Elle n’était pas d’ici de Patrick Poivre d’Arvor

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Editions Albin Michel – 166 pages
Littérature française

« Puisque Solenn a choisi de mettre fin au combat qu’elle menait depuis trois ans contre les démons de sa maladie, je voudrais, comme Patrick, que sa disparition soit un signal d’alarme. J’aimerais que ce livre, écrit dans l’urgence de la douleur, soit un cri vers tous ceux et celles, adolescents ou préadolescents, qui seraient tentés par la terrible impasse du suicide.
La souffrance qui se lit dans ces pages, à travers les lettres reçues, est celle, indicible, de Solenn et de milliers d’autres. C’est celle aussi des parents qui assistent, impuissants, à la destruction de leur enfant.
Si cette souffrance, qui a été la nôtre peut aider tous ceux qui ont été ou vont être confrontés à l’anorexie ou à la boulimie, alors Solenn ne sera pas morte pour rien. »
Véronique Poivre d’Arvor.

MON AVIS :

Avec beaucoup de pudeur mais aussi grâce à la force des mots et cette volonté d’expression qui le caractérise, un père se raconte. Loin du personnage public, des fantasmes qu’il suscite et des critiques acerbes, il s’assied aux pieds de la solitude et parle à celle qu’il attend et appelle.
C’est un très beau récit qu’il nous offre, souvent difficile et délicat quant à son sujet. Entre témoignage, besoin de lui parler et désir d’aider les familles des enfants malades, l’auteur se perd, suivant uniquement le fil de ses pensées, celles qui le mènent à sa fille disparue.
Un amour fou, aux portes de la folie, qui nous permet de comprendre, sans juger, l’adoration d’un père, l’intelligence de son discours et la beauté des mots qu’il adresse à celle qu’il a toujours tenté de toucher avec ses phrases.
Un récit intime, terrible, poignant et nécessaire.

Depuis quelques jours, tout se fendille. Ma tranquille assurance que tu vas revenir ou que simplement tu me regardes écrire en ce moment. La certitude d’être désormais protégé par toi, en toutes choses. Et si possible guidé, parce que j’en ai un sacré besoin pour ne pas être tenté de te rejoindre. Ne me restent que ces vers de Victor Hugo :
« Elle s’en est allée avant que d’être une femme
N’étant qu’un ange encore, le ciel a pris son âme.


Je me suis tellement contenu depuis plus d’un mois qu’il faut bien que le barrage rompe. Aide-moi à colmater les brèches. Je ne serai jamais assez fort tout seul.
A bien regarder tout ce passé qui défile en accéléré, je suis heureux d’avoir pu te dire « je t’aime » dans un livre il y a deux ans. Tant de gens regrettent à vie de n’avoir su le dire à temps à leurs proches. Cette fois-ci, je dis « je t’aime » à une fille qui n’est plus là. Pour la peine, protège-moi et sers-moi, jusqu’au bout d’ange gardien.
Pendant près de vingt ans, tu m’as tant donné. Tu n’étais, hélas, que de passage.
Merci pour tout, Solenn.

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Une réflexion sur “Elle n’était pas d’ici de Patrick Poivre d’Arvor

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