident. Elle sort de son deuil d’une façon inattendue, par un baiser anodin avec un collègue de travail qui n’avait a priori rien pour lui plaire.

MON AVIS :

C’est une oeuvre de renaissance par la douceur et la tendresse que nous propose David Foenkinos dans ce joli roman. Un récit où les personnages, souvent cabossés par la vie, s’abandonnent à la (re)découverte des sentiments et retrouvent le chemin vers une vie choisie. Une oeuvre délicate qui témoigne avec beaucoup de pudeur de la naissance de l’attachement et qui met en lumière les êtres invisibles, ceux dont l’existence, toute en délicatesse passe souvent inaperçue. Une oeuvre douce aux personnages joliment travaillés et au phrasé souvent juste qui offre au lecteur un bon moment de lecture.

Chaque note était l’écho d’un souvenir, d’une anecdote, d’un rire. Elle prit conscience que ce serait terrible. En sept ans de vie commune, il avait eu le temps de s’éparpiller partout, de laisser une trace sur toutes les respirations. Elle comprit qu’elle ne pourrait rien vivre qui puisse lui faire oublier sa mort.


Il comprit subitement qu’il n’en pouvait plus de manquer d’amour, qu’il étouffait de vivre dans un monde desséché. Personne ne le prenait jamais dans ses bras, personne ne manifestait jamais le moindre signe d’affection à son égard. Pourquoi était-ce ainsi ? Il avait oublié l’existence de la douceur. Il était exclu de la délicatesse.