Bilan – Juillet 2018


3 FILMS

Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi (2018) – 6,5/10
Woman at war de Benedikt Erlingsson (2018) – 6,5/10
– Le procès de Viviane Amsalem de Ronit Elkabetz et Shlomi Elkabetz (2014) – 8/10

7 LIVRES

La laisse de Françoise Sagan (190 pages) – 7/10
Les débutantes de J. Courtney Sullivan (544 pages) – 7,5/10
Suivez le guide ! Aventure en forêt de Camille Garoche (20 pages) – 8/10
– Une odeur de gingembre de Oswald Wynd (380 pages) – 7,5/10
– Quatre soeurs T. 2 – Hortense de Malika Ferdjoukh (192 pages) – 8/10
Mon frère de Daniel Pennac (130 pages) – 6/10
– Après le tremblement de terre de Haruki Murakami (158 pages) – 7,5/10

Total pages : 1614 pages

2 SÉRIES

-Gilmore girls : une nouvelle année (saison 8) – 5/10
-The Handmaid’s Tale (saison 2) – 6,5/10

Publicités

Woman at war de Benedikt Erlingsson


Film islandais, ukrainien, français – 1h40
Avec Halldora Geirhardsdottir, Jóhann Sigurðarson et Davíd Thór Jónsson

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

MON AVIS :

Fable écologique burlesque, Woman at war narre le combat d’une militante contre les conséquences d’une industrialisation massive dans son pays. De la préservation des paysages immenses et époustouflants de son Islande natale, à la recherche d’un avenir résolument tourné vers autrui, ce petit film présente de très nombreux atouts, déployés comme autant de thèmes croisés, traités avec humour et sensibilité. Halla fait partie de ses héroïnes entières et peu farouches qui croient sincèrement en la possibilité d’un avenir meilleur et s’engage corps et âme pour lui. Malgré certaines scènes attendues et une narration parfois convenue, Woman at war tient ses promesses et entraine le spectateur aux confins d’une réflexion mêlant arguments écologiques, engagement personnel et vision d’un futur préservé. A découvrir !

– Bande annonce

Mon frère de Daniel Pennac


Editions Gallimard – 130 pages
Littérature française

« Je ne sais rien de mon frère mort si ce n’est que je l’ai aimé. Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j’ai perdu. J’ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J’ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ? »

MON AVIS :

A travers la pièce de Herman Melville, Bartleby le scribe, Daniel Pennac rend un hommage ému et délicat à son frère, (ou peut-être ses frères dont un ressemble étrangement au portrait de Bartleby), tous deux perdus. De cette déchirure, nait l’envie pour l’auteur de se réfugier dans le théâtre, revivre, comme une seconde fois à travers lui et son public. Un récit personnel qui allie souvenirs du frère aimé et instants théâtraux sans toutefois parvenir à parfaitement toucher le lecteur.
Si les témoignages d’amour de Daniel Pennac à son frère sont doux et délicats, les incursions de la pièce de théâtre alourdissent quelque peu le récit et cassent le rythme. On a dès lors du mal à comprendre la relation entre les deux récits : celui du frère regretté et celui de Bartleby, même si l’on comprend, que c’est définitivement à travers l’écriture que Daniel Pennac trouve son salut et une certaine forme de renaissance. Une oeuvre personnelle qui manque peut-être de liant et qui n’apparait pas toujours pertinente.

Tout à fait à la fin, il rêva d’une promenade en péniche. Nous deux, un échiquier, sur les canaux, d’écluse en écluse, à deux kilomètres à l’heure mais le plus loin possible. Il avait étudié les parcours envisageables. J’étais d’accord, enthousiaste même, mais j’ai traîné. J’ai traîné… Comme si j’avais sa vie devant moi.

Suivez le guide ! Aventure en forêt de Camille Garoche


Editions Casterman – tome 4 – 20 pages
Sortie le 20 juin 2018

Le chat Rominagrobis s’est aventuré dans les bois, à la recherche d’un chiot perdu.
Soulève les volets pour découvrir la face cachée de l’histoire, et deviens le complice des animaux de la forêt. Ils réservent au chat bien des surprises…

MON AVIS :

En suivant Rominagrobis dans les bois, le petit chat vantard persuadé d’avoir les sens suffisamment affutés pour retrouver un petit chiot perdu, l’enfant découvre les nombreux trésors cachés dans les recoins des bois et ses très nombreux habitants. Ceux-ci connaissent bien Rominagrobis et s’allient pour l’aider à retrouver son chemin. Une lecture vraiment plaisante pour une découverte souterraine de la forêt qui se fait en soulevant plus de 54 vignettes pré-découpées. Les dessins sont superbes, très doux et poétiques pour une ballade découverte très plaisante en compagnie des nombreux animaux de la forêt ! Depuis ma rencontre avec l’espiègle Rominagrobis, j’ai très envie de découvrir ses autres aventures qui promettent de jolis moments de partage. Un très bel album, doux et coloré, à feuilleter, lire ou parcourir sans retenue !

Un grand merci aux éditions Casterman pour la découverte de ce très bel album jeunesse !

Découvrez les autres tomes de cette série :
Suivez le guide ! (Tome 1)
Suivez le guide ! Promenade au jardin (Tome 2)
Suivez le guide ! La balade dans le quartier (tome 3)

Les débutantes de J. Courtney Sullivan


Editions Le livre de poche – 544 pages

Littérature américaine

Occupant des chambres voisines sur le campus de l’Université féminine de Smith, quatre jeunes filles venues d’horizons très différents font connaissance. Cette rencontre est le début d’une belle et solide amitié entre Celia, écrivaine en devenir élevée dans la foi catholique, Bree, beauté solaire qui se languit de son fiancé, Sally, jeune fille bon chic bon genre qui doit faire face à la disparition de sa mère, et enfin April, féministe radicale et tête brûlée.

MON AVIS :

Récit d’amitié et de partage, Les débutantes est avant tout l’histoire d’une rencontre. Celle de quatre jeunes femmes, étudiantes sur le camps de Smith qui s’éveillent progressivement aux thèmes du féminisme et à ses limites. En suivant leurs destinées, souvent concrètes et singulières, parfois semées d’embûches, le lecteur est plongé dans le quotidien souvent critique et réaliste de quatre femmes très différentes mais nourries des idées féministes issues de leur formation.
Une narration claire et fluide qui comporte des dialogues plutôt réalistes et montrent un réel esprit critique de la part des quatre narratrices. Si la fin m’a semblé plus attendue, l’ensemble du roman fonctionne bien et l’on apprécie de retrouver chacune des héroïnes au fil des pages. Une lecture très plaisante !

Le lendemain, par égard pour Sally, elles posèrent pour les photos, mangèrent du gâteau, dansèrent sous la pluie et se rassemblèrent dans le hall de l’hôtel pour porter un toast au champagne et échanger une tempête de baisers, avant de l’envoyer en lune de miel. Mais les blessures de la nuit précédente étaient encore cuisantes. Leurs adieux furent tendus, et, pour la première fois, elles se sentirent soulagées lorsque ce moment vint.


Plus tard Célia repenserait au week-end du mariage de Sally comme à un commencement, et elle se surprendrait à souhaiter qu’il se soit passé autrement. Si seulement elles avaient trouvé le moyen de changer le début, songeait-elle, peut-être que ce qui s’était passé par la suite ne serait jamais advenu. »

Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi


Film d’animation japonaise – 1 h 42
Editeur : Diaphana (site / Facebook) – sortie DVD le 3 juillet 2018

C’est l’été. Mary vient d’emménager chez sa grand-tante dans le village de Manoir Rouge. Dans la forêt voisine, elle découvre une fleur mystérieuse qui ne fleurit qu’une fois tous les 7 ans. On l’appelle la « fleur de la sorcière ». Pour une nuit seulement, grâce à la fleur, Mary possèdera des pouvoirs magiques et pourra entrer à Endor, l’école la plus renommée dans le monde de la magie, qui s’élève au-dessus du ciel, au-delà des nuages.
Le secret de la fleur de la sorcière se révèlera à elle petit à petit…

MON AVIS :

Conte initiatique et enchanteur, Mary et la fleur de la sorcière allie avec talent, triomphe de l’animation et faste de l’image. Une oeuvre qui touche dans sa naïveté narrative autant que dans son approche délicate d’un thème pourtant maintes fois traité. La sorcellerie apparait ici comme une allégorie délicate du passage de l’enfance à l’âge adulte avec ses nombreuses péripéties et une certaine emphase narrative.
Une oeuvre délicate aux traits simples qu’enrobe une narration, certes déjà vue, mais souvent fluide et féérique. Si Mary n’atteint pas le statut des héroïnes de Miyazaki malgré ses visibles influences, elle n’en reste pas moins un personnage délicat et attachant. Une oeuvre qui aurait cependant mérité de se détacher plus franchement de ses influences pour imposer sa marque propre. Espérons que le réalisateur s’affranchisse, sans renier ses origines, d’un carcan qui pourrait, à terme, s’avérer pesant. Un film d’animation néanmoins sympathique, à découvrir !

Bande annonce

Je remercie Cinétrafic et Diaphana pour la découverte de ce film d’animation.

Si vous le souhaitez, vous pouvez retrouver sur le site de Cinétrafic le meilleur du cinéma en 2018 et une liste de films pour passer un bon moment.

La laisse de Françoise Sagan


Editions Presse Pocket – 190 pages.
Littérature française

Peut-on s’approprier l’objet de son amour, l’emprisonner, le tenir à sa merci ? Vincent étouffe depuis des années auprès de sa femme Laurence, grande bourgeoise fortunée, intelligente sans esprit, belle sans charme, passionnée sans tendresse. Lui est musicien sans ambition mais non sans talent. Seule sa faiblesse lui permet de supporter sa captivité. Mais un jour, sous ses doigts de pianiste, naît une mélodie qui le rend riche et célèbre dans le monde entier. Libre ? Pas pour longtemps, car la geôlière ne lâche pas sa proie…

MON AVIS :

Entre nonchalance de vivre et douceur des jours qui s’égrainent, Françoise Sagan renoue avec une écriture langoureuse et un style délicat. Mais l’apparence d’une écriture fluide et légère contraste rapidement avec le sujet plus hardi du roman : la dépendance affective et financière au sein d’un couple. Sagan s’attache ici à définir les ambiguïtés de la relation amoureuse, ses conséquences matérielles et ses limites affectives. Une oeuvre bien plus profonde qu’elle ne parait de prime abord, aux personnages forts et travaillés. Peut-on vivre sous la dépendance de l’autre ? Comment survivre à l’étouffement et conserver au sein du couple une part de sa nécessaire liberté ? Le souhaite-t-on toujours réellement ? Autant d’interrogations finement amenées par la romancière et qui conduit le lecteur face à l’inévitable remise en cause.
Un roman intelligent et à l’analyse remarquable qui décortique les rapports de la jeune bourgeoisie parisienne avec beaucoup de recul et de finesse. Un très bon moment de lecture !

Grisé par la fermeté de Coriolan et l’obséquiosité subite de « Pas un sou », je m’imaginais tout à coup entrant dans un appartement par moi payé et où m’attendrait une femme dont je partagerai l’existence, au lieu qu’elle s’attribuât totalement la mienne en me jetant par moments, comme des os, des petits bouts de la sienne. D’un autre côté, l’idée de me séparer de Laurence, dès l’instant où j’en avais les moyens, me semblait bien la plus basse de la terre.

Katie says goodbye de Wayne Roberts


Film américain – 1h28
Avec Olivia Cooke, Christopher Abbott et Mireille Enos

Katie, jeune femme du sud ouest américain rêve d’une nouvelle vie à San Francisco. Elle vit ses premiers amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile. Sa ténacité et sa jeunesse seront mis à l’épreuve par ceux qu’elle aime le plus au monde.

MON AVIS :

A travers les yeux d’une comédienne lumineuse, la très impressionnante Olivia Cook, Wayne Roberts dresse le portrait d’une Amérique en proie à ses démons les plus obscurs et à ses passions les plus atroces. Katie fait ici figure d’ange pur. Souillée par la noirceur des hommes, elle reste une image délicate et digne. D’une honnêteté désarmante, elle rejoint dès lors la figure du martyr et interroge, à travers ses yeux expressifs, sur l’humanité et sur le don de soi.
Une oeuvre résolument optimiste que porte l’intense confiance en l’avenir de Katie. Non pas une confiance aveugle et sourde, mais une volonté farouche de s’en sortir et de croire en l’autre.
Un drame très sombre, parfois cruel au point d’en être insoutenable pour une oeuvre riche, intense et bouleversante. A découvrir !

-Bande annonce

Les 100 légendes de la mythologie nordique de Patrick Guelpa


Editions Presses Universitaires de France (PUF) – 122 pages
Littérature française

Entre la vache Audhumla et le loup Fenrir, entre le frêne Yggdrasill et le dragon Fáfnir, les sombres forêts du Nord de l’Europe et les rivages des mers froides sont peuplées d’être merveilleux et fantastiques qui n’en finissent pas de nous fasciner.
Après la mythologie grecque, la mythologie nordique, popularisée par Wagner depuis la fin du XIXe siècle, est celle qui a fourni le matériau mythique le plus important. Ses fables et ses légendes ont été principalement consignées dans des sources littéraires, surtout dans l’Edda de l’Islandais Snorri Sturluson (1178-1241), l’Islande étant le véritable conservatoire des antiquités nordiques.
À partir de 100 mots, Patrick Guelpa nous propose d’aller à la découverte d’un monde enchanté, où se côtoient dieux et déesses, Ódhinn, Thor et Freyja, monstres, valkyries, géants et nains, elfes et fées…

MON AVIS :

A travers un petit lexique des termes mythologiques, Patrick Guelpa donne au lecteur quelques clés de compréhension sur les mythes et légendes de la mythologie nordique. Du Dieu Odin à Loki en passant par le dragon Fafnir et le légendaire Thor, ce petit Que sais-je dresse le portrait de nombreuses légendes et histoires contées à travers les siècles.
Mais si le thème est passionnant et les histoires souvent drôles et étonnantes, on pourra regretter l’aspect très succinct de l’oeuvre et sa narration souvent trop courte. Difficile en effet de se repérer dans les nombreux Dieux qui peuplent les mondes mythologiques nordiques quand on a peu de clés initialement. Une plongée riche mais bien trop courte dans un univers aussi fascinant mais qui laisse souvent le lecteur frustré et en proie aux questionnements.

Un grand merci à Babelio et aux éditions PUF pour la découverte de ce petit Que sais-je ?

Bilan – Juin 2018


2 FILMS

Ghostland de Pascal Laugier (2018) – 7,5/10
Katie says goodbye de Wayne Roberts (2018) – 7/10

6 LIVRES

Roméo et Juliette de William Shakespeare (182 pages) – 7,5/10
Lilicorne et Paillette, tome 1 – La rentrée (28 pages) – 6/10
Lilicorne et Paillette, tome 2 – L’anniversaire (28 pages) – 7/10
Passé sous silence d’Alice Ferney (204 pages) – 4,5/10
American Gods de Neil Gaiman (604 pages) – 7/10
Les 100 légendes de la mythologie nordique de Patrick Guelpa (122 pages) – 6/10

Total pages : 1168 pages

1 BD

Les classiques en BD : les fables de La Fontaine de Bruno Heitz – 6/10

1 SÉRIE

-American Gods, saison 1 – 6,5/10