Série – The Keepers

Série documentaire de Ryan White – 1 saison (terminée)
Saison 1 : 7 épisodes

SYNOPSIS :

Après le meurtre de Soeur Catherine Cesnik, enseignante à Baltimore dans les années 60, le documentaire revient sur les témoignages de ses anciennes élèves et met à jour les terribles agressions dont ont été victimes de nombreux élèves. Des agressions que souhaitait dénoncer Catherine Cesnik et que révèlent deux anciennes de ses élèves qui ont passé leur vie à rechercher la vérité sur sa mort.

MON AVIS :

1-Une histoire vraie

Ce qui frappe avant toute chose dans cette affaire impressionnante, c’est sa véracité.
Diffusée en 2017, la série documentaire évènement de Netflix, met en lumière un vaste réseau pédophile au coeur de l’Eglise mais également dans l’ensemble de la communauté de Baltimore de l’époque.
Une oeuvre qui fait froid dans le dos, en ce qu’elle revient, à travers des témoignages, nombreux et éprouvants, sur des faits ignobles et terrifiants.
Ainsi, le joli visage de Cathy Cesnik devient-il le fil conducteur de cette affaire hors norme. Icône pieuse de 26 ans, enseignante très appréciée de ses élèves, elle aura marqué par sa gentillesse et la droiture de sa conduite des générations de jeunes filles.
Ce sont d’ailleurs deux de ses anciennes étudiantes, Gemma Hoskins et Abbie Schaub qui décident de mener l’enquête pour tenter d’approcher la vérité et mettre à jour cette face obscure de l’Amérique.

2-Une oeuvre aux implications multiples

Malgré une mise en scène qui ménage volontairement le suspens, The Keepers axe beaucoup son propos sur le travail de recherches colossal de Gemma et Abbie.
Alternant les points de vues, l’histoire prend progressivement de l’ampleur et dévoile, à travers un fait divers sordide, toute la noirceur de l’âme humaine.
De témoignages en témoignages, le spectateur prend conscience de l’étendue de l’affaire et de ses nombreuses implications. Muté d’un établissement à un autre, interné, le prêtre accusé de pratiques pédophiles s’avère rapidement être au coeur d’un réseau plus vaste dans lequel, selon les recherches et les témoignages recueillis, la police, des membres de la communauté de Baltimore, la justice et l’Archevêché sont impliqués ; certains de complicité de pédophilie, d’autres pour avoir cherché à enterrer l’affaire ou faire taire ses victimes.
Un combat qui s’avère personnel mais également judiciaire et légal, puisque certains militants se battent pour tenter de faire allonger le délai de prescription de ce genre de crimes dans le Maryland (Il n’est aujourd’hui possible de dénoncer ces faits que jusqu’à 25 ans, sans tenir compte du refoulement psychologique des victimes). Une démarche demeurée infructueuse pour l’instant.

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3-Une narration percutante

Malgré des cliffhangers parfois très calibrés, le succès de The Keepers tient avant tout grâce à une narration percutante et à des témoignages inédits. Les protagonistes n’hésitent pas à interroger d’anciens membres de la police, à rechercher la famille de Catherine Cesnik et bien sûr les victimes des agressions. Ces témoignages sont forts, difficiles mais toujours livrés avec une grande dignité et beaucoup de courage. Ils font beaucoup dans la compréhension de l’histoire et demeurent essentiels à la bonne appréhension des enjeux de cette affaire.
Même si la narration de cette série aurait pu gagner en fluidité, les témoignages qui nous sont livrés sont tellement forts qu’on ne peut pas y demeurer insensibles.

4-La parole donnée aux victimes

Après le succès de Spotlight, le risque était grand de ne voir en The Keepers qu’une énième affaire sordide, étalée dans son ignominie sadique. Or, la vraie force de cette série documentaire est de redonner une voix aux victimes, de les aider à se rencontrer, de confronter leurs points de vue.
Du premier témoignage anonyme d’une femme – Jane Doe / Mme X – au courage et à la dignité impressionnants, à ceux, nombreux, qui ont suivis, le spectateur est pris en étau dans le combat désespéré de ces femmes en quête de reconstruction.
Une oeuvre qui évoque le cycle des violences, la complexité de la mémoire, le discrédit jeté sur la parole de certaines victimes et le poids des traumatismes.

5-Des thèmes universels

Axé à Baltimore, le meurtre de Catherine Cesnik met rapidement en lumière la disparition d’une autre jeune femme – Joyce Malecki, portée disparue et retrouvée morte dans les mêmes conditions que la jeune religieuse. Le documentaire met également en lumière les nombreux sévices sexuels subis par de nombreuses jeunes filles.
Un documentaire qui met en avant – en plus des démarches entreprises pour changer la loi – les carences qui existent dans nos sociétés pour l’accompagnement des victimes. Aux Etats-Unis, et dans cette affaire plus particulièrement, les victimes déboutées en justice pour cause de prescription, peuvent recevoir une compensation symbolique de l’Eglise elle-même et un accompagnement psychologique… Une pratique qui met en lumière les puissants lobbyings de l’Eglise aux Etats-Unis, l’absence de séparation entre l’Eglise et l’Etat et la carence des institutions et de la société dans l’accompagnement, notamment psychologique, de ses victimes.

Bande annonce

Série – Mr Robot

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Série de Sam esmail – 2 saisons (en cours)
Saison 1 : 10 épisodes
Saison 2 : 12 épisodes
Saison 3 : en cours

SAISON 1 :

Elliot est un jeune programmeur anti-social qui souffre d’un trouble du comportement qui le pousse à croire qu’il ne peut rencontrer des gens qu’en les hackant. Il travaille pour une firme spécialisée dans la cyber-sécurité mais un homme connu sous le nom de Mr Robot l’approche un jour pour faire tomber une compagnie surpuissante qui fait partie de celles qu’il doit justement protéger…

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MON AVIS :

1-Un univers inédit à la télévision

Diffusée sur France 2 à partir du lundi 19 septembre à 22h40, la programmation de cette série atypique a de quoi surprendre. Un pari plutôt risqué pour la chaîne qui montre ainsi qu’elle sait prendre des risques pour conquérir de nouveaux spectateurs, à l’image de ce que fait déjà depuis un certain temps Arte. Véritable plongée dans l’univers des hackers et de la programmation, la série interroge, étonne et bouscule les thèmes jusqu’alors traités par les séries TV. Un format idéal pour ce sujet parfois obscure mais qui s’avère d’une étonnante efficacité scénaristique.

2-Un scénario réaliste

Même si la série prend le parti de traiter son sujet à travers les yeux et l’esprit parfois étonnant d’Elliot, son scénario réaliste et actuel est un atout non négligeable. Une oeuvre réaliste, dans sa façon d’aborder les thèmes mais également dans le comportement de ses personnages qui confère à la série une véritable dimension sociale et humaniste.

3-Plongée dans les méandres d’un esprit dérangé

Mais la vraie force de Mr Robot vient avant tout de ses interprètes, d’une grande justesse. Rami Malek, impressionnant en hacker asocial dérangé mais aussi ses complices dont le très convaincant Christian Slater. Le casting féminin est lui aussi prometteur : Carly Chaikin et Portia Doubleday sont toutes deux très convaincantes dans leurs rôles respectifs. Ainsi, même si les personnages peuvent apparaître de prime abord froids et distants, c’est pour mieux montrer leur étonnante complexité et leur indéfinissable sang-froid. Des personnages forts à l’interprétation clinique qui sauront vous impressionner et vous séduire.

4-Un concept visuel

Si la série peut s’appuyer sur des personnages complexes, elle se démarque également par son concept visuel très audacieux. Si l’aspect visuel de la série peut apparaître sobre et banal de prime abord, c’est pour mieux nous surprendre et faire de ses contours noirs, un écrin ambitieux pour l’esprit de ses personnages. Les aspects visuels de cette série sont en effet variés et multiples, alternant entre des filtres gris et des instants de couleur vives, très intenses et prononcés.

5-L’envoûtant Rami Malek

Enfin, cette série ne serait certainement pas la même sans l’envoûtante interprétation de son acteur principal : Rami Malek. Découvert dans le très beau film indépendant States of Grace, Rami Malek se métamorphose littéralement pour ce rôle. Devenu un être asocial, en perpétuel décalage mais avec une vision très précise et avant-gardiste du futur, le comédien livre une interprétation toute en nuances et en subtilité, à découvrir !

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J’ajoute que la série a été récompensée en 2016 par deux Golden globes – meilleure série dramatique et meilleur acteur dans un second rôle pour Christian Slater.

Série – Peaky Blinders

Peaky Blinders

Série de Steven Knight – 2 saisons (en cours)
Saison 1 : 6 épisodes
Saison 2 : 6 épisodes
Saison 3 : en cours
DVD / Blu-ray (23 mars 2016) – Arte / Facebook

SAISON 1 :

En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-Guerre. Le Parlement s’attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces. La famille Shelby compte parmi les membres les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » par rapport à leur utilisation de lames de rasoir cachées dans leurs casquettes, ils tirent principalement leur argent de paris et de vol. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l’arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville.

SAISON 2 :

Chef incontesté du clan familial, Tommy a décidé de conquérir Londres et de se tailler une place entre deux redoutables rivaux, en guerre l’un contre l’autre : le juif Alfie Solomon et l’Italien Darby Sabini. Son plan, risqué (« son intelligence le tuera », soupire sa tante), consiste à proposer une alliance au premier, en perte de vitesse, contre le second. Mais alors que les Shelby sont réunis au cimetière pour enterrer l’un des leurs, leur pub est incendié. Il s’agit d’un chantage exercé contre Tommy pour l’obliger à exécuter un dissident irlandais.

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MON AVIS – SAISONS 1 et 2

C’est une véritable plongée dans l’Angleterre des années 20 que nous propose le réalisateur, une reconstitution d’époque incroyable, marquée par le retour de la guerre, l’affrontement de bandes rivales sans merci, une reconstitution sublime et l’incroyable interprétation des comédiens.
Une série d’une impressionnante qualité portée par un scénario pensé et réaliste.

1-Un scénario réaliste :

C’est le premier atout de cette série : un scénario écrit, qui nous entraîne de rebondissements en folies meurtrières, entre trahisons et marques d’honneur, au coeur de la famille Shelby. Une histoire réaliste portée par des dialogues d’une grande qualité, pour deux saisons d’une égale qualité : irréprochable.

2-Des comédiens à l’interprétation redoutable :

Entre justesse du ton et nuances des regards, les comédiens s’inscrivent dans la veine d’un cinéma intimiste, résolument tourné vers une approche intérieure. Un casting irréprochable (Cillian Murphy incroyable ! et Tom Hardy pour la saison 2 en tête) La caméra, souvent très proche de leurs visages parvient à capter les regards et les plus petites mimiques prouvant ainsi la véritable aisance des comédiens à se fondre dans leurs personnages avec justesse et charisme.

3-Une reconstitution réussie :

La reconstitution, fine jusqu’au moindre petit détail, participe beaucoup à la qualité de la série qui s’inscrit résolument dans les années 20 industrielles. Les rues sont humides et noires, les costumes élégants ou pauvres, le temps souvent maussade et les visages gris. Une reconstitution fidèle qui nous plonge au coeur de l’après-guerre.

4-Une mise en scène et une photographie de grande qualité:

La mise en scène, intime et proche de ses personnages, nerveuse et maîtrisée, est portée par une photographie sublime. Celle-ci alterne lumière et contraste pour créer une ambiance toute particulière.

5-La musique

Un dernier mot pour la très belle musique de la série : de Nick Cave and the Bad Seeds aux White Stripes en passant par PJ Harvey, la musique créée une atmosphère particulière alternant entre violences de temps plus calmes.

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Vous l’aurez compris, j’ai été conquise par cette série qui est de grande qualité et c’est avec plaisir qu’on retrouve les personnages de la saison 1. Si vous aimez les séries cinématographiquement abouties, Peaky Blinders vous ravira, je ne saurai pour ma part que trop vous la conseiller.

Un grand merci à Cinétrafic et à Arte qui m’ont permis de la découvrir.

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