La vengeance du loup de Patrick Poivre d’Arvor


Editions Grasset – 316 pages
Littérature française

Charles s’ennuie ferme sur les bancs de l’école. Mais au fond de lui, le jeune garçon sent que sa vie est ailleurs. Il brûle d’un appétit vorace et ses rêves sont hantés par les plus hautes destinées. A douze ans, Charles perd sa mère. Elle était tout pour lui : sa confidente, son inspiratrice, son idole. Sur son lit de mort, elle lui révèle qu’ il n’est pas le fils de l’homme qu’il croyait être son père. Son père biologique se nomme Jean-Baptiste d’Orgel, un acteur connu du grand public. Le monde de Charles s’écroule, il ne lui reste que son ambition…

MON AVIS :

Récit d’une vengeance solitaire ou destin d’un homme qui aura de nombreuses répercussions sur les vies futures, La vengeance du loup raconte comment une décision peut impacter l’avenir et le destin de toute une génération. Un récit vif, porté par une belle aisance d’écriture qui ne parvient cependant jamais à masquer une certaine lenteur et quelques facilités narratives. Les personnages, oeuvrant dans un contexte politico-médiatique fouillé, ne parviennent pas à éveiller de réelle sympathie ou d’empathie.
Quand la petite histoire rencontre la grande, ce sont autant de thèmes qui enrichissent le récit sans toutefois parvenir à un équilibre salutaire. L’oeuvre peine en effet à convaincre, tant dans sa façon de traiter les nombreux sujets qu’elle évoque que dans la description de son personnage principal auquel je ne suis pas parvenue à m’attacher.

Je serai un loup solitaire, s’était dit Guillaume. Je traquerai la meute mais personne ne me verra. Je rôderai, je les affolerai. Ils sont plus nombreux, aussi je les prendrai un à un, comme Horace avec les Curiaces.

Un grand merci aux éditions Grasset pour leur confiance.

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L’ espace du rêve de David Lynch et Kristine McKenna


Editions JC Lattès – 600 pages
Littérature américaine

Dans ces mémoires uniques et hybrides, qui sont aussi particulières que l’homme lui-même, Lynch se confie pour la première fois sur sa vie, toujours en quête d’une vision singulière, et sur les nombreux chagrins d’amour et épreuves qu’il a affrontés pour mener à bien ses projets peu orthodoxes, parfois avec succès, parfois sans. Les réflexions lyriques, intensément intimes et sans aucun filtre de Lynch sont précédées de sections biographiques, écrites par sa proche collaboratrice Kristine McKenna et basées sur plus de cent interviews inédites avec des membres de sa famille, des acteurs, des agents, des musiciens et des collègues dans plusieurs domaines, qui ont chacun leur propre version de ce qu’il s’est passé.

MON AVIS :

Les amateurs de David Lynch le savent, l’artiste se dévoile peu et laisse toujours planer le mystère autour de ses créations artistiques. Réalisateur, artiste-peintre, musicien, l’homme a plus d’une corde à son arc et une vision artistique unique. Une vie singulière, faite de convictions, de succès et d’échecs.
Ici, c’est l’homme intime, celui qui vit pour son art et qui peut tomber amoureux d’une idée, qui se dévoile. A travers les témoignages de ses proches, recueillis et retravaillés avec beaucoup de finesse par sa biographe et amie Kristine McKenna, David Lynch se confie sur son passé, ses amours, ses combats pour faire exister son art, ses failles et finalement sa vie d’artiste à part entière.
Tout est là, de Eraserhead à INLAND EMPIRE en passant par Twin Peaks, ses peintures, photographies et travaux sur le son, ce document recrée l’univers dans lequel il puise son inspiration (le métier de son père, son rapport à la sensualité, à la naissance d’une idée, à la méditation transcendantale, aux rêves etc.)
Une biographie un peu particulière comme on pouvait s’y attendre avec le personnage puisqu’il n’hésite pas à prendre également la parole et à commenter les souvenirs de ses amis, parfois différents des siens. Une forme atypique pour un homme qui ne l’est pas moins mais qui continue de fasciner par une dévotion totale et finalement sans concessions à son art. Un artiste engagé qui n’en cache pas moins un homme étonnament solaire et charismatique, ouvert aux autres bien que parfois absent pour les siens.
Si cette biographie ne donne pas les clés de ses oeuvres emblématiques, elle dévoile avec intérêt les coulisses de ses créations et offre au lecteur, notamment à travers des photographies issues de la collection privée de Lynch, une ouverture vers son espace intime. Un espace du rêve pour une invitation au coeur de sa réalité profonde, intime et fascinante.

Bébé dis-moi qui tu es du Dr Philippe Grandsenne


Editions Poche Marabout – 288 pages
Littérature française

Vivre avec sérénité les premiers mois avec Bébé. L’arrivée d’un nouveau-né entraîne ses parents dans une aventure pleine d’imprévus. Loin des théories et des idées préconçues, ce livre, écrit par un pédiatre, n’a qu’une ambition : celle d’aider les parents à regarder vivre leur bébé pour le comprendre tel qu’il est. « C’est avec passion que Philipe Grandsenne parle des nouveau-nés. Pour lui, l’objectif premier, c’est « Au bonheur des bébés »… Et cet ouvrage, si agréable à lire, donne des conseils intelligents, mais surtout donne aux parents la capacité de croire en eux-mêmes et en leur enfant.

MON AVIS :

Rédigé par un pédiatre, le Docteur Philippe Grandsenne guide, évoque, rassure les jeunes parents désemparés par les pleurs de leur nourrisson, autant que ceux qui souhaitent mieux les comprendre. Petit ouvrage de référence, il assure sur un ton bienveillant une meilleure compréhension des touts-petits et un grand pas vers l’empathie. Un ouvrage très accessible qui constitue un outils intéressant, notamment pour de jeunes parents.

Le temps bébé n’est pas le même que le temps adulte. Je ne dis pas : le temps n’est pas vu de la même façon par le bébé que par l’adulte. Je pose qu’il ne s’agit pas du même cadre-temps. De la même façon qu’une année-Terre ne signifie pas la même chose qu’une année-Saturne, une heure-bébé ne signifie pas la même chose qu’une heure-adulte.

Nos femmes de coeur de Liane Foly et Wendy Bouchard


Editions Grasset – 312 pages
Littérature française

Ce livre est une histoire de femmes complices. Wendy et Liane se rencontrent dans un studio et, d’emblée, une amitié naît — si forte que Liane devient la marraine de cœur de la petite fille de Wendy ! Il n’en fallait pas davantage pour qu’un livre voit le jour. Ces deux amies ont la passion des rencontres. Barbara pour l’une, Véronique Sanson ou Brigitte Bardot pour l’autre — et la liste est longue —, les portraits intimes et en creux de leurs femmes de cœurs sont autant d’hommages.
Qu’ils s’agissent d’artistes vivantes ou disparues, de personnages de fiction, Wendy et Liane revendiquent leur admiration, leur attachement. Leurs femmes de cœurs les renvoient à des moments particuliers de leur biographie. Si bien qu’en parlant des autres, ce sont elles qu’elles dessinent.

MON AVIS :

A travers les regards croisés de deux femmes, artiste et journaliste, ce sont autant d’hommages appuyés, de regards et de rencontres qui sont contées dans ce récit intimiste. Une histoire de fraternité qui ne parvient cependant jamais à masquer une certaine complaisance qu’entretient parfois une légère facilité dans l’écriture. Si l’on ne peut douter de la sincérité des hommages rendus, on pourrait regretter une certaine façon de se raconter à travers les témoignages de rencontres et les égards provoqués.
Une lecture intéressante en ce qu’elle relate quelques anecdotes étonnantes sur les personnalités évoquées et qui met en lumière certaines femmes de l’ombre mais qui déçoit par une approche parfois simpliste et peut-être moins altruiste que l’on pouvait l’espérer.

Avez-vous déjà entendu parler de « sororité » ? C’est un terme utilisé dans les années 70 par les féministes françaises pour traduire le terme anglais sisterhood créé et inventé en réaction au mot brotherhood qui signifie fraternité. La « sororité » est l’expression de la solidarité entre femmes, soeurs et cousines, femmes complices et non rivales.
Dans ce livre, nous sommes en plein au coeur du sujet.


Simone Weil – Ses yeux semblaient ne jamais devoir se fermer. Ils avaient vu trop de choses. Du bleu délavé, lavé de toute illusion. La flamme de la vie, et cependant, la fumée de l’horreur.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de cette oeuvre.

Sein et sauf d’Ariane Goupil


Editions Cent Mille Milliards / Descartes & Cie – 242 pages
Littérature française

Ombeline vit sur la Côte d’Azur, traduit le grec ancien, a une colocataire qui s’appelle Automne et un chat prénommé Socrate, moins de 30 ans, et un cancer du sein. Comment fait-on avec tout ça, quand l’existence qui était pleine de promesses devient en un éclair un enfer d’incertitudes ? On pleure mais on rit aussi, on résiste (on tente, au moins) et on va au bout de tout ce qui reste parce que la vie, malgré tout, est une accumulation de tendresse dans une nuit de doutes.

MON AVIS :

Histoire intimiste ou récit d’une aventure humaine, Sein et sauf est avant tout l’histoire d’une féminité. Celle que l’on doit retrouver, celle qui nous fait parfois défaut, celle à laquelle on se confronte. Ombeline vient de comprendre combien le rapport qu’elle entretien avec son corps lui fait défaut, combien elle a sous-estimé ce corps avec lequel elle compose depuis longtemps et combien ses doutes pour sa survie sont désormais nombreux. Une occasion unique de faire la paix avec son entourage autant qu’avec elle-même, alors que se brouille sa vision de l’avenir autant que son rapport aux autres. L’écriture d’Ariane Goupil est simple mais percutante et en traitant d’un thème aussi difficile sans tomber dans la facilité, va droit au coeur de ses lecteurs.
Une lecture sur un thème difficile mais porté par des personnages attachants et faillibles que l’on se prend l’envie d’aimer. A découvrir.

Je me lève, je le laisse régler. Je l’embrasse sur le front, il a le menton dans mes nichons. Je ne sais pas s’il a compris que c’est leur faute, mais finalement, je l’espère. Comment aurai-je pu lui dire ?

Un grand merci à Babelio et aux éditions Cent Mille Milliards/ Descartes & cie pour la découverte de ce roman.

Autoportrait au radiateur de Christian Bobin


Editions Folio – 170 pages
Littérature française

«Ce n’est pas un journal que je tiens, c’est un feu que j’allume dans le noir. Ce n’est pas un feu que j’allume dans le noir, c’est un animal que je nourris. Ce n’est pas un animal que je nourris, c’est le sang que j’écoute à mes tempes, comme il bat – un volet ensauvagé contre le mur d’une petite maison.»

MON AVIS :

Connu pour la pureté de ses mots et la force de ses images, Christian Bobin rassemble les couleurs du réel pour produire une oeuvre intime et délicate. Rarement il aura approché aussi fort de la lumière, celle contenue dans une rose, un brin d’herbe ou le sourire d’un souvenir. Des mots délicats qui s’entrechoquent, rassemblent les vivants et les morts autour de la joie simple d’écrire. Un récit autobiographique qui évoque la perte et ce sillon de lumière qu’elle révèle. Une oeuvre mémoire de l’instant, comme toujours douce et percutante grâce à sa plume.

Faire au moins une fois ce qu’on ne fait jamais. Suivre, ne serait-ce qu’un jour, une heure, un autre chemin que celui où le caractère nous a mis.


Faire sans cesse l’effort de penser à qui est devant toi, lui porter une attention réelle, soutenue, ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d’ailleurs, que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire, peuplée de beaucoup de choses et d’autres gens que tu ne connaitras jamais. Te rappeler sans arrêt que celui ou celle que tu regardes ne te doit rien, n’est pas une partie de ton monde, il n’y a personne dans ton monde, pas même toi. Cet exercice mental – qui mobilise la pensée et aussi l’imagination – est un peu austère, mais il te conduit à la plus grande jouissance qui soit : aime celui ou celle qui est devant toi, l’aimer d’être ce qu’il est – une énigme – et non pas d’être ce que tu crois, ce que tu crains, ce que tu espères, ce que tu attends, ce que tu cherches, ce que tu veux.

Ma maman et mon papa se séparent (tome 1) / Ma maman attend un bébé (tome 2) de Sophie Furlaud et Laurent Simon


Mon papa et ma maman se séparent
Editions Casterman

Les parents d’Aimée se séparent et la petite fille est submergée de questions : est-ce à cause d’elle ? Peut-elle faire quelque chose pour qu’ils restent ensemble ? A quoi va ressembler sa vie dans deux maisons différentes ? Accompagnée de son grand ami Mehdi, Aimée va trouve peu à peu des réponses à ses questions et apaiser ses inquiétudes.


Ma maman attend un bébé
Editions Casterman

Un bébé arrive bientôt dans la famille de Mehdi et le petit garçon est submergé de questions :
Est-ce que ce sera une fille ou un garçon ?
Va-t-il lui ressembler ?
Est-ce que ses parents l’aimeront toujours autant ?
Accompagné de sa grande amie Aimée, Mehdi va appréhender peu à peu cette arrivée, les grands changements et les grands joies qu’elle va apporter.
Alliant bande dessinée quotidienne et images plus symboliques, la collection d’Aimée et Medhi accompagne avec tendresse les plus petits au fil de la vie.

MON AVIS :

A travers les questionnements de deux adorables personnages – Aimée et Mehdi – ce sont toutes les angoisses les plus courantes mais également les plus profondes des enfants qui s’expriment. Un sujet de discussion qui devient, grâce à la parole, aux interrogations et à beaucoup de bienveillance, une véritable force. L’arrivée d’un autre enfant tout comme la séparation de ses parents apparaissent ici comme des difficultés surmontables et qu’il est possible d’expliquer. Deux albums d’une grande intelligence qui évoquent, avec beaucoup de finesse, ce que peuvent ressentir les enfants face à ces thèmes. Deux oeuvres indispensables, portées par les magnifiques dessins de Laurent Simon, délicats et imagés. Une mention toute particulière pour les dernières pages de ces deux superbes albums. Particulièrement bien pensées, elles donnent de petites clés très bien trouvées.
Un joli guide pour les plus jeunes et pour ceux qui oublient parfois le grand chamboulement que peuvent vivre les tout petits face à ces évènements de la vie. A découvrir !

Un grand merci aux Editions Casterman pour cette découverte !

Un artiste du monde flottant de Kazuo Ishiguro


Editions Folio – 340 pages
Littérature britannique

Le peintre Masugi Ono, vieux maître de l’art officiel nippon, songe à sa jeunesse bohème et se remémore ce « monde flottant » qu’il a tant fréquenté.
Confronté à l’émergence d’une nouvelle société ouverte à l’Occident, il interroge son passé et tente de donner un sens à sa vie dans le Japon de l’après-guerre.

MON AVIS :

Oeuvre contemplative où les souvenirs du monde passé font écho aux aspirations du monde présent, Un artiste du monde flottant oscille toujours entre réalité et souvenirs, vision fantasmée du passé et blessures d’une société en reconstruction. Un roman délicat mais qui prend son temps pour parvenir au coeur de son sujet, au risque malheureusement de perdre son lecteur. Un roman d’une très grande lenteur qui ne parvient jamais à se départir d’un sentiment d’inaction subie pour une lecture parfois laborieuse. Dommage.

Mais Gisaburo ne prisait pas moins ces choses plus que tout. Les plus belles choses, disait-il toujours, vivent une nuit et s’évanouissent avec le matin. C’est ce que les gens appellent le monde flottant : c’était un monde, Ono, dont Gisaburo connaissait toute la valeur.

Dracula de Bram Stoker


Editions Pocket – 492 pages
Littérature irlandaise

Répondant à l’invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…
Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

MON AVIS :

Roman gothique, classique de la littérature fantastique, Dracula de Bram Stoker dessine avec profondeur et précision, les traits d’une créature monstrueuse. Mi-humain, mi-créature de la nuit, le « monstre » s’incarne dans l’élégance contenue d’une créature lettrée et intellectuelle, bien éloignée des clichés horrifiques. Et c’est justement cette nouveauté qui fait de ce roman une oeuvre si singulière. Rédigée sous la forme d’un journal intime, elle confronte le courage aux peurs intimes, l’ouverture d’esprit à la rationalité, l’amitié aux épreuves. Une oeuvre intemporelle aux thèmes multiples qui séduit autant qu’elle interroge les croyances et la rationalité. Dracula est une oeuvre riche à l’écriture juste et précise qui, grâce à la magie de la littérature, dresse le portrait allégorique d’une société en proie à ses propres démons. A découvrir.

Quel homme était-ce donc – ou plutôt, quelle créature sous une apparence humaine ? Je sentis soudain m’envahir toute la menace de cet horrible endroit. J’ai peur – une peur atroce, d’autant plus atroce que je la sais sans issue. Je suis prisonnier de terreurs auxquelles je n’ose même pas penser.

L’amour qui me reste de Michela Marzano


Editions Grasset – 304 pages
Littérature italienne

Il y a des tragédies sans mot et il n’en existe aucun pour désigner un parent qui perd son enfant. Celle-ci se passe à Rome. Le soir où Giada, 25 ans, se suicide, le monde de Daria s’effondre. D’abord figée dans la douleur, cette mère apprend peu à peu à l’apprivoiser, en dialoguant avec sa fille disparue dont elle nous retrace l’histoire.

MON AVIS :

Bien sûr au début il y a la perte, celle innommable d’un enfant. Une nouvelle histoire de suicide, les interrogations des proches, les questionnements d’une mère. Un roman comme il y en a beaucoup, sur un thème maintes fois traité en littérature. Mais ici, le thème du suicide entre en résonance avec celui de l’abandon et c’est une nouvelle porte qu’ouvre le roman de Michela Marzano. Il n’en est pas moins grave, il n’en est pas plus gai mais il porte en lui de nouveaux questionnements, de nouvelles idées, une nouvelle matière comme autant de pierres dans la tête de Giada et dans le coeur de sa maman adoptive.
Dès lors, c’est avec pudeur et à pas de velours qu’écrit Michela Marzano. Elle interroge mais dénonce aussi, ces lois qui empêchent un enfant de connaitre ses origines en Italie. Une oeuvre forte à l’écriture précise, teintée de phrases répétitives, qui chemine vaillamment dans la tête et le coeur du lecteur. A découvrir.

Dans la vie, selon Cristiana, tout tourne autour de la perte. Et dans le cadre d’une adoption les pertes sont nombreuses. Il y a l’enfant qui, en perdant sa mère naturelle, perd une partie de son histoire et parfois toute confiance en lui. Il y a les parents biologiques qui perdent toute opportunité de devenir maman et papa. Et puis il y a des femmes et des hommes qui adoptent parce qu’ils ont perdu la possibilité de transmettre leurs propres gênes.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de ce joli roman.