Série – The Handmaid’s Tale


Série de Bruce Miller
2 saisons (en cours)
-Saison 1 : 10 épisodes
-Saison 2 : en cours

SYNOPSIS :

Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.

MON AVIS :

1-Du roman à l’écran, une adaptation terrifiante

Adapté du roman de Margaret Atwood – La servante écarlateThe Handmaid’s Tale reprend l’intrigue principale du roman tout en l’étoffant. L’atmosphère pesante et misogyne du récit est ici amplifié par des plans d’une grande intensité visuelle et une bande son oppressante.
Le passage du roman à l’écran s’avère dès lors salutaire. L’univers, davantage développé, prend en effet le temps de s’intéresser à de nombreux personnages et n’axe plus uniquement la réflexion autour du personnage principal, la très remarquée Defred.

2-Charismatique Elisabeth Moss

Defred est en effet incarnée à l’écran par l’impressionnante Elisabeth Moss. Récompensée aux Emmy Award 2017 (meilleure actrice), elle donne réellement vie à son personnage à travers une interprétation sensible et toute en nuance. Charismatique et singulier, son personnage apparait plus courageux que dans le roman et devient une figure humaine, touchante et attachante.
A travers une interprétation réaliste et forte, Elisabeth Moss aura su retranscrire, en quelques regards, toute la complexité de son personnage et l’ampleur de son isolement. Mais si la comédienne illumine l’écran de sa présence changeante, les autres personnages se révèlent également d’une grande intensité. Du Commandant, incarné par Joseph Fiennes, insaisissable et inquiétant, à la très dure mais si humaine Epouse, Serena Joy (Yvonne Strahovski) en passant par le mystérieux Nick (Max Minghella), les personnages sont d’une troublante humanité et incarnent avec conviction toute la complexité des relations humaines.

3-Un conte cruel pour une histoire féministe

Dans un monde où les femmes sont condamnées à servir les leaders d’une société patriarcale, où elles n’ont plus la libre disposition de leurs corps, ni la possibilité de lire, d’écrire ou travailler, La Servante Ecarlate, apparait comme le miroir grossissant des maux de nombreuses sociétés. Dystopie glaçante, faisant du viol une pratique courante sous couvert de traditions (cf la cérémonie), The Handmaid’s Tale peut être vue comme une fable politique horrifique sur le droit des femmes. Une étiquette pourtant simpliste qui s’avère rapidement insuffisante tant les thèmes de la série sont complexes et variés. En effet, le spectateur comprend rapidement que cette société, piégée dans une épuration systématique des individus « nuisibles » ou « inutiles » au système, plonge l’avenir de tous dans l’obscurantisme. Une oeuvre dérangeante, dont l’horreur nous envahit progressivement, entre sidération et interrogation.

4-L’oeil du spectateur au coeur d’une société surveillée

Alternant entre passé et présent, l’oeil du spectateur – guidé par une caméra toujours plus proche de ses personnages – accompagne l’isolement, l’intimité, l’enfermement physique et mental et la soif de liberté de Defred. Le spectateur, témoin impuissant de son agonie, s’avère être également cet oeil silencieux et désarmé qui laisse faire, participant ainsi à la survivance même du système.
Une mise en abîme terrifiante, qui fait prendre conscience de l’importance des petites lâchetés quotidiennes. The handmaid’s Tale est en cela plus qu’une série, elle incarne un discours et une tension, celle qui accompagne les personnages, fait qu’ils se sentent tous surveillés, harcelés et souvent isolés.

5-Une utilisation des couleurs saisissante

En insistant sur le contraste entre les images précédant la mise en place du régime religieux de Gilead, et celles plus ternes du présent, la série met en lumière les différences qui existent entre les perceptions de ses personnages. Un point de vue que souligne intensément le cadrage et l’utilisation du rouge comme couleur principale très stigmatisante pour les servantes.
La mise en scène, précise et travaillée, apporte une structuration mécanique qui fait écho à la hiérarchie de la société pensée par Gilead, tout comme la cruauté de certaines scènes laisse poindre la possibilité d’une révolte et la prise de conscience des personnages.

Une série d’une grande violence psychologique qui rappelle avec force combien la liberté des peuples reste importante dans une société multiple et complexe et combien la différence est en soi une véritable richesse. Une oeuvre à découvrir pour la complexité de son propos et la force de son discours.

Bande annonce

– Mon avis sur le roman – La servante écarlate de Margaret Atwood

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Série – 3 x Manon / Manon, 20 ans


Série de Jean-Xavier de Lestrade
2 saisons (terminée) – Arte (Facebook/site)
Sortie DVD le 30 mai 2017

-Saison 1 – 3 x Manon : 3 épisodes
-Saison 2 – Manon, 20 ans : 3 épisodes

SYNOPSIS :

3 x Manon :
Le destin de Manon, 15 ans, avant son jugement définitif, après avoir tenté de poignarder sa mère. Durant six mois, la vie de l’adolescente, enfermée dans un centre spécialisé, peut basculer au gré des rencontres. Choisira-t-elle de se repentir ? Ou au contraire se laissera-t-elle happer dans un engrenage infernal ?

Manon, 20 ans :
Dorénavant loin du Centre d’éducation fermé, Manon, âgée aujourd’hui de 20 ans, a un BTS de mécanique en poche et un compagnon. Elle essaie de se conformer à une vie sociale apaisée. Entre le travail et l’amour, Manon espère, fonce, se trompe, réussit, flanche, résiste toujours avec sa force de vie puissante, une violence aussi qui menace de jaillir quand les injustices sont trop fortes…

MON AVIS :

1-Une histoire réaliste

3 x Manon raconte, avec force et humanité, le combat d’une jeune adolescente contre sa propre violence et ses démons intérieurs. Une bataille de tous les instants qui a le mérite de mettre en lumière le travail réalisé en centre éducatif fermé par les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse, les psychologues et les enseignants.
Une histoire réaliste qui évoque, au-delà du mal être adolescent, les liens souvent conflictuels qui se nouent entre eux, le rapport à l’autorité mais surtout l’extrême sensibilité de ces jeunes confrontés à une très grande violence. L’histoire est réaliste, terrible, poignante mais jamais caricaturale. Une recherche de vérité qu’avait déjà mis en lumière François-Xavier de Lestrade dans l’une de ses précédentes oeuvres, Un coupable idéal (à découvrir absolument !).

2-Manon : une interprétation nuancée

Alba Gaïa Bellugi, qui interprète Manon est époustouflante en adolescente révoltée comme en jeune femme qui tente de comprendre les codes du monde qui l’entoure. Avec intelligence et subtilité, sans jamais tomber dans la caricature de l’adolescente révoltée, les deux saisons de la série se complètent pour donner une profondeur au beau personnage de Manon. Toujours sensible, intelligente et percutante, Manon est une insoumise, aux règles et aux injustices.
Alba Gaïa Bellugi est d’un naturel renversant et d’une justesse de tous les instants. Elle n’incarne pas seulement Manon, elle lui donne corps, en fait une jeune femme sensible et entière.

3-Des personnages secondaires travaillés

Les personnages secondaires sont également impressionnants de réalisme : Marina Foïs sublime en mère fusionnelle instable, Alix Poisson plus que convaincante en professeur humaniste et Yannick Choirat, impressionnant en éducateur investit.
De la même façon, les jeunes filles présentes au centre éducatif fermé sont toutes incroyables de réalismes. Toutes ont leur personnalité, leurs pensées et interagissent avec Manon en fonction de leurs propres histoires et de leur regard au monde.
Tous les rôles convergent ainsi vers le visage enfantin au regard intelligent de Manon. De sa violence à ses amitiés, de sa solitude à sa révolte, cette série vaut avant tout pour son interprétation juste et réaliste.

4-Un apprentissage par le dialogue

De la violence physique à la verbalisation orale, Manon aura tout à apprendre et à découvrir. A travers la littérature et le théâtre, c’est en se réappropriant le langage qu’elle pourra se construire et s’incarner en tant que jeune femme unique.
Les dialogues, finement écrits, unissent comme un fil conducteur les deux saisons de cette mini-série. De la verbalisation de la colère à l’insuffisance des mots, 3 x Manon et Manon, 20 ans prouvent que le dialogue est au coeur du processus d’affirmation de soi et du rapport aux autres.

5-Un condensé d’émotions

Mais ce qui donne à cette série une saveur si particulière, c’est bien sûr l’émotion qui se dégage de chaque plan, l’intensité des regards et la justesse des sentiments.
Manon nous ressemble dans ses prises de position, ses attachements, ses rêves et ses désillusions mais en même temps, elle est unique, en ce qu’elle fait ses propres choix, se trompe, dérange, grandit.
Une construction essentiellement basée sur les émotions que ressent la jeune fille, entre tendresse, désillusion et reconstruction, elle en ressortira grandit et notre attachement aussi.

– 3 x Manon : Bande annonce
– Manon, 20 ans : Bande annonce

Je tiens à remercier Arte et Cinétrafic qui m’ont permis de découvrir cette très jolie série.
Retrouvez sur le site de Cinétrafic, d’autres séries (Genre : Série) et les derniers épisodes de séries diffusés.

Série – The leftovers

Série de Damon Lindelof et Tom Perrotta
3 saisons (terminée)

Saison 1 : 10 épisodes
Saison 2 : 10 épisodes
Saison 3 : 8 épisodes

SYNOPSIS :

Du jour au lendemain, un 14 octobre en apparence ordinaire, 2% de la population disparaît mystérieusement de la surface de la terre. Ces gens, de tout âge, se sont évanouis dans la nature, sans explication, laissant leurs proches dans l’angoisse, voire le désespoir.

Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgarde de Mapleton, une petit ville près de New York, mais rien n’est plus comme avant. Personne n’a oublié ce qui s’est passé, ni ceux qui ont disparu. A l’approche des cérémonies de commémoration, le chef de la police locale, Kevin Garvey, est en état d’alerte maximale : des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule comparable à une secte…

MON AVIS :

1-Une narration complexe 

Adaptée du roman de Tom Perrotta, Les disparus de Mapleton, The leftovers est certainement l’une des meilleures séries de ces dernières années. A la fois riche, complexe et recherchée, elle propose en outre une histoire réellement audacieuse.
Parce que c’est avec la perte que tout commence – à mi-chemin entre le deuil et l’attente – The leftovers entrechoque des destins apparemment sans liens entre eux et interroge la réalité de chacun face à l’absence.
Une oeuvre d’une grande force narrative, qui surprend autant qu’elle éblouit, tout en proposant, à travers un thème difficile, de comprendre le mécanisme de la résilience. Une oeuvre qui déroute, surprend mais toujours avec finesse et intelligence.

2-Des personnages lumineux, subtiles et torturés

Si l’histoire de The leftovers interpelle, elle s’incarne véritablement dans ses nombreux personnages, liés par une intrigante quête de vérité. Un apprentissage de la souffrance commune, au-delà du spectre de la vérité qui altère les frontières entre le réel et l’imaginaire. Rarement une oeuvre aura aussi bien compris comment montrer la désintégration et la folie à l’écran. Jouant sur le fil, toujours sincère mais jamais manichéenne, The leftovers surprend grâce à des personnages complexes et attachants. Justin Theroux, véritable révélation de la série (Kevin), que l’on a pu voir auparavant dans Mulholland Drive de David Lynch, face à l’impressionnante Carrie Coon (Nora), dressent chacun le portrait d’un « restant » face à la désintégration de la société – la famille, les repères sociaux, les institutions, les religions etc. Une tâche immense mais qu’ils parviennent à transmettre avec brio, toujours entre émotion et fascination.

3-Une oeuvre sur le deuil et la continuité

Les thèmes évoqués par cette série sont nombreux : le deuil, l’apprentissage de l’absence, les liens que l’on tisse parfois malgré soi, en lien avec la souffrance, le rapport au monde sectaire, l’acceptation et le rejet de l’autre, la frontière entre le réel et l’imaginaire… Pour autant, il ne s’agit pas d’une oeuvre sombre puisque, figée dans un instant de grâce, c’est bien la force des liens et cette capacité sans commune mesure que nous avons d’aimer qui est à l’honneur dans ces trois saisons. Une oeuvre qui évoque également notre rapport au passé, d’abord vu comme une trou béant, et à l’avenir, parfois vaste et funeste. L’idée de rester, d’avancer, de continuer à aimer revêt dès lors une force insoupçonnable, là où la religion et d’autres formes d’organisation – force d’un temps – ne sont plus des réponses suffisantes. The leftovers propose ici sa propre vision de l’absence mais laisse à chaque spectateur le pouvoir de se l’approprier et de la repenser.

4-Une BO envoûtante

Oeuvre du compositeur Max Richter (compositeur de Premier contact, Black mirror ou encore Shutter Island), la bande-originale de The Leftovers est à elle seule un personnage à part entière. Alternant de subtiles notes de piano et des envolées d’orgues et de guitare, la musique donne une résonance particulière à l’oeuvre ; avançant toujours avec délicatesse et finesse jusqu’au coeur du spectateur.

5-Une oeuvre qui gagne en puissance au fil des saisons

Si la première saison a été adaptée du roman de Tom Perrotta, les deux autres saisons s’affranchissent du cadre narratif pour gagner en puissance. Une liberté salutaire pour les auteurs qui, en créant une oeuvre qui dépasse son cadre initial, en font un récit atypique et évanescent, qui gagne en intensité tout en conservant une salutaire liberté. L’oeuvre reste riche et complexe d’une saison à l’autre, à la différence que les personnages nous sont connus et que leur chemin se charge d’une intensité lumineuse, à la frontière du rêve, pour une fin de toute beauté.

Vous l’aurez compris, The leftovers fait partie de mes séries préférées de ces dernières années. Difficile dès lors d’approcher son incroyable complexité sans la trahir ni minimiser son incroyable beauté. N’hésitez plus pour la découvrir, vous ne pourrez qu’être charmés.

Série – The Keepers

Série documentaire de Ryan White – 1 saison (terminée)
Saison 1 : 7 épisodes

SYNOPSIS :

Après le meurtre de Soeur Catherine Cesnik, enseignante à Baltimore dans les années 60, le documentaire revient sur les témoignages de ses anciennes élèves et met à jour les terribles agressions dont ont été victimes de nombreux élèves. Des agressions que souhaitait dénoncer Catherine Cesnik et que révèlent deux anciennes de ses élèves qui ont passé leur vie à rechercher la vérité sur sa mort.

MON AVIS :

1-Une histoire vraie

Ce qui frappe avant toute chose dans cette affaire impressionnante, c’est sa véracité.
Diffusée en 2017, la série documentaire évènement de Netflix, met en lumière un vaste réseau pédophile au coeur de l’Eglise mais également dans l’ensemble de la communauté de Baltimore de l’époque.
Une oeuvre qui fait froid dans le dos, en ce qu’elle revient, à travers des témoignages, nombreux et éprouvants, sur des faits ignobles et terrifiants.
Ainsi, le joli visage de Cathy Cesnik devient-il le fil conducteur de cette affaire hors norme. Icône pieuse de 26 ans, enseignante très appréciée de ses élèves, elle aura marqué par sa gentillesse et la droiture de sa conduite des générations de jeunes filles.
Ce sont d’ailleurs deux de ses anciennes étudiantes, Gemma Hoskins et Abbie Schaub qui décident de mener l’enquête pour tenter d’approcher la vérité et mettre à jour cette face obscure de l’Amérique.

2-Une oeuvre aux implications multiples

Malgré une mise en scène qui ménage volontairement le suspens, The Keepers axe beaucoup son propos sur le travail de recherches colossal de Gemma et Abbie.
Alternant les points de vues, l’histoire prend progressivement de l’ampleur et dévoile, à travers un fait divers sordide, toute la noirceur de l’âme humaine.
De témoignages en témoignages, le spectateur prend conscience de l’étendue de l’affaire et de ses nombreuses implications. Muté d’un établissement à un autre, interné, le prêtre accusé de pratiques pédophiles s’avère rapidement être au coeur d’un réseau plus vaste dans lequel, selon les recherches et les témoignages recueillis, la police, des membres de la communauté de Baltimore, la justice et l’Archevêché sont impliqués ; certains de complicité de pédophilie, d’autres pour avoir cherché à enterrer l’affaire ou faire taire ses victimes.
Un combat qui s’avère personnel mais également judiciaire et légal, puisque certains militants se battent pour tenter de faire allonger le délai de prescription de ce genre de crimes dans le Maryland (Il n’est aujourd’hui possible de dénoncer ces faits que jusqu’à 25 ans, sans tenir compte du refoulement psychologique des victimes). Une démarche demeurée infructueuse pour l’instant.

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3-Une narration percutante

Malgré des cliffhangers parfois très calibrés, le succès de The Keepers tient avant tout grâce à une narration percutante et à des témoignages inédits. Les protagonistes n’hésitent pas à interroger d’anciens membres de la police, à rechercher la famille de Catherine Cesnik et bien sûr les victimes des agressions. Ces témoignages sont forts, difficiles mais toujours livrés avec une grande dignité et beaucoup de courage. Ils font beaucoup dans la compréhension de l’histoire et demeurent essentiels à la bonne appréhension des enjeux de cette affaire.
Même si la narration de cette série aurait pu gagner en fluidité, les témoignages qui nous sont livrés sont tellement forts qu’on ne peut pas y demeurer insensibles.

4-La parole donnée aux victimes

Après le succès de Spotlight, le risque était grand de ne voir en The Keepers qu’une énième affaire sordide, étalée dans son ignominie sadique. Or, la vraie force de cette série documentaire est de redonner une voix aux victimes, de les aider à se rencontrer, de confronter leurs points de vue.
Du premier témoignage anonyme d’une femme – Jane Doe / Mme X – au courage et à la dignité impressionnants, à ceux, nombreux, qui ont suivis, le spectateur est pris en étau dans le combat désespéré de ces femmes en quête de reconstruction.
Une oeuvre qui évoque le cycle des violences, la complexité de la mémoire, le discrédit jeté sur la parole de certaines victimes et le poids des traumatismes.

5-Des thèmes universels

Axé à Baltimore, le meurtre de Catherine Cesnik met rapidement en lumière la disparition d’une autre jeune femme – Joyce Malecki, portée disparue et retrouvée morte dans les mêmes conditions que la jeune religieuse. Le documentaire met également en lumière les nombreux sévices sexuels subis par de nombreuses jeunes filles.
Un documentaire qui met en avant – en plus des démarches entreprises pour changer la loi – les carences qui existent dans nos sociétés pour l’accompagnement des victimes. Aux Etats-Unis, et dans cette affaire plus particulièrement, les victimes déboutées en justice pour cause de prescription, peuvent recevoir une compensation symbolique de l’Eglise elle-même et un accompagnement psychologique… Une pratique qui met en lumière les puissants lobbyings de l’Eglise aux Etats-Unis, l’absence de séparation entre l’Eglise et l’Etat et la carence des institutions et de la société dans l’accompagnement, notamment psychologique, de ses victimes.

Bande annonce

Série – Mr Robot

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Série de Sam esmail – 2 saisons (en cours)
Saison 1 : 10 épisodes
Saison 2 : 12 épisodes
Saison 3 : en cours

SAISON 1 :

Elliot est un jeune programmeur anti-social qui souffre d’un trouble du comportement qui le pousse à croire qu’il ne peut rencontrer des gens qu’en les hackant. Il travaille pour une firme spécialisée dans la cyber-sécurité mais un homme connu sous le nom de Mr Robot l’approche un jour pour faire tomber une compagnie surpuissante qui fait partie de celles qu’il doit justement protéger…

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MON AVIS :

1-Un univers inédit à la télévision

Diffusée sur France 2 à partir du lundi 19 septembre à 22h40, la programmation de cette série atypique a de quoi surprendre. Un pari plutôt risqué pour la chaîne qui montre ainsi qu’elle sait prendre des risques pour conquérir de nouveaux spectateurs, à l’image de ce que fait déjà depuis un certain temps Arte. Véritable plongée dans l’univers des hackers et de la programmation, la série interroge, étonne et bouscule les thèmes jusqu’alors traités par les séries TV. Un format idéal pour ce sujet parfois obscure mais qui s’avère d’une étonnante efficacité scénaristique.

2-Un scénario réaliste

Même si la série prend le parti de traiter son sujet à travers les yeux et l’esprit parfois étonnant d’Elliot, son scénario réaliste et actuel est un atout non négligeable. Une oeuvre réaliste, dans sa façon d’aborder les thèmes mais également dans le comportement de ses personnages qui confère à la série une véritable dimension sociale et humaniste.

3-Plongée dans les méandres d’un esprit dérangé

Mais la vraie force de Mr Robot vient avant tout de ses interprètes, d’une grande justesse. Rami Malek, impressionnant en hacker asocial dérangé mais aussi ses complices dont le très convaincant Christian Slater. Le casting féminin est lui aussi prometteur : Carly Chaikin et Portia Doubleday sont toutes deux très convaincantes dans leurs rôles respectifs. Ainsi, même si les personnages peuvent apparaître de prime abord froids et distants, c’est pour mieux montrer leur étonnante complexité et leur indéfinissable sang-froid. Des personnages forts à l’interprétation clinique qui sauront vous impressionner et vous séduire.

4-Un concept visuel

Si la série peut s’appuyer sur des personnages complexes, elle se démarque également par son concept visuel très audacieux. Si l’aspect visuel de la série peut apparaître sobre et banal de prime abord, c’est pour mieux nous surprendre et faire de ses contours noirs, un écrin ambitieux pour l’esprit de ses personnages. Les aspects visuels de cette série sont en effet variés et multiples, alternant entre des filtres gris et des instants de couleur vives, très intenses et prononcés.

5-L’envoûtant Rami Malek

Enfin, cette série ne serait certainement pas la même sans l’envoûtante interprétation de son acteur principal : Rami Malek. Découvert dans le très beau film indépendant States of Grace, Rami Malek se métamorphose littéralement pour ce rôle. Devenu un être asocial, en perpétuel décalage mais avec une vision très précise et avant-gardiste du futur, le comédien livre une interprétation toute en nuances et en subtilité, à découvrir !

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J’ajoute que la série a été récompensée en 2016 par deux Golden globes – meilleure série dramatique et meilleur acteur dans un second rôle pour Christian Slater.

Série – Peaky Blinders

Peaky Blinders

Série de Steven Knight – 2 saisons (en cours)
Saison 1 : 6 épisodes
Saison 2 : 6 épisodes
Saison 3 : en cours
DVD / Blu-ray (23 mars 2016) – Arte / Facebook

SAISON 1 :

En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-Guerre. Le Parlement s’attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces. La famille Shelby compte parmi les membres les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » par rapport à leur utilisation de lames de rasoir cachées dans leurs casquettes, ils tirent principalement leur argent de paris et de vol. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l’arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville.

SAISON 2 :

Chef incontesté du clan familial, Tommy a décidé de conquérir Londres et de se tailler une place entre deux redoutables rivaux, en guerre l’un contre l’autre : le juif Alfie Solomon et l’Italien Darby Sabini. Son plan, risqué (« son intelligence le tuera », soupire sa tante), consiste à proposer une alliance au premier, en perte de vitesse, contre le second. Mais alors que les Shelby sont réunis au cimetière pour enterrer l’un des leurs, leur pub est incendié. Il s’agit d’un chantage exercé contre Tommy pour l’obliger à exécuter un dissident irlandais.

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MON AVIS – SAISONS 1 et 2

C’est une véritable plongée dans l’Angleterre des années 20 que nous propose le réalisateur, une reconstitution d’époque incroyable, marquée par le retour de la guerre, l’affrontement de bandes rivales sans merci, une reconstitution sublime et l’incroyable interprétation des comédiens.
Une série d’une impressionnante qualité portée par un scénario pensé et réaliste.

1-Un scénario réaliste :

C’est le premier atout de cette série : un scénario écrit, qui nous entraîne de rebondissements en folies meurtrières, entre trahisons et marques d’honneur, au coeur de la famille Shelby. Une histoire réaliste portée par des dialogues d’une grande qualité, pour deux saisons d’une égale qualité : irréprochable.

2-Des comédiens à l’interprétation redoutable :

Entre justesse du ton et nuances des regards, les comédiens s’inscrivent dans la veine d’un cinéma intimiste, résolument tourné vers une approche intérieure. Un casting irréprochable (Cillian Murphy incroyable ! et Tom Hardy pour la saison 2 en tête) La caméra, souvent très proche de leurs visages parvient à capter les regards et les plus petites mimiques prouvant ainsi la véritable aisance des comédiens à se fondre dans leurs personnages avec justesse et charisme.

3-Une reconstitution réussie :

La reconstitution, fine jusqu’au moindre petit détail, participe beaucoup à la qualité de la série qui s’inscrit résolument dans les années 20 industrielles. Les rues sont humides et noires, les costumes élégants ou pauvres, le temps souvent maussade et les visages gris. Une reconstitution fidèle qui nous plonge au coeur de l’après-guerre.

4-Une mise en scène et une photographie de grande qualité:

La mise en scène, intime et proche de ses personnages, nerveuse et maîtrisée, est portée par une photographie sublime. Celle-ci alterne lumière et contraste pour créer une ambiance toute particulière.

5-La musique

Un dernier mot pour la très belle musique de la série : de Nick Cave and the Bad Seeds aux White Stripes en passant par PJ Harvey, la musique créée une atmosphère particulière alternant entre violences de temps plus calmes.

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Vous l’aurez compris, j’ai été conquise par cette série qui est de grande qualité et c’est avec plaisir qu’on retrouve les personnages de la saison 1. Si vous aimez les séries cinématographiquement abouties, Peaky Blinders vous ravira, je ne saurai pour ma part que trop vous la conseiller.

Un grand merci à Cinétrafic et à Arte qui m’ont permis de la découvrir.

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