American Gods de Neil Gaiman


Editions J’ai lu – 604 pages
Littérature britannique

Dans le vol qui l’emmène à l’enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur ? Et en quoi consiste réellement le travail qu’il lui propose ? En acceptant finalement d’entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d’un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l’ancien monde et nouvelles idoles profanes de l’Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l’aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde…

MON AVIS :

Oeuvre fantasy, American Gods raconte comment les anciens dieux tentent de survivre face aux nouveaux. De leur arrivée dans le nouveau monde à leur quasi-extinction, de la foi à l’absence de croyances, American Gods dresse le portrait d’une Amérique en proie à la déshérence et à l’absence de repères. Une quête aussi initiatique que symbolique qui interroge sur la puissance des croyances et les nouvelles idoles du monde contemporain.
American Gods est un récit foisonnant, parfois un peu obscur et dense, aux références nombreuses et souvent peu explicites qui nous plonge au coeur des mythes et des légendes créatrices. Une très belle idée de départ que desservent parfois quelques longueurs mais qui s’avère tout de même intéressant, tant du point de vue de l’entretien des mythes que sur l’ambivalence que cultivent les divinités, entités aux desseins parfois obscurs et égoïstes. Une jolie découverte, adaptée depuis en série par Jesse Alexander et Michael Green (2017).

« Tu es des nôtres, répondit le borgne. Tu es aussi oubliée, aussi obscure, aussi privée d’amour que n’importe lequel d’entre nous. Le camps auquel tu appartiens ne fait aucun doute ».


C’est sans importance. Comme disaient les journaux : quand la légende est plus belle que la réalité, il faut imprimer la légende. Ce pays a besoin de légendes, mais même les légendes n’en sont plus convaincues.
-Vous, vous en êtes conscient.
-Je suis un has-been. Personne n’en a rien à foutre de moi.
-Vous êtes un dieu », dit Ombre doucement.

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Les classiques en BD : les fables de La Fontaine de Bruno Heitz


Editions Casterman – 1 tome

« La Cigale et la Fourmi », « Le Corbeau et le Renard », « Le Lièvre et la Tortue »… Autant de fables que les enfants apprennent à l’école depuis des générations.
Cette fois, Bruno Heitz les revisite en bande dessinée. L’occasion de savourer avec un plaisir nouveau, ces textes en vers parfaitement ciselés dans leur version originale.
24 fables, des plus incontournables aux moins connues, pour entrer de plain-pied dans l’imaginaire malicieux de Jean de la Fontaine.

MON AVIS :

A travers les jolies illustrations de l’auteur, Les fables de La Fontaine connaissent une nouvelle jeunesse. Partant de l’histoire de La Fontaine, de la volonté qu’il a eu de critiquer son époque à travers la figure des animaux, Bruno Heitz explique aux plus jeunes l’art de la satire sociale. Une belle initiative joliment mise en images qui permet d’appréhender les principales fables de l’auteur (La cigale et la fourmi, Le chêne et le roseau, le lièvre et la tortue etc.). Les dessins apportent ici un véritable plus puisqu’ils permettent de visualiser des mots et tournures de phrases parfois difficiles en les rendant accessibles aux plus jeunes.
Une belle façon de mieux faire connaitre ces fables, tout à la fois ludique et instructive. A recommander !

Je remercie les éditions Casterman qui m’ont permis de redécouvrir ces fables !

Les fables de la Fontaine en BD1

Quatre soeurs T. 1 – Enid de Malika Ferdjoukh


Editions L’école des Loisirs – 140 pages
Littérature française

Enid doit faire dix-sept pas de l’abribus jusqu’à l’impasse de l’Atlantique qui mène à sa maison, la Vill’Hervé. Un de moins que l’été dernier. La preuve que ses jambes allongent, donc qu’elle a grandi. N’empêche qu’elle est toujours la plus petite des cinq soeurs Verdelaine. Personne ne la croit quand elle dit qu’elle a entendu un fantôme hurler dans le parc et faire de la musique. Ni Charlie, trop occupée à réparer Madame Chaudière pour l’hiver et à arrêter de fumer pour faire des économies. Ni Bettina et ses copines Denise et Béhotéguy, dites DBB (la Division Bête et Bouchée), concentrées sur leur nombril. Ni Geneviève, mobilisée par son propre secret très difficile à préserver. Ni Hortense, plongée dans la rédaction de son journal intime. Ni Tante Lucrèce qui n’écoute qu’Engelbert Humperdinck, son crooner préféré. Ses parents la croiraient peut-être, mais ils sont morts depuis dix-neuf mois et vingt-deux jours.

MON AVIS :

Premier tome de la saga Quatre soeurs, magnifiquement adaptée en BD par Cauti Baur et Malika Ferdjoukh, Enid s’attache à présenter la petite soeur cadette et son caractère très imaginatif. Une première rencontre avec les 5 soeurs de la Vill’Hervé, aussi drôle que riche pour des personnages hauts en couleur. La jeune Enid, espiègle et un peu froussarde, est un joli personnage de roman : toute en naïveté et en tendresse.
Un premier tome très réussi qui plonge le lecteur dans le quotidien très coloré de ces soeurs pas tout à fait comme les autres. A découvrir !

Elle se réveilla cette nuit-là le coeur battant. Ce n’était pas la tempête. Il ne pleuvait pas… mais le vent soufflait assez fort pour agiter le loquet du volet. Etait-ce ce qui l’avait réveillée ? Non… Il y avait un bruit… Un son qu’elle connaissait bien maintenant…
OOOOoooooohhhhhoooooOOOO…
Le fantôme.

Ghostland de Pascal Laugier


Film français-canadien – 1h31

Avec Mylène Farmer, Crystal Reed, Anastasia Phillips et Emilia Jones

Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.

MON AVIS :

Après le très violent Martyrs, Pascal Laugier revient ici au film d’horreur-épouvante et sème une terreur nouvelle faite d’impuissance, d’attente et d’incompréhension.
Une oeuvre dense et rythmée qui nous plonge au coeur de l’horreur et réussit un tour de force narratif très puissant. Porté par des actrices talentueuses, Ghostland joue sur les stéréotypes pour mieux s’en affranchir (la jeune mère de famille qui emménage seule avec ses deux filles, la figure démoniaque de la poupée, des effets de rebondissements réussis) et évoquer des thèmes encore plus sombres que ceux soulevés par la simple peur. En effet, à travers le spectre de l’abus sexuel, du meurtre et de la perte de l’innocence, Pascal Laugier dresse le portrait monstrueux d’une Amérique solitaire et démoniaque où se côtoient des personnalités étranges et sombres.
Audacieux, inattendu et radical, Ghostland plonge le spectateur dans un abîme intime des plus cauchemardesques, faisant de ses personnages des proies fragiles et délicates mais toujours déterminées. Une vraie réussite du genre !

– Bande annonce

Passé sous silence d’Alice Ferney


Editions Babel – 204 pages
Littérature française

Passé sous silence est le récit, en forme de conte historique, d’un événement réel de la seconde moitié du XXe siècle. Les dates, lieux, noms de personnes ont été effacés, mais les choses dites l’ont été et les faits sont authentiques : dans un moment décisif de notre histoire s’affrontent deux visions de l’honneur et du service de l’Etat. Entre la Terre du Sud et le Vieux Pays, une guerre d’indépendance s’éternise. Pour la finir, le Vieux Pays rappelle au pouvoir son chef le plus prestigieux. Une fois investi, le souverain n’agit pas comme on l’attendait. Contre ce pouvoir, un jeune officier mène une conjuration jusqu’à l’attentat.

MON AVIS :

En alternant les points de vue, celui du puissant qui commande la guerre, marqué par la troisième personne du singulier, et celui de l’exécutant pétri d’idéaux qu’incarne un « tu » inquisiteur, Alice Ferney crée un récit riche qui aborde de nombreux thèmes : la force des croyances, la versatilité du pouvoir, le despotisme, la faiblesse des idéaux. Une oeuvre aux multiples facettes qui ne parvient cependant jamais à convaincre le lecteur et s’épuise dans une démonstration un peu stéréotypée. Si l’on peut apprécier la confrontation de points de vue différents et la richesse de l’écriture, l’histoire apparait très vite convenue et le dénouement attendu. Un récit qui évoque l’honneur d’un homme et les convictions d’un soldat confrontées au pouvoir politique et à la rancune particulière d’un chef d’Etat. Un thème qui côtoie la grandeur du sentiment et la force des croyances mais qui ne parvient jamais à réellement passionner le lecteur, spectateur passif de convictions bavardes pour une successions de faits sans réel intérêt. Dommage.

Toi, Paul, tu regardais ce monde en insurrection. Toi encore si loin de te mêler à l’action ! Tu étais le futur héros tragique de ce moment historique. Tu l’ignorais. L’agitation du présent, la fièvre qui montait et que rien n’endiguerait, la rancoeur et l’esprit de vengeance qui se sédimentaient, ne t’avaient pas encore empli de tristesse et de colère. Tu n’avais pas désigné la figure de l’adversaire, ni la nature du dommage que causerait son cynisme.


Le capitaine s’adressait gravement à son sous-officier. J’ai connu ça dans une autre guerre, dit-il. Je les vois courant derrière nos camions… Voulez-vous savoir qui ? Les combattants indigènes qui avaient épousé notre cause. Ils tendaient les bras vers nous pour que nous les aidions à monter. Mais aucune place n’était prévue pur eux. Et je regardais leurs mains, si près des miennes. L’armée évacuait le pays. Nous partions. Nous abandonnions à l’ennemi ceux qui l’avaient combattu avec nous…

Paillette et Lilicorne tomes 1 & 2 de Capucine Lewalle et Bérengère Delaporte

La rentréeL'anniversaire
Editions Casterman – 2 tomes

Tome 1 : La rentrée – C’est le jour de la rentrée, et à l’école, Paillette se fait déjà gronder. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de Lilicorne qui lui confie une graine aux mystérieux pouvoirs magiques.

Tome 2 : L’anniversaire – Paillette est triste : c’est l’anniversaire de Grenadine et elle n’est pas invitée. Même Lilicorne a reçu une invitation ! Mais il en faut plus pour décourager Paillette, bien décidée à participer à la fête…

MON AVIS :

C’est un univers très coloré que nous proposent de découvrir les 2 auteures de ces jolis albums jeunesse. Une rencontre faite de questionnements mais aussi et surtout de solutions qui montrent aux plus petits qu’il est toujours possible d’avancer en étant soi même et en restant optimiste. De jolies valeurs mises en image grâce à de belles illustrations mettant en valeur l’imaginaire de l’enfant. Dès lors, que ce soit parce que l’école recommence ou pour savoir comment être invité à une fête d’anniversaire, les petits lecteurs s’interrogent et comprennent l’importance de rester soi même avant tout et de prendre plaisir dans son rapport à l’autre.
Deux jolies histoires, parfaites pour aborder les thèmes de la différence, du rejet et de l’importance de l’imaginaire. Idéal à partir de 4-5 ans !

Un grand merci aux éditions Casterman pour la découverte de ces deux jolis albums !

Roméo et Juliette de William Shakespeare


Editions Le livre de poche – 182 pages
Littérature britannique

A Vérone, où les Montaigu et les Capulet se vouent une haine ancestrale, Roméo, fils de Montaigu, est amoureux de Rosaline, tandis que Capulet s’apprête à donner une grande fête pour permettre à Juliette, sa fille, de rencontrer le comte Pâris qui l’a demandée en mariage. Parce qu’il croit que Rosaline s’y trouvera, Roméo se rend au bal – et pour Juliette éprouve un coup de foudre aussitôt réciproque. Sous le balcon de la jeune fille, il lui déclare le soir même son amour puis, le lendemain, prie frère Laurent de les marier et de réconcilier leurs familles ennemies. Mais voici que, sur une place de Vérone, Tybalt, cousin de Juliette, provoque Roméo qui refuse de se battre. Mercutio, son ami, dégaine à sa place, mais lorsque Roméo voit Mercutio mortellement frappé par Tybalt, il décide de le venger : Tybalt tombe à son tour, et ce qui était une comédie vire à la tragédie.

MON AVIS :

Classique du théâtre britannique, Roméo et Juliette surprend par la modernité de son ton, la beauté de sa langue et la sonorité de ses phrases. Une oeuvre puissante et tragique qui rend immortels deux êtres nés d’une haine ancestrale, et qui joue beaucoup avec les images, l’ambiguïté de la langue et la force de l’évocation. Les dialogues sont riches et possèdent souvent un sens multiple intelligemment pensé. L’ambivalence des thèmes, la vie et la mort, le bien et le mal, le masculin et le féminin, irrigue l’ensemble du récit et lui offre une dimension universelle. On comprend dès lors pourquoi ce récit traverse les âges et touche encore le lecteur d’aujourd’hui. Une oeuvre puissante et immortelle, ancrée dans une langue plurielle, très joliment mise en valeur par des personnages forts et magnifiquement humains, aimants et faillibles, pour un récit d’une grande puissance narrative.

Viens, douce nuit, viens, amoureuse nuit au front noir,
Donne-moi mon Roméo et quand je mourrai,
Enlève-le et découpe-le en petites étoiles,
Et il rendra si beau le visage des cieux
Que le monde entier s’éprendra de la nuit
Et n’adorera plus le soleil éclatant.


Ô Dieu, mon âme entrevoit quelque mauvais présage.
Maintenant que tu es en bas, il me semble
Que tu es comme un mort au fond d’une tombe.
Ou mon regard se trouble, ou tu as l’air bien pâle.

Bilan – Mai 2018


3 FILMS

– Itinéraire d’un enfant placé de Ketty Rios Palma (2018) – 8/10
Ni juge, ni soumise de Yves Hinant et Jean Libon (2018) – 7/10
– L’odyssée de la vie de Nils Tavernier (2006) – 6,5/10

6 LIVRES

La passe-miroir Tome 3 – La mémoire de Babel de Christelle Dabos (484 pages) – 8/10
L’attentat de Yasmina Khadra (246 pages) – 6,5/10
L’héritage Belton d’Anthony Trollope (488 pages) – 7,5/10
Vos désirs sont désordres de Mako Yoshikawa (318 pages) – 6/10
Quatre soeurs T. 1 – Enid de Malika Ferdjoukh (140 pages) – 7,5/10
La lumière de Bouchka de Rachel Hausfater et Emmanuelle Halgand (44 pages) – 7/10

Total pages : 1720 pages

2 SÉRIES

– Orange is the new black, saison 1 – 7,5/10
– Vikings, saison 1 – 7/10

Vos désirs sont désordres de Mako Yoshikawa


Editions J’ai lu – 318 pages
Littérature américaine

Kiki Takehashi, jeune New-Yorkaise d’origine japonaise, est hantée par Phillip, son premier amour, qui rôde dans sa vie comme un fantôme. Tous les jours, il vient, s’assied à ses côtés et la regarde vivre. Elle, pour sa part, lui parle et l’aime encore ; c’est pourtant un autre homme, Eric, qu’elle s’apprête à épouser. En questionnant sa mère Akiko et sa grand-mère Yukiko, ancienne geisha de Tokyo et experte dans l’art des désirs, Kiki va tenter de se frayer un chemin dans sa propre vie amoureuse.

MON AVIS :

Récit intérieur liant le destin de trois femmes, Vos désirs sont désordres évoque avec langueur, les notions de deuil, de perte d’identité, de désir et d’amour. Des thèmes souvent traités en littérature, ici ravivés par une plume délicate malgré les nombreuses longueurs du récit.
Ainsi et même si certains passages apparaissent très réussis (les apparitions de Phillip, le premier amour de la narratrice disparu de sa vie, en fantôme muet indéchiffrable), d’autres peinent à convaincre (le passage d’un destin à l’autre, le dialogue imaginaire entre la narratrice et sa grand-mère encore inconnue). En alliant les destins de trois générations de femmes, Mako Yoshikawa tisse un lien invisible entre les amours vécus et fantasmés.
Un roman intrigant mais finalement plutôt convenu dans son approche du thème, qui ne parvient jamais totalement à emporter le lecteur vers de nouveaux horizons.

Jamais plus dans ma vie il n’y aura quelqu’un comme Philipp. Il était pour moi ce que Sekiguchi était pour Yukiko, ce que Kenji représentait pour ma mère, et s’il est une chose que m’ont enseigné les histoires que ma mère me racontait le soir, avant que je m’endorme, c’est que, dans ma famille, les femmes ne renoncent jamais. Jamais plus il n’existera quelqu’un comme lui, et il ne me reste, des moments passés ensemble, rien d’autre qu’un fantôme nu qui habite chez moi et dépérit lentement.


Quand décembre viendra, lorsque l’air sera coupant et lumineux, ma grand-mère et moi seront devenues de vieilles amies. Je lui prêterai mon écharpe la plus chaude, et nous traverserons Central Park, bras dessus bras dessous, comme deux écolières.
Obaasama, dirai-je (sans bafouiller désormais, car ce mot coulera comme du beurre sur ma langue), comment as-tu fait pour survivre sans avoir appris à oublier ?


Quand tout est fini, une envie me prend d’aller me blottir dans un coin pour me cacher, comme Phillip semble résolu à le faire, depuis quelques temps, et je réalise soudain que c’est précisément ce que je redoute le plus de son fantôme : qu’il soit là pour m’empêcher de sortir des ombres de mon appartement.


Je vais leur parler d’Eric, mais surtout de Phillip, comment je l’aimais, comment je l’ai perdu et comment je l’ai pleuré pendant plus d’un an. Je leur raconterai qu’il est revenu quelque temps, nu, muet et dépérissant lentement, pour se tapir dans les ombres et les recoins de mon appartement, et puis qu’il s’en est allé.
Je leur dirai que je continue à le guetter, mais qu’un jour, je cesserai de le faire. Je leur dirai que je l’ai déjà laissé partir, avec tristesse, mais sans amertume ni regret, reconnaissante de l’avoir connu et aimé pendant tout ce temps.
Comme l’a fait ma mère avec l’homme qu’elle aimait, et sa mère avant elle.

La lumière de Bouchka de Rachel Hausfater et Emmanuelle Halgand


Editions du mercredi – 1 tome
Album jeunesse

Une petite fille s’enferme toute seule dans le noir de sa colère : son papa n’est jamais là et sa maman, lassée, l’envoie dans sa chambre. Elle n’est plus qu’une petite boule qui pleure, à la merci des ombres et de la nuit. Jusqu’à ce qu’elle retrouve d’elle-même le chemin vers la lumière…

MON AVIS :

Sur le thème des peurs enfantines, Rachel Hausfater et Emmanuelle Halgand tissent un récit imaginaire sombre d’où disparait toute lumière. Exacerbant les peurs de l’enfant et leurs craintes les plus profondes, cet album aborde des thèmes aussi riches que la noirceur de l’imagination, le passage du rire aux larmes et l’espoir retrouvé.
Un album fascinant, porté par des illustrations colorées de toute beauté, qui pourra servir de support aux plus petits pour évoquer la peur du noir et la crainte de l’ombre. Une jolie découverte toute en nuances et en détails, qui évoque cette force que nous possédons tous, de nous sortir des situations les plus obscures par la seule force de notre volonté. Cet album est ainsi un bel hommage à la force dont disposent notamment les plus petits pour repousser les forces obscures qui enserrent l’imagination et les aident à grandir.

Un grand merci à Babelio et aux éditions du mercredi pour la découverte de ce bel album !