I am I am I am de Maggie O’Farrell

I am I am I am
Editions 10/18 – 288 pages
Littérature irlandaise

l y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse.
Il y a ces poumons, qui ont cessé leur œuvre quelques instants dans l’eau glacée.
Il y a ce ventre, meurtri par les traumatismes de l’accouchement…

Dix-sept instants.
Dix-sept petites morts.
Dix-sept résurrections

Je suis, je suis, je suis.
I am, I am, I am.

MON AVIS :

A travers l’histoire de ses petites morts, ces instants fugaces où elle est passée près du vide, Maggie O’Farrell crée une oeuvre sensible, pudique et saisissante. Une plongée dans l’intime qui dévoile, à travers une écriture fluide, une délicatesse des mots et une douceur des sens parfaite, mettant en valeur ces instants où tout peut basculer. De sa rencontre avec la maladie, très jeune, à celle qu’elle fait avec le Mal en passant par les accidents évités de peu, l’auteure nous plonge dans un inventaire autobiographique surprenant et humaniste. Une ode à la vie, une invitation à la vivre pleinement et sans retenues. Un récit – classé par organes – tour à tour glaçant, émouvant, intriguant, mais toujours magnifique sous la plume sûre et vivante de Maggie O’Farrell.

Avoir frôlé la mort à l’âge de huit ans a imprimé en moi une image positive – peut-être à tort – de la mort. Je savais qu’elle finirait par arriver, à un moment ou à un autre, mais cette perspective ne m’effrayait pas ; au contraire, sa proximité m’était presque familière.


Quand vous donnez la vie, vous vous exposez au danger, à la peur. Au moment où j’ai tenu mon enfant contre moi, j’ai pris conscience de ma vulnérabilité : j’ai eu peur de la mort, pour la première fois.

Un dimanche matin de Johanne Rigoulot

Un dimanche matin
Editions Pocket – 232 pages

Littérature française

C’est un fait divers comme la France en compte des centaines chaque année. Quand, au hasard d’une conversation, j’évoque « mon cousin condamné pour le meurtre de sa femme », je m’étonne de la surprise des gens.
Les crimes et délits saturent les journaux et nourrissent nos imaginaires. Ils doivent bien trouver leur réalité quelque part. Elle est la mienne et celle de ma famille depuis ce soir de juillet 2004.
Pierre a tué un dimanche matin avant de cacher le cadavre de sa victime. Par les multiples atteintes portées au corps de sa femme, mère de ses deux enfants, il a contraint le monde à parler d’elle au passé. Trois jours plus tard, le temps d’une mise en scène grossière révélée par l’enquête, l’affaire envahissait nos vies.
La famille est un organisme vivant. Qu’un seul élément l’intoxique et le corps entier entre en lutte.

MON AVIS :

En évoquant l’histoire de sa famille, devenue la famille d’un auteur de féminicide, Johanne Rigoulot dévoile l’étrange paradoxe qui habite ses membres. Du souvenir de l’homme d’avant à celui réduit à l’acte de tuer, de la douleur de deux familles déchirées à la volonté de comprendre comment le basculement est possible, l’auteure tisse une oeuvre riche et complexe. En choisissant une écriture la plus objective possible, elle questionne le rapport de sa famille mais également son propre ressenti face à l’acte intolérable. Sa déflagration familiale. La place de la victime, les procès successifs, mais aussi l’univers carcéral, la rupture avec les possibles décisions du quotidien, l’amputation d’un membre au sein de sa famille et au sein de la société, la terreur et la radicalité du geste, autant de thèmes que Johanne Rigoulot, bien que nécessairement partiale, met en exergue, drapée dans une dignité objective.
Une oeuvre de l’intime, un parcours personnel pour un témoignage authentique, souvent difficile tant il nous renvoie à la violence inexplicable, aux conséquences du basculement et à son linceul social. A découvrir.

L’histoire dramatique que je m’apprête à raconter compte une morte, deux orphelines et deux familles dévastées. La souffrance se diffuse par capillarité. Elle a frappé tous les proches de Pierre et de Katia. Elle nous a touchés, les miens et moi, bousculant notre conception du bien et du mal, notre approche de l’intime.


L’harmonie n’existe pas dans un fait divers. On y trouve le manque d’amour, la violence et le chagrin ; on y est assourdi par la dissonance. Mais, à travers ce marasme, il raconte quelque chose de nous et de nos désirs.


Pierre n’est jamais là où on l’attend, et la cour s’épuise sur le chemin cahoteux de sa pensée. Entre le monde et lui, le torrent de ses émotions semble infranchissable.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Pocket pour leur confiance.

Cinq leçons sur la psychanalyse de Sigmund Freud


Suivi de Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique

Editions Petite bibliothèque Payot – 206 pages
Littérature autrichienne

Les deux textes contenus dans cet ouvrage constituent une présentation de la psychanalyse qui s’adresse d’abord aux non-spécialistes. Les Cinq leçons sur la psychanalyse sont les conférences prononcées par Freud en 1909 lors de son voyage aux Etats-Unis, où la psychanalyse était encore largement ignorée. On y trouve un récit des origines de la psychanalyse,  » inventée  » par l’hystérique Anna 0., mais aussi une introduction aux problèmes centraux : l’interprétation des rêves, la sexualité infantile, le complexe d’Oedipe. Freud conclut sur la nature des névroses et le refuge dans la maladie. Dans la Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique (1914), Freud retrace les débuts difficiles de la psychanalyse et les résistances qu’elle rencontra. Il précise sa réflexion sur quelques points litigieux, liés principalement au concept de  » libido « .

MON AVIS :

Petit recueil reprenant les cinq conférences prononcées par Freud aux Etats-Unis en septembre 1909, ce récit est avant tout une oeuvre militante. Une écriture très orale qui nous plonge dans les débuts de la psychanalyse, telle que la présentait Freud, autant qu’une approche partiale de ses concepts, font de cette oeuvre une découverte ambitieuse. Dans une volonté de rendre accessible des idées abstraites, de retracer l’histoire de ses travaux et de ses combats, Freud dévoile les polémiques suscitées par ses recherches autant que les influences qu’il a utilisées pour dévoiler ses concepts clés : l’interprétation des rêves, la sexualité infantile, le refoulement et la résistance etc.
Une oeuvre intéressante, notamment pour les novices en la matière et surtout dans sa première partie, qui rapproche les lecteurs de la complexité des découvertes de l’auteur mais qui n’en demeure pas moins assez difficile à appréhender.

Les renseignements qui précèdent épuisent ce que les médecins pouvaient nous apprendre sur le cas qui nous intéresse. Le moment est venu de quitter ces derniers. Car il ne faut pas s’imaginer que l’on a beaucoup fait pour la guérison, lorsqu’on a substitué le diagnostic d’hystérie à celui d’affection cérébrale organique. L’art médical est le plus souvent aussi impuissant dans un cas que dans l’autre. Et quand il s’agit d’hystérie, le médecin n’a rien d’autre à faire qu’à laisser à la bonne nature le soin d’opérer le rétablissement complet qu’il est en droit de diagnostiquer.

La peste d’Albert Camus


Editions Folio – 279 pages
Littérature française

«– Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux?– J’attends le résultat des analyses.– Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère : « C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident. » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…– Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

MON AVIS : 

Clairvoyante dans son approche de la pandémie, terrifiante dans l’évocation de l’impuissance humaine, les multiples facettes de La peste de Camus continuent d’étonner et de fasciner. En cette période de pandémie mondiale, cette lecture est difficile tant elle est moderne et actuelle. Ses nombreuses lectures, techniques, littéraires, philosophiques en font une oeuvre à part d’une grande puissance évocatrice. La peste incarne le Mal incontrôlable, ses conséquences sur les êtres, la confrontation à l’impuissance et à l’irrationnel, la colère et la résignation mais aussi l’éveil à la solidarité et à l’organisation collective. A travers les mots puissants de Camus et la magnificence narrative de son oeuvre, le Mal prend un visage diffus et s’adresse à chacun. Un récit qui n’a rien perdu de son actualité et qui rappelle combien la vie humaine, suspendue aux catastrophes invisibles, demeure précieuse et fragile. A découvrir absolument.

Le soir, la même foule emplissait les rues et les queues s’allongeaient devant les cinémas. D’ailleurs, l’épidémie sembla reculer et, pendant quelques jours, on compta une dizaine de morts seulement. Puis, tout d’un coup, elle remonta en flèche. Le jour où le chiffre des morts atteignit de nouveau la trentaine, Bernard Rieux regardait la dépêche officielle que le préfet lui avait tendue en disant : « Ils ont eu peur. » La dépêche portait : « Déclarez l’état de peste. Fermez la ville ».


Ecoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années dormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.

Lama mania de Françoise de Guilbert


Editions de la Martinière Jeunesse – 48 pages

Vêtements, décorations, jouets, peluches mais aussi animal thérapeutique et véritable tendance sociétale, le lama est PARTOUT.
Mais connaît-on vraiment cet animal sympathique ?

MON AVIS :

C’est un album vraiment sympathique sur cet animal méconnu que nous propose Françoise de Guilbert. A travers des illustrations colorées (Anne-Hélène Dubray), chaque page renferme un trésor d’inattendu sur cet animal atypique et qui mérite d’être davantage connu. Un guide d’apprentissage grâce auquel vous saurez que le lama ne consomme pas davantage qu’un mouton, vit en groupe, sait se défendre contre le puma, son principal prédateur, est écologique, ou encore qu’il n’aime pas être monté par l’homme mais est capable de porter des charges de 30 kg en zone escarpée.
Une découverte à chaque page qui opère avec beaucoup de charme sur les lecteurs de tout âge. Le lama, un animal définitivement sympa. A découvrir !

Lama mania-1

Un grand merci à Babelio et aux éditions de la Martinière Jeunesse pour cette découverte.

Lettre d’amour sans le dire d’Amanda Sthers


Editions Grasset – 132 pages

Littérature française

Alice a 48 ans, c’est une femme empêchée, prisonnière d’elle-même, de ses peurs, de ses souvenir douloureux (origines modestes, native de Cambrai, séduite et abandonnée, fille-mère, chassée de chez elle, cabossée par des hommes qui l’ont toujours forcée ou ne l’ont jamais aimée). Ancienne professeur de français, elle vit dans ses rêves et dans les livres auprès de sa fille, richement mariée et qui l’a installée près d’elle, à Paris.
Tout change un beau jour lorsque, ayant fait halte dans un salon de thé, Alice est révélée à elle-même par un masseur japonais d’une délicatesse absolue qui la réconcilie avec son corps et lui fait entrevoir, soudain, la possibilité du bonheur.

MON AVIS :

Oeuvre tendre, portée par une écriture douce et délicate, la lettre d’amour d’Amanda Sthers nous offre une élégante rencontre avec la belle Alice. Rendue à elle-même par les talents silencieux d’un masseur japonais, elle revient sur sa vie, ses espoirs déçus, ses attentes flétries. De regrets, en erreurs, elle trouvera le courage d’affronter ses imperfections pour en faire des forces nouvelles et s’éveiller à l’amour. Tout est tendre et délicat dans ce joli récit, les attentes d’Alice, sa jeunesse oubliée, son désir retrouvé. Une ode à la féminité et à la douceur de vivre, entre rêves et vie des possibles, Amanda Sthers nous prouve qu’en étant à l’écoute de soi, tout est possible.

A la fin de nos massages, l’odeur de votre peau sur la mienne était un pansement, et complétait mon parfum pour en créer un autre : nous. Je vous connais comme si nous avions parlé longtemps. J’ose le penser. Je sais aussi que vous n’avez pas été heureux ; seul un être brisé peut en réparer un autre.


Je vous supplie d’accorder de l’attention à ces quelques pages. Elles peuvent vous sembler légères par endroits, graves ou impudiques à d’autres, mais vous comprendrez peu à peu que ma vie en dépend.

Merci aux éditions Grasset et à Amanda Sthers pour la découverte de ce joli roman.

Maeve Reagan, tome 1 – rage de dents de Malika Gallman


Editions du petit caveau – 300 pages

Littérature suisse

Avant, ma vie était simple : l’université si j’en avais envie, les hommes quand j’en avais envie. Et je n’avais aucun problème qu’un barman ne puisse m’aider à résoudre.
Mais là, depuis un moment, rien ne va plus.
Le type sexy qui me draguait a rendu son déjeuner quand on a voulu concrétiser.
J’ai cassé le nez du copain de ma meilleure amie, et elle ne l’a pas très bien pris. Lui non plus, d’ailleurs.
Ensuite, je me suis mise à faire des cauchemars.
Et tout ça, c’était avant qu’une bande de vampires décide de redécorer mon appart et qu’un colosse me kidnappe.
Quand je vous dis que ce n’est pas ma semaine…

MON AVIS :

Première incursion dans ce genre littéraire pour moi, le premier tome de la sage de Malika Gallman surprend agréablement par son écriture franche et bien menée. Dynamique et pleine de rebondissements, l’oeuvre est attrayante et plutôt habile dans son approche des personnages. Malheureusement, de nombreuses situations apparaissent rapidement attendues et même si le personnage principal est joliment dessiné, l’ensemble manque d’originalité. A réserver aux amateurs du genre.

– Lalawethika, voudrais-tu bien rester ici pour… veiller sur Maeve ?
Veiller sur, surveiller. Bonnet blanc, blanc bonnet.


– Toi…, commença Elliot. Je vais…
– Me tuer, etc., le coupa Lukas. Je sais. Fais-moi signe quand t’auras quelque chose de nouveau.

Les filles de l’ouragan de Joyce Maynard


Editions 10/18 – 354 pages

Littérature américaine

Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir.

MON AVIS :

A travers une écriture vivante et fluide, Joyce Maynard nous entraîne dans les vies tumultueuses de Ruth et Dana, deux soeurs d’orages aux vies bouleversées et aux destins croisés. De leurs enfances au crépuscule de leurs vies en passant par les rencontres, la maternité ou leurs choix professionnels, Joyce Maynard alterne les points de vue, brouille les pistes et les entrecroise. Malgré une révélation finalement attendue, le récit conserve un charme fou grâce à des personnages profondément humains et attachants.

« J’aime la terre entière » dis-je à haute voix un soir, revenant de l’étable.
Je ne pensais pas être entendue, mais une femme à bicyclette se rapproche de moi.
« Moi aussi. Et ce n’est pas un sentiment courant. »


Durant cinquante ans, je m’étais sentie étrangère dans ma propre famille. C’était un sentiment né, je le savais, des rapports qui existaient entre ma mère et moi. Ou qui n’existaient pas, ce que je regrettais amèrement.

Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon

Le bizarre incident du chien
Editions Pocket jeunesse – 346 pages

Littérature britannique

Il a 15 ans et s’appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu’on le touche. Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont synonymes de Bonne Journée; 3 voitures rouges : d’une Assez Bonne Journée ; 5 voitures rouges : d’une Super Bonne Journée. Il est autiste et porte en lui une part de génie. Quand un jour, Christophe apprend que Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener l’enquête qui va lui permettre d’arracher au passé l’énigme de sa propre histoire. Et de nous la raconter…

MON AVIS : 

A mi-chemin entre l’enquête policière, l’énigme et un récit de l’intime rédigé à la première personne du singulier, Le bizarre incident du chien pendant la nuit interpelle le lecteur sur la thématique de l’autisme, ses points forts et les différences de ceux qui en sont atteints. Une oeuvre multiple et complète mais qui peine à convaincre à cause d’une narration qui, si elle s’explique, n’en garde pas moins le lecteur à distance. Un roman qui a le mérite d’aborder, dans la littérature jeunesse, le particularisme de l’autisme mais sans nous permettre de nous attacher vraiment  au personnage principal.

M. Jeavons dit que j’aime les maths, c’est parce que c’est sans danger. Il dit que j’ai les maths parce qu’il faut résoudre des problèmes ; ces problèmes sont difficiles et intéressants, mais il y a toujours une réponse claire et nette au bout. Ce qu’il pense, c’est que les maths ne sont pas comme la vie parce que, dans la vie, il n’y a pas de réponse claire et nette au bout. Je sais que c’est ce qu’il pense, parce qu’il me l’a dit.

Les bonnes âmes de Sarah Court de Craig Davidson

Les bonnes âmes de Sarah Court
Editions Albin Michel – 316 pages

Littérature canadienne

Sarah Court est un morne lotissement au nord de Niagara Falls, Ontario. Cinq familles, cinq maisons dont les habitants semblent se fondre dans la grisaille du décor… jusqu’à ce que la plume de Craig Davidson en révèle toute l’étrangeté. Apparaissent alors un batelier chargé de repêcher les noyés au pied des célèbres chutes ; un cascadeur au corps brisé à force de chercher le danger ; un neurochirurgien alcoolique en disgrâce ; un boxeur raté et son fils obèse qui se rêve vampire ou momie ; une adepte du vol à l’étalage aux fantasmes de maternité, ou encore le fils orphelin d’une fumeuse de crack, devenu fabricant de feux d’artifice et criminel à ses heures…
Connaît-on vraiment ses voisins ? Et sa propre famille ? Dans ce livre à la frontière des genres, l’auteur d’Un goût de rouille et d’os nous invite à une troublante exploration des âmes.

MON AVIS :

Sarah Court est un paisible quartier, où chaque voisin connaît les failles et les forces des autres. Des personnages qui interagissent, se rencontrent, se détestent, se défient en un brillant balai de dupes. Une oeuvre riche et foisonnante de détails et de personnages. Mais même si l’écriture nerveuse de Craig Davidson rend cette oeuvre vivante et électrique, le nombre très important de situations et de personnages qui se succèdent et interagissent brouillent rapidement les cartes. Et c’est bien ce luxe de détails et de situations qui en fait au final une oeuvre confuse et souvent difficile à appréhender. Un roman noir foisonnant où surnagent des personnages malheureux en quête d’un bonheur impossible. Une lecture parfois difficile.

L’idée de quitter cette ville pour de bon… je ne sais pas que c’est la PEUR qui m’habite, pour la simple raison que je ne connais pas la couleur qui émane de cette émotion. Il y a une sensation de craquement, localisée dans ma poitrine, d’où surgissent des fils qui se tortillent comme des vers de terre. Abandonner ces rues, ces lieux connus depuis toujours…
Comme dit Cappy Lonnigan : Hier, c’est de l’histoire ancienne, et demain reste un mystère.