La nuit de Kim Kardashian de Pauline Delassus


Editions Grasset – 140 pages

Littérature française

La nuit du 3 novembre 2016 le chef de la Police Judiciaire de Paris est réveillé: un braquage dans le 8ème arrondissement, un butin à neuf millions, une victime célèbre. « Kim Kardashian, qui est-ce ?» interroge le patron du 36. Il trouve la réponse sur Internet : américaine, milliardaire, brune et plantureuse, des millions de fans sur les réseaux sociaux… Il est 4h du matin, les suspects se sont enfuis les poches remplies d’or et de diamants. Kim Kardashian est restée ligotée dans sa baignoire. Le coup est réussi, l’enquête commence.
Mon récit raconte la rencontre de deux mondes. Celui des Kardashian, nouveaux monstres du divertissement américain et celui d’ « Omar le Vieux », gamin des années 1950 devenu une star du grand banditisme. C’est la France de Michel Audiard, hors-la-loi, souterraine et parigote, contre l’Amérique d’Hollywood, puissante, outrancière, Démocrate. Les seigneurs du braco et la reine de l’exhibition : un film d’Henri Verneuil sur une bande-son de Rihanna.
Un chapitre dans les bas-fonds de Paris, un autre sur les collines de Los Angeles, jusqu’à la nuit du braquage, décortiquée heure par heure, du somptueux dîner donné par Azzedine Alaïa où Kim apparaît couverte de bijoux, à la fuite de ses agresseurs à bicyclette.

MON AVIS :

C’est une rencontre entre deux mondes que tout oppose, un coup d’éclat entre celle qui s’est façonnée par les médias pour atteindre la célébrité et celui qui s’est façonné une réputation pour atteindre les sommets. Leur point commun : l’ambition.
Si l’une vit dans la lumière des projecteurs et des plateaux télé, l’autre vit souvent dans la clandestinité et façonne un monde souterrain. Deux destins que tout oppose amenés à se rencontrer le temps d’une nuit de cauchemar.
Si l’ascension de la jeune Kim Kardashian se fait l’écho d’une certaine idée de l’Amérique des possibles, le destin d’Omar, le braqueur de la jeune femme, apparait plus terre à terre et souvent moins intéressant. Un déséquilibre qui s’explique par le concept même du roman mais qui peut sembler inégal. En revanche, Pauline Delassus connait son sujet et ne méprise jamais les protagonistes de son oeuvre qu’elle replace dans un contexte sociétal intéressant. L’écriture est journalistique, sans fioritures mais toujours percutante. A réserver aux curieux, au moins dans la partie qui concerne Kim Kardashian et son impressionnante ascension sociale.

Aujourd’hui encore, elle garde ces images développées sur pellicule, les publie parfois sur les réseaux sociaux. Je les conserve sur le bureau de mon ordinateur, elles me rappellent le vrai visage de Kim, celui que je veux raconter. Ce sont les premières pierres de son édifice, le début de l’histoire, quand elle n’était qu’une lycéenne en uniforme bleu de la Marymount High School, l’école catholique de Sunset Boulevard. Des souvenirs qui sont les traces de sa vie d’avant, avant les drames, les meurtres et le grand procès, avant Paris Hilton et l’ecstasy, avant de se retrouver nue sur Internet, avant les millions de dollars.


Les Kardashian ont créé un matriarcat, un modèle inédit de femmes fortes, qui font de la futilité un empire. Peut-on se battre pour le pouvoir des femmes en vendant du maquillage ? Elles le prouvent et renvoient à la morale les critiques sur la sexualisation de leur image.

Merci aux éditions Grasset pour l’envoi de ce livre.

Le consentement de Vanessa Springora


Editions Grasset – 208 pages
Littérature française

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman.

MON AVIS :

A travers un style journalistique clair, dénué de sentimentalisme, Vanessa Springora, jeune éditrice française, dénonce au-delà des années, l’emprise d’un homme sur la jeune femme qu’elle était. En décidant d’enfermer le prédateur dans son roman, comme il a utilisé son image pour nourrir son travail littéraire, elle boucle la boucle, se libère du sentiment de soumission et dénonce avec beaucoup de recul et d’humilité l’appropriation – par un homme à la réputation sulfureuse – de sa jeunesse et d’une grande partie de sa vie.
A l’heure où la parole des femmes se libère – un peu, parfois – Vanessa Springora énonce sa vérité, celle qui a longtemps mûrit en elle, lui arrachant la tendresse de ses années adolescentes, l’image positive d’elle-même, son rapport aux autres et sa confiance en l’Homme.
Mais au-delà de sa propre histoire, l’auteure dénonce un système souvent complaisant avec les agissements répréhensibles d’un homme protégé par son statut d’auteur. Vanessa Springora n’est pas la seule victime d’un système qui tait la parole parce qu’elle est jeune et inexpérimentée, influençable ou faite d’illusions. Au-delà du milieu littéraire, journalistique et du monde de l’édition qu’elle évoque, c’est toute une société – qui se cache derrière une époque aux moeurs différentes – qu’elle dénonce et désigne dans son oeuvre, interrogeant par là même la notion de consentement. Un premier roman au thème difficile mais à la lecture indispensable. Une oeuvre écrite avec beaucoup de recul et de maturité, parfois emprunt d’un terrible sentiment de culpabilité mais aux mots libérateurs. A découvrir.

Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de ce roman.
Vanessa Springora, invitée de l’émission Quotidien de Yann Barthès le 7 janvier 2020 (replay) est également invitée de la Grande librairie ce soir (France 5 – 20h50), n’hésitez pas à l’écouter.

Le voyageur égaré de Fabrice Cayla et Jean-Pierre Pécau


Editions Posidonia – 212 pages
Livre dont vous êtes le héros

Cette semaine de vacance s’annonçait bien. Le beau temps était au rendez-vous et vous étiez ravi de retrouver vos amis à Toulouse. Mais il y avait une ombre au tableau. Vous n’étiez pas le seul à partir sur les routes et le voyage risquait de s’éterniser. C’est pourquoi vous aviez choisi un itinéraire plus long mais moins fréquenté, comptant bien ainsi parvenir le soir même à destination. Tout se déroula pour le mieux jusqu’au premier ennui, un pneu crevé qui allait bientôt vous entraîner dans une histoire invraisemblable, que vous ne seriez pas prés d’oublier… Si vous ressortiez …

MON AVIS :

Peu connaisseuse de ce genre de littérature, les livres dont vous êtes le héros ont cette particularité pourtant intéressante de permettre au lecteur de devenir acteur de son histoire. Chacun de ses gestes et décisions créent une chaîne de conséquences permettant de vivre, en un seul livre, de nombreuses histoires aux fins nécessairement différentes.
Une très bonne idée de départ qui a le mérite de réinventer astucieusement le rapport du lecteur au livre. Une narration qui aurait cependant mérité un développement des personnages plus poussé et un récit définitivement concret qui, s’il séduit de prime abord, manque parfois de nuances et de développements. A réserver aux amateurs du genre et aux curieux.

Je remercie Babelio et les éditions Posidonia pour la découverte de ce livre-jeux.

Eloge du métèque d’Abnousse Shalmani


Editions Grasset – 192 pages

Littérature iranienne

Quel point commun entre les Hébreux, Martin Eden, Romain Gary, la muse de Baudelaire Jeanne Duval, Modigliani, Hercule Poirot ou les rôles interprétés par Ava Gardner  ? Tous sont des métèques. Un mot qui, en Grèce antique, désigne simplement celui qui a changé de cité, avant de devenir une insulte sous la plume de Charles Maurras puis d’être réhabilité par la chanson de Georges Moustaki en 1969.
Le métèque prend alors cette signification d’autre par essence, d’étranger générique. C’est ce mot, aujourd’hui un peu désuet, qu’Abnousse Shalmani vient revaloriser. Car le métèque est en réalité bien plus qu’un mot. C’est la figure de transfuge par excellence  : cet autre aux semelles de vent, qui sait qu’il devra repartir un jour, celui qu’on ne peut jamais enfermer dans un seul lieu ou une seule identité, voué à intriguer, voire à effrayer, à trouver une embuche dans le regard de l’autre. Celui qui vit dans une identité mouvante, perpétuellement en exil, qui procure une authentique liberté pour peu qu’on se donne la peine d’essayer de l’habiter.

MON AVIS :

A travers la figure du métèque, Abnousse Shalmani tisse un portrait vibrant de l’exil, de la recherche d’identité et de la singularité de « l’autre ». Une quête de soi à travers une étude savante et érudite qui suscite intérêt et interrogations.
Passionnée et érudite, elle mène – à travers une écriture fine – une réflexion personnelle sur les nombreuses facettes du métèque. Etre vivant et fantasmé, prisonnier d’une image construite où s’entrechoquent les cultures, on sent que le sujet lui tient à coeur et l’habite intimement.
Un thème intéressant néanmoins marqué par une profusion des sujets (le mythe du métèque à travers l’habillement, la littérature, les arts, la sexualité etc.) et une culture foisonnante qui masquent peut-être les sentiments plus personnels de l’auteure. Une lecture intéressante dans son approche de l’autre et dans la revalorisation du terme même de métèque mais qui se perd parfois dans des considérations foisonnantes et des références multiples.

C’est un mot qui me console, qui me rappelle que je flotte, que je ne possède que les racines que je me suis dessinées, que j’aurais beau m’accoler une nationalité, visible sur mes papiers d’identité, une langue parfaitement maîtrisée, une vie d’autochtone, je ne serais jamais qu’une métèque.


C’est dans cet interstice que se loge peut-être la seule réelle identité du métèque : le manque. Il est ce qu’il ne peut être, il est ce qu’il ne peut que fantasmer.

Un grand merci aux éditions Grasset et à Abnousse Shalmani pour cette découverte accompagnée d’un mot de l’auteure.

Toy story 4 de Josh Cooley


Film d’animation américain – 1h21
Distributeur Disney DVD – Site internet / Facebook
En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray Edition limitée et coffret Intégrale Toy Story depuis le 30 octobre, et déjà en VOD.

Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky un nouveau jouet qui ne veut pas en être un dans la chambre de Bonnie met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

MON AVIS :

C’est toujours un plaisir de retrouver Woody et ses nombreux amis pour de nouvelles aventures. Alors que Bonnie entre à l’école maternelle, les jouets doivent repenser leurs rôles, s’adapter à l’évolution des enfants sans perdre leur raison d’être.
Comme dans le précédent volet, il est ici question de choix, de remise en cause et de recherche du bonheur. La notion de perte, joliment amenée ici, habite chaque personnage et nourrit savamment la trame narrative.
Si la thématique de la recherche de leur utilité par les jouets avait déjà été exploitée, notamment dans le 3ème volet, le film conserve un charme attendrissant et un humour décapant. Le rythme des séquences, toujours soutenu, s’enchaîne grâce à une animation fluide et des personnages joliment travaillés. Un nouveau volet très plaisant, qui présente un intérêt pour petits et plus grands et qui nous offre le plaisir de retrouver des personnages attachants aux sentiments joliment humains. A découvrir !

BANDE ANNONCE

Un grand merci à Cinétrafic et Disney pour la découverte de ce dernier Toy story.

Retrouvez sur Cinétrafic :
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Le chemin de la mer de Patrice Franceschi


Editions Grasset – 120 pages
Littérature française

Quand on quitte la plaine côtière du Terriden en direction du nord et que l’on grimpe à travers les montagnes vers le grand plateau du Chapa, on laisse sur sa gauche une piste sinueuse qui semble se perdre dans de singulières vallées. Les étrangers s’y engagent rarement…

MON AVIS :

En empruntant le chemin de la mer aux côtés de Patrice Franceschi, le lecteur va à la rencontre de personnages tournés vers l’intime et la redécouverte de soi. Un joli recueil de nouvelles, toutes portées par une écriture fine et ciselée pour un roman aux thèmes délicatement variés. Une nouvelle découverte de l’auteur de l’Ethique du samouraï moderne, qu’enrobe une écriture plus personnelle et des thèmes multiples. Six nouvelles alternant entre un univers fantastique et un univers résolument réaliste qui évoquent, en très peu de mots, l’universel désir de liberté de ses personnages. Une jolie découverte.

Bien que j’y sois préparé, le choc de cette apparition fut tel que je me laissai tomber à terre et pleurai comme un enfant. Je me sentis perdu, abandonné, loin de tout et vaincu. Puis la rage revint, plus forte que tout.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de cette oeuvre et pour la dédicace que Patrice Franceschi a eu la gentillesse de rédiger.

 

Burn out de Paul Bianchi et Thomas Gayet


Editions Nova – 232 pages
Littérature française
Livre dont vous êtes le chargé de mission
Illustrations de Léonard Cohen

Burn out est un livre dont vous êtes le héros à la différence près que le manoir hanté, ici, est le siège social d’une entreprise, et que vous, vous êtes tout sauf un héros.

MON AVIS :

Découverte et originalité sont les principales qualités de cet objet littéraire non parfaitement identifié publié aux éditions Nova. En reprenant l’idée des « livres dont vous êtes le héros », Paul Bianchi et Thomas Gayet transposent le concept à l’univers très fermé et codifié du monde du travail. Chaque choix ayant une conséquence différente, parfois dévastatrice – finir au pôle compta, être embauché à vie chez France Cravate ou être séquestré par les syndicats – Burn out décrit avec humour, cynisme parfois, le monde si singulier de l’entreprise. Un monde où le sens de l’effort se perd en acronymes illisibles et en réunions interminables. Sous couvert de situations cocasses, c’est bien une critique du monde de l’entreprise à laquelle nous contribuons, machine à broyer les rêves des hommes, que font les auteurs. L’humour et le jeu comme arme de compréhension, un pari réussi ! A découvrir.

Tout est devenu plus clair maintenant que vous pouvez voir le vide. Il est partout. Dans les yeux de vos collègues, dans le masque d’assurance de vos clients, dans les intitulés des mails demandant un retour ASAP, dans les « bien à vous » et « best regards ».

Je remercie Babelio et les éditions Nova pour la découverte de cette oeuvre.

J’en profite pour vous indiquer que la maison d’éditions ne compte pas s’arrêter là puisqu’elle envisage la sortie de 3 nouveaux livres en octobre dont un dont vous êtes l’assassin.

Orléans de Yann Moix


Editions Grasset – 262 pages

Parution le 21 août 2019
Littérature française

Qui a lu l’œuvre publiée de Yann Moix sait déjà qu’il est prisonnier d’un passé qu’il vénère alors qu’il y fut lacéré, humilité, fracassé.
Mais ce cauchemar intime de l’enfance ne faisait l’objet que d’allusions fugaces ou était traité sur un mode burlesque alors qu’il constitue ici le cœur du roman et qu’il est restitué dans toute sa nudité.
Pour la première fois, l’auteur raconte l’obscurité ininterrompue de l’enfance, en deux grandes parties (dedans/dehors) où les mêmes années sont revisitées en autant de brefs chapitres (scandés par les changements de classe, de la maternelle à la classe de mathématiques spéciales).
Dedans : entre les murs de la maison familiale.
Dehors : l’école, les amis, les amours.
Roman de l’enfance qui raconte le cosmos inhabitable où l’auteur a habité, où il habite encore, et qui l’habitera jusqu’à sa mort, car d’Orléans, capitale de ses plaies, il ne pourra jamais s’échapper.

« Et je me promis qu’un jour, quand je saurais écrire la vérité dans sa simplicité nue, je le dirais dans un roman d’humiliation comme il existe des romans d’initiation. » Yann Moix

MON AVIS :

Orléans, ville d’enfance meurtrie, écrin des souvenirs douloureux de Yann Moix est le témoin central de l’humiliation quotidienne de l’auteur. Au dedans et au dehors, l’écrivain se livre comme jamais, révélant sous la lumière crue d’une écriture incisive et franche, l’ampleur de ses plaies et ses plus intimes souffrances. Une plongée dans la noirceur de l’enfance qui nous permet peut-être d’approcher avec plus de justesse le personnage public, ses éclats, ses convictions, ses colères. Un récit de survie, où la littérature joue un rôle central, apaisant, sauveuse involontaire d’une vie qu’il imaginait sans avenir. Un roman autobiographique sans artifices ni grand sentimentalisme, qui revêt pourtant une grande justesse morale et une impressionnante force mentale. A découvrir.

J’aimais le soleil. J’aimais la pluie. J’aimais chaque nuage. J’aimais les arbres et les buissons de la cour. Mes « parents » m’eussent tué sur le coup s’ils l’avaient appris : mais je crois bien que j’aimais la vie.


A mes côtés : le piano défoncé. Il ressemblait à un cachalot éventré ; j’avais de la peine pour lui. Je pensais à son calvaire. Il était mort sous les coups de mon père. J’avais eu jusque là plus de chance que lui.


Rend-on à l’aveugle, au premier venu, ce que la vie nous a infligé ? Me faudrait-il, quand l’âge d’avoir des enfants viendrait, parvenir à la hauteur de ma tâche de père : m’empêcher moi-même de fouetter mon fils, d’abandonner ma fille la nuit aux mâchoires froides de l’hiver ? Il se pouvait très bien que le petit garçon aux yeux verts, une fois lancé dans le monde irréversible des adultes, administrât à son tour à son propre petit garçon aux mêmes yeux verts les mêmes corrections. C’est soi qu’on continue de frapper quand on a été brutalisé : me propageant dans l’enfant, je me reconnais dans sa figure, je coule dans ses veines – c’est moi le défenestrant, que j’entends suicider.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de ce roman.

Contes indiens… du petit peuple du ciel de Michel Piquemal et Antonina Novarese


Editions Tertium – 40 pages
Contes jeunesse

Trois légendes des Indiens Cherokee, Lakota et Iroquois ont été réunies dans cet album. Dans les contes des Indiens d’Amérique, la Nature est très présente notamment les oiseaux. Ils les appellent avec tendresse le petit peuple du ciel. Ils nous enseignent avec humour la ruse, la patience, la solidarité… et ils apportent aux hommes l’un des plus beaux cadeaux, le chant des flûtes, qui permet aux jeunes gens de trouver l’amour.

MON AVIS :

Joliment illustré, ce recueil de légendes indiennes séduira les lecteurs curieux et avides de jolies histoires. Une plongée délicate et poétique dans les profondeurs des légendes indiennes, où l’omniprésence de la nature contribue à rappeler la petitesse des hommes. Les trois histoires de ce recueil rappellent toutes que l’homme doit composer avec les esprits de la nature et ne peut s’affranchir de ses précieux conseils. Une charmante lecture composée d’illustrations délicates qui ravira tous les amateurs de jolies histoires.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Tertium pour la découverte de cet album jeunesse.

Partenariat – Le livre que j’aime

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous convier à découvrir le site de mon nouveau partenaire :

Sur ce blog, vous pourrez retrouver mes chroniques mais également celles d’autres collaborateurs, blogueurs venus d’horizons différents réunis pour vous parler de lecture, de cinéma, de séries et de culture en général.

N’hésitez pas à venir nous voir, à commenter et, si vous le souhaitez, à partager !

A bientôt pour une prochaine chronique.