Le chemin de la mer de Patrice Franceschi


Editions Grasset – 120 pages
Littérature française

Quand on quitte la plaine côtière du Terriden en direction du nord et que l’on grimpe à travers les montagnes vers le grand plateau du Chapa, on laisse sur sa gauche une piste sinueuse qui semble se perdre dans de singulières vallées. Les étrangers s’y engagent rarement…

MON AVIS :

En empruntant le chemin de la mer aux côtés de Patrice Franceschi, le lecteur va à la rencontre de personnages tournés vers l’intime et la redécouverte de soi. Un joli recueil de nouvelles, toutes portées par une écriture fine et ciselée pour un roman aux thèmes délicatement variés. Une nouvelle découverte de l’auteur de l’Ethique du samouraï moderne, qu’enrobe une écriture plus personnelle et des thèmes multiples. Six nouvelles alternant entre un univers fantastique et un univers résolument réaliste qui évoquent, en très peu de mots, l’universel désir de liberté de ses personnages. Une jolie découverte.

Bien que j’y sois préparé, le choc de cette apparition fut tel que je me laissai tomber à terre et pleurai comme un enfant. Je me sentis perdu, abandonné, loin de tout et vaincu. Puis la rage revint, plus forte que tout.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de cette oeuvre et pour la dédicace que Patrice Franceschi a eu la gentillesse de rédiger.

 

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Burn out de Paul Bianchi et Thomas Gayet


Editions Nova – 232 pages
Littérature française
Livre dont vous êtes le chargé de mission
Illustrations de Léonard Cohen

Burn out est un livre dont vous êtes le héros à la différence près que le manoir hanté, ici, est le siège social d’une entreprise, et que vous, vous êtes tout sauf un héros.

MON AVIS :

Découverte et originalité sont les principales qualités de cet objet littéraire non parfaitement identifié publié aux éditions Nova. En reprenant l’idée des « livres dont vous êtes le héros », Paul Bianchi et Thomas Gayet transposent le concept à l’univers très fermé et codifié du monde du travail. Chaque choix ayant une conséquence différente, parfois dévastatrice – finir au pôle compta, être embauché à vie chez France Cravate ou être séquestré par les syndicats – Burn out décrit avec humour, cynisme parfois, le monde si singulier de l’entreprise. Un monde où le sens de l’effort se perd en acronymes illisibles et en réunions interminables. Sous couvert de situations cocasses, c’est bien une critique du monde de l’entreprise à laquelle nous contribuons, machine à broyer les rêves des hommes, que font les auteurs. L’humour et le jeu comme arme de compréhension, un pari réussi ! A découvrir.

Tout est devenu plus clair maintenant que vous pouvez voir le vide. Il est partout. Dans les yeux de vos collègues, dans le masque d’assurance de vos clients, dans les intitulés des mails demandant un retour ASAP, dans les « bien à vous » et « best regards ».

Je remercie Babelio et les éditions Nova pour la découverte de cette oeuvre.

J’en profite pour vous indiquer que la maison d’éditions ne compte pas s’arrêter là puisqu’elle envisage la sortie de 3 nouveaux livres en octobre dont un dont vous êtes l’assassin.

Orléans de Yann Moix


Editions Grasset – 262 pages

Parution le 21 août 2019
Littérature française

Qui a lu l’œuvre publiée de Yann Moix sait déjà qu’il est prisonnier d’un passé qu’il vénère alors qu’il y fut lacéré, humilité, fracassé.
Mais ce cauchemar intime de l’enfance ne faisait l’objet que d’allusions fugaces ou était traité sur un mode burlesque alors qu’il constitue ici le cœur du roman et qu’il est restitué dans toute sa nudité.
Pour la première fois, l’auteur raconte l’obscurité ininterrompue de l’enfance, en deux grandes parties (dedans/dehors) où les mêmes années sont revisitées en autant de brefs chapitres (scandés par les changements de classe, de la maternelle à la classe de mathématiques spéciales).
Dedans : entre les murs de la maison familiale.
Dehors : l’école, les amis, les amours.
Roman de l’enfance qui raconte le cosmos inhabitable où l’auteur a habité, où il habite encore, et qui l’habitera jusqu’à sa mort, car d’Orléans, capitale de ses plaies, il ne pourra jamais s’échapper.

« Et je me promis qu’un jour, quand je saurais écrire la vérité dans sa simplicité nue, je le dirais dans un roman d’humiliation comme il existe des romans d’initiation. » Yann Moix

MON AVIS :

Orléans, ville d’enfance meurtrie, écrin des souvenirs douloureux de Yann Moix est le témoin central de l’humiliation quotidienne de l’auteur. Au dedans et au dehors, l’écrivain se livre comme jamais, révélant sous la lumière crue d’une écriture incisive et franche, l’ampleur de ses plaies et ses plus intimes souffrances. Une plongée dans la noirceur de l’enfance qui nous permet peut-être d’approcher avec plus de justesse le personnage public, ses éclats, ses convictions, ses colères. Un récit de survie, où la littérature joue un rôle central, apaisant, sauveuse involontaire d’une vie qu’il imaginait sans avenir. Un roman autobiographique sans artifices ni grand sentimentalisme, qui revêt pourtant une grande justesse morale et une impressionnante force mentale. A découvrir.

J’aimais le soleil. J’aimais la pluie. J’aimais chaque nuage. J’aimais les arbres et les buissons de la cour. Mes « parents » m’eussent tué sur le coup s’ils l’avaient appris : mais je crois bien que j’aimais la vie.


A mes côtés : le piano défoncé. Il ressemblait à un cachalot éventré ; j’avais de la peine pour lui. Je pensais à son calvaire. Il était mort sous les coups de mon père. J’avais eu jusque là plus de chance que lui.


Rend-on à l’aveugle, au premier venu, ce que la vie nous a infligé ? Me faudrait-il, quand l’âge d’avoir des enfants viendrait, parvenir à la hauteur de ma tâche de père : m’empêcher moi-même de fouetter mon fils, d’abandonner ma fille la nuit aux mâchoires froides de l’hiver ? Il se pouvait très bien que le petit garçon aux yeux verts, une fois lancé dans le monde irréversible des adultes, administrât à son tour à son propre petit garçon aux mêmes yeux verts les mêmes corrections. C’est soi qu’on continue de frapper quand on a été brutalisé : me propageant dans l’enfant, je me reconnais dans sa figure, je coule dans ses veines – c’est moi le défenestrant, que j’entends suicider.

Un grand merci aux éditions Grasset pour la découverte de ce roman.

Contes indiens… du petit peuple du ciel de Michel Piquemal et Antonina Novarese


Editions Tertium – 40 pages
Contes jeunesse

Trois légendes des Indiens Cherokee, Lakota et Iroquois ont été réunies dans cet album. Dans les contes des Indiens d’Amérique, la Nature est très présente notamment les oiseaux. Ils les appellent avec tendresse le petit peuple du ciel. Ils nous enseignent avec humour la ruse, la patience, la solidarité… et ils apportent aux hommes l’un des plus beaux cadeaux, le chant des flûtes, qui permet aux jeunes gens de trouver l’amour.

MON AVIS :

Joliment illustré, ce recueil de légendes indiennes séduira les lecteurs curieux et avides de jolies histoires. Une plongée délicate et poétique dans les profondeurs des légendes indiennes, où l’omniprésence de la nature contribue à rappeler la petitesse des hommes. Les trois histoires de ce recueil rappellent toutes que l’homme doit composer avec les esprits de la nature et ne peut s’affranchir de ses précieux conseils. Une charmante lecture composée d’illustrations délicates qui ravira tous les amateurs de jolies histoires.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Tertium pour la découverte de cet album jeunesse.

Partenariat – Le livre que j’aime

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous convier à découvrir le site de mon nouveau partenaire :

Sur ce blog, vous pourrez retrouver mes chroniques mais également celles d’autres collaborateurs, blogueurs venus d’horizons différents réunis pour vous parler de lecture, de cinéma, de séries et de culture en général.

N’hésitez pas à venir nous voir, à commenter et, si vous le souhaitez, à partager !

A bientôt pour une prochaine chronique.

Ethique du samouraï moderne de Patrice Franceschi


Editions Grasset – 192 pages

Littérature française

« Jusqu’à sa disparition en 2010, maître Isogushi enseignait au dojo d’Ishen dans le sud du Japon. Son enseignement comportait deux disciplines inséparables : pour le corps et pour le mental, la transmission de l’ensemble des arts martiaux traditionnels ; pour l’âme et pour l’esprit, un guide nouveau pour la conduite de la vie. On ignore combien d’élèves forma maître Isogushi, venus des cinq continents, et il ne reste de cet enseignement que les notes de cours prises par mon vieil ami Emiliano Zapoga dit « le Mexicain », ici rassemblées. Le maître a voulu que ses propos soit autonomes, tout en formant un modèle éthique complet, utilisable de manière concrète par n’importe quel homme ou femme. A quoi j’ajoute jeune adulte qui cherche une conduite à sa vie ».
Ainsi commence cet extraordinaire ouvrage de Patrice Franceschi : une « éthique » personnelle, forgée au fil des années par l’auteur, entre ses études approfondies de philosophie à la Sorbonne, sa passion pour les stoïciens ; et sa pratique des arts martiaux, de l’engagement et de la lutte, depuis l’Afghanistan jusqu’au kurdistan syrien… Ce « petit manuel de combat » rassemble 327 courts chapitres, mélodieux, philosophiques, universels.

MON AVIS :

Petit recueil composé d’aphorismes, de pensées et de moments de vie, l’Ethique du samouraï moderne est un outils idéal pour repenser au mieux sa vie et notre façon de la vivre. Mais si le contenu est intéressant, la forme très cadrée et le propos très formaté peuvent rapidement devenir des freins au plaisir de la lecture. Une forme très répétitive, souvent très formatée qui manque souvent de légèreté et de spontanéité. Une première rencontre malheureuse avec l’auteur alors que le thème semblait pour le moins prometteur.
Une lecture à réserver aux vrais adeptes du genre…

Abordons maintenant quelque chose d’aussi essentiel, futurs samouraïs : le langage – ce par quoi tout commence.
Soyez convaincus que c’est par la langue par laquelle vous vous exprimez et pensez que vous manifestez votre patrie intérieure – et parfois, découvrez qu’elle existe.


Ne comptant que le temps, que vous arrivera-t-il ?
Il vous arrivera au moins que l’un de mes enseignements vous apparaîtra dans toute sa vérité : ce que l’on retire de l’existence est à l’exacte mesure de ce que l’on y met.
Voilà aussi pourquoi la générosité est la première des qualités humaines.

Un grand merci aux éditions Grasset pour l’envoi de ce livre et à son auteur pour sa jolie dédicace.

Proches rencontres d’Anabel Colazo


Editions Ca et là – 114 pages
Album graphique
Parution 18 janvier 2019

Suite à un étrange accident de route, Daniel – jeune espagnol passionnément curieux – se retrouve coincé trois jours dans le village d’El Cruce où abondent énigmes et événements inexplicables : des ombres noires, des messages menaçants, des kidnappings… Il s’avère qu’El Cruce est un endroit mythique pour tout amateur d’ésotérisme, au très riche passé d’événements paranormaux.

MON AVIS :

A travers le difficile thème d’une éventuelle vie extra-terrestre, Anabel Colazo dresse le portrait intime de plusieurs personnages à la recherche d’une certaine forme de vérité. Car c’est bien la multitude des vérités qui forme la trame narrative de ce bel album graphique. Une oeuvre très documentée, portée par de jolis dessins épurés en noir et blanc. Dès lors, l’étrangeté des lieux, des personnages et des situations prend le pas sur la véracité, et les thèmes de la fiction s’associent à ceux de la réalité. Une multitude de points de vue pour loger une forme d’exactitude parmi d’autres, entre croyance et crédulité. Un album graphique réussi qui interroge autant qu’il divertit.

proches rencontres 1
– Un grand merci à Babelio et aux éditions Ca et là pour la découverte de ce très bel album graphique.

On habitera la forêt d’Esme Planchon


Editions Casterman – 218 pages
Littérature française
Parution le 10/04/2019

Quand on est une jeune fille solitaire (Joyce), pas très heureuse au lycée (un nid d’individus pénibles et arrogants), et à la mère encombrante (comédienne), on s’enfuit dès que possible chez sa mamie adorée pendant les vacances scolaires. Là, on peut rencontrer une dame qui fait la grève de son ancienne vie perchée tout en haut d’un grand et vieux chêne, par exemple. On peut aussi monter s’assoir à côté d’elle et parler de l’existence… jusqu’à ce que quelqu’un de très idiot décide de raser la forêt.

MON AVIS :

Joli texte écologique mariant récit jeunesse et engagement solidaire, On habitera la forêt est une oeuvre gaie et rafraichissante. Une amitié originale entre trois générations de femmes décalées en proie au désir de s’évader et de reconstruire leurs vies selon leurs envies.
Une oeuvre aux nombreuses thématiques construites autour de la recherche de soi et la défense d’une cause qui dépasse l’individu. Une réflexion sur l’amitié que l’on bâtit, petit à petit comme un engagement et qui nourrit autant qu’elle instruit.
Une jolie lecture adolescente, riche et colorée, à l’image de sa si belle couverture !

Bien sûr, on m’a dit de ne pas parler aux inconnus. De ne pas accepter de bonbons. Ou de pommes rouges. Mais personne n’a jamais mentionné la possibilité d’une proposition comme « Tu veux monter sur un arbre qui s’appelle Bernard ? »

Un grand merci aux Editions Casterman pour la découverte de ce roman jeunesse.

Les mystères du manoir Steiner de Rose Marie-Noële Gressier


Editions LRG – 62 pages

Littérature française
Livre jeunesse sélectionné pour le Prix de Littérature Jeunesse de Buzet-sur-Baïse (47)

BRETAGNE, 10 juillet 1935Le jeune Gaston Bouilledebille est ravi ! Il vient d’arriver chez sa grand-mère. L’occasion pour lui de se régaler de crêpes à la confiture et, SURTOUT, de retrouver sa chère Agatha !!! Ah… Agatha Sapristi, la fille des voisins de mamie Gisèle !!! Gaston en est fou amoureux. Mais a-t-il vraiment ses chances avec elle, lui, le gros rouquin dont tout le monde se moque au collège ? Peut-être… D’autant plus que Gaston et la jolie Agatha vont se rapprocher pour résoudre le mystère qui entoure un nouveau venu dans le village, un certain Frankie Steiner qui a acheté un vieux manoir abandonné.Depuis l’arrivée de Steiner, des phénomènes étranges se produisent…Par exemple, les coupures d’électricité se multiplient sans que l’on en comprenne la cause… Le plus surprenant est que, lors de ces coupures, le manoir du vieil homme demeure éclairé !!! Et non seulement, il reste éclairé mais, EN PLUS, on peut y voir d’étranges éclairs bleutés sortir de derrière les interstices des volets !!! Monsieur Frankie Steiner est-il le diable en personne ? Le témoignage de madame Betticrédule est accablant… En plus, la nuit, monsieur Steiner se livre à de bien étranges livraisons…Et puis, il y a « ces petites filles aux yeux éteints »… La petite Mathilde Barrantinbobard les a vues ! C’est, en tout cas, ce qu’affirme madame Betticrédule…

MON AVIS :

Roman d’aventure jeunesse, Les mystères du manoir Steiner reprend avec beaucoup de succès tous les ressorts du roman policier pour adolescent. Deux amis inséparables d’une curiosité sans bornes, un grand manoir habité par un homme mystérieux, des phénomènes inexpliqués et des enfants qui apparaissent et disparaissent du manoir sans raisons.
Autant d’ingrédients joliment dosés pour faire de ce court récit une oeuvre jeunesse sympathique. Malgré une ponctuation parfois surprenante, composée de nombreux points d’exclamations et de phrases entières marquées en gras, l’écriture est dynamique et les dialogues des plus vivants. Le récit joliment illustré par les portraits de Sandrine Rastrelli – bien que malheureusement en noir et blanc – met en valeur une oeuvre à la trame narrative riche et claire. Une belle entrée en matière pour ce premier tome des aventures de Gaston Bouilledebille et d’Agatha Sapristi. A découvrir.

– De toute façon, y a ben que le diable qui pouvait acheter le manoir. Une vieille bicoque comme ça !!! Cette baraque, elle me fait froid dans le dos ! On dirait qu’elle vous regarde et, pis, il y a toujours ces affreux corbeaux qui tournent autour.

Ses précédents romans :
-L’intrépide petit soldat qui n’était pas de plomb (mon avis)
-Mademoiselle Blanche (mon avis)

Teaser du roman : https://www.youtube.com/watch?v=c7gF4aogVGw

Un grand merci à l’auteure, Rose Marie-Noële Gressier pour la découverte de son dernier roman (son site).

Ernest et Célestine : au fil des saisons de Gabrielle Vincent


Editions Casterman – Imagier 64 pages
Parution le 3 avril 2019

MON AVIS :

Véritable ode aux saisons et aux petits plaisirs de la vie, ce nouvel album des aventures d’Ernest et Célestine souligne la douceur des moments partagés et celle d’une amitié sans cesse renouvelée. Un album doux et délicat, porté par des illustrations d’une grande finesse. Ernest et Célestine ne sont plus à présenter, en revanche, c’est leur joie trouvée dans l’instant présent et la tendresse l’un envers l’autre qui en font des personnages à part. Une invitation à la douceur et à la compréhension de l’autre dans ses envies et ses différences autant que dans son désir de célébrer chaque instant. Un très bel album qui plaira assurément aux petits comme aux plus grands.

Un grand merci aux éditions Casterman pour la découverte de cet album.