Bilan – Janvier 2018


6 FILMS

12 jours de Raymond Depardon (2017) – 7/10
Lucky de John Carroll Lynch (2017) – 7/10
I’m not a witch de Rungano Nyoni (2017) – 6,5/10
Star Wars : les derniers Jedi de Rian Johnson (2017) – 7/10
-A Ghost Story de David Lowery (2017) – 7/10
Les heures sombres de Joe Wright (2018) – 6/10

5 LIVRES

-Quand l’ouragan s’apaise de Kathleen E. Woodiwiss (414 pages) – 5,5/10
Fil de fer de Martine Pouchain (216 pages) – 8/10
Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano (218 pages) – 5,5/10
Dans la forêt de Jean Hegland (302 pages) – 8,5/10
L’attrape-coeurs de J.D. Salinger (254 pages) – 6,5/10

Total pages : 1404 pages

1 BD/MANGA

Ces jours qui disparaissent de Timothée Le Boucher – 8/10

4 SÉRIES

-The Crown, saison 2 – 8/10
-Dark, saison 1 – 7/10
-Top of the lake, China Girl, saison 2 – 8/10
-Gilmore girls, saison 4 – 7,5/10

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Les heures sombres de Joe Wright


Film britannique – 2h06
Avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas et Ben Mendelsohn

Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, et dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque.

MON AVIS :

Après Orgueil et Préjugés et Reviens-moi, le dernier film de Joe Wright met en lumière la performance d’acteur de Gary Oldman (et celle non moins impressionnante de ses maquilleurs et costumiers). En incarnant la figure paternelle de Churchill durant les heures sombres qui ont suivi l’invasion d’Hitler en Belgique et en France, Gary Oldman montre une nouvelle facette de son talent.
Les heures sombres montre en effet le visage résolument combatif et optimiste de Churchill, pourtant décrédibilisé par certains de ses conseils, parfois mal aimé et souvent défié.
La conviction d’un homme au service de son pays qui évoque brillamment la dignité, l’esprit politique et les opinions personnelles d’un homme hors du commun.
Mais si le propos et le personnage sont intéressants, la mise en scène s’avère rapidement convenue et sert parfois un propos très nationaliste. Des envolées lyriques posées sur une musique parfois larmoyante en font peut-être une oeuvre maladroite. Un récit classique, convenu, mais qui a le mérite d’évoquer un temps fort de l’histoire britannique et du monde en général.

Bande annonce

L’attrape-coeurs de J.D. Salinger

Editions Pocket – 254 pages
Littérature américaine

Le roman, écrit à la première personne, relate la période où Holden Caulfield, expulsé du collège Pencey Preparatory trois jours avant les vacances de Noël, retourne à la maison familiale, à New-York. Il déambulera en ville avant de devoir annoncer la nouvelle à ses parents.

MON AVIS :

Récit d’une adolescence en perdition, L’attrape-coeurs est le roman d’une jeunesse en recherche de sens et en attente d’un avenir meilleur. Prisonnier d’un carcan institutionnel et sociétal rigide, le jeune Holden apprend progressivement la perte de l’enfance et le passage à l’âge adulte.
L’écriture est soignée et le personnage d’Holden attachant avec ses nombreuses imperfections et ses qualités de coeur.
Un récit tout en nuances et en hésitations, qui évoque avec force cette impression de chute d’un adolescent en perte de repères. Un classique de la littérature américaine des années 50, à l’écriture vraiment marquante. A découvrir.

Finalement, voilà que la môme Sally montait les marches, et je les aies descendues pour aller à sa rencontre. Elle était vachement chouette. Sans blague. Elle avait un manteau noir et une sorte de béret noir. Elle portait presque jamais de coiffure mais ce béret, c’était vraiment joli. Le plus drôle c’est que dès l’instant où je l’ai vue j’ai eu envie de me marier avec elle. Je suis dingue. Je la trouvais même pas tellement sympa et tout d’un coup je me sentais amoureux et je voulais qu’on se marie. Je vous jure, je suis dingue, il faut le reconnaitre.


J’aime Allie. Et j’aime faire ce qu’on fait en ce moment. Etre assis là avec toi à bavarder et réfléchir à des trucs et…
-Allie est mort. Tu dis toujours ça ! Si quelqu’un est mort et au Ciel, alors c’est pas vraiment…
-Je le sais qu’il est mort. Et comment que je le sais. Mais je peux quand même l’aimer, non ? Juste parce que les morts sont morts on s’arrête pas comme ça de les aimer, bon Dieu – spécialement quand ils étaient mille fois plus gentils que ceux qu’on connait qui sont vivants et tout.
La môme Phoebé, elle a rien dit. Quand elle trouve rien à répondre elle dit rien. Pas un mot.
Moi j’ai dit : « Et puis j’aime maintenant. Je veux dire, en ce moment. Etre assis près de toi et faire la convers’ et raconter des… »

Bilan – séries 2017

Coups de coeur : 
-Peaky Blinders (saison 4)
-The Handmaid’s Tale (saison 1)
-Sense 8 (saison 2)
-The Crown (saison 2)
-Big Little lies (saison 1)

Déceptions :
-The OA (saison 1)
-Iron Fist (saison 1)
-Black mirror (saison 1)
-Under the dome (saison 2)
-American Horror Story (saison 6)

Ces jours qui disparaissent de Timothé Le Boucher


BD française – 1 tome

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir.

MON AVIS :

Bande dessinée addictive, Ces jours qui disparaissent nous plonge dans une spirale infernale faite d’incompréhensions, d’attentes et de frustrations. Une recherche identitaire savamment menée qui conduit le lecteur de pages en pages jusqu’à un incroyable dénouement.
Les dessins, plutôt classiques, installent progressivement l’histoire et mettent en place un scénario très bien pensé, vivant et original. Les personnages sont attachants, nuancés et d’une belle humanité. Une très jolie découverte, addictive et étonnante.

I’m not a witch de Rungano Nyoni


Film britannique, français, zambien – 1h34
Avec Margaret Mulubwa, Henry B.J. Phiri et Nancy Mulilo

Shula, 9 ans, est accusée de sorcellerie par les habitants de son village et envoyée dans un camp de sorcières. Entourée de femmes bienveillantes, condamnées comme elle par la superstition des hommes, la fillette se croit frappée d’un sortilège : si elle s’enfuit, elle sera maudite et se transformera en chèvre… Mais la petite Shula préfèrera-t-elle vivre prisonnière comme une sorcière ou libre comme une chèvre ?

MON AVIS :

Conte africain sur le pouvoir des croyances et les conséquences de la superstition, I’m not a witch est le récit d’une jeunesse bafouée qui raconte l’oppression des femmes, leur enfermement et leur soumission aux règles d’une société ancestrale. Un premier film d’une rare puissance narrative qui parvient, entre rêve et réalité, à tisser des liens précieux entre ses héroïnes attachées au sol par de solides rubans blancs et le spectateur, témoin muet de leur avilissement.
I’m not a witch est un récit pur, intense et sans concessions. Une expérience de cinéma aussi subtile qu’inattendue qui parvient, à travers le regard magnétique de sa jeune interprète, à capter l’essentiel des questionnements et de l’absurdité d’un système basé sur l’emprise des hommes sur les femmes, notamment par le biais de croyances mystiques.
Une oeuvre fine et poétique, avec ses plans fixes, ses scènes de violence hors-champs d’une grande puissance d’évocation et ses ellipses subtiles aux accents surréalistes.
Un premier film riche et captivant qui fait entrer sa jeune réalisatrice dans le panthéon des auteures à suivre !

– Bande annonce

Les trois soeurs d’Anton Tchekhov


Editions Babel – Théâtre – 130 pages
Littérature russe

Dans une ville de province, perdue dans l’immense Russie, trois sœurs s’ennuient, mais espèrent : Moscou, le retour de l’enfance, la vraie vie… Tout est encore possible le deuil est fini, la vie attend. La vie s’écroule, sans événement. Les officiers vont et viennent. Tous s’accrochent aux mots, mais les mots tuent ou s’usent. Les trois sœurs n’iront jamais à Moscou. Elles ont tout perdu, même l’espoir de partir. Les Trois Sœurs la plus tchekhovienne des quatre grandes pièces de Tchekhov, a inspiré les plus grands metteurs en scène depuis Stanislavski jusqu’à Pintilié et Krejca. Comment vivre, comment survivre, en ce monde, en Russie et ailleurs ?

MON AVIS :

Pièce théâtrale où se côtoient amitiés multiples, désordres amoureux et attentes familiales, Les trois soeurs met en scène des personnages névrosés en prise avec leurs envies et leurs ambitions désolées. Une multitude de personnages parfois complexes qui auraient peut-être mérité d’être davantage développés, au-delà des ambitions qu’ils incarnent.
En effet, les histoires de ces êtres languissants s’enchainent parfois rapidement et manquent peut-être de profondeur. Les personnages, souvent oisifs, auraient en effet pu être davantage ancrés dans la réalité ou interagir plus efficacement entre eux. Difficile dès lors de s’attacher aux personnages et à leurs espoirs brisés. Une nouvelle lecture de Tchekov qui ne parvient malheureusement pas à me réconcilier avec l’auteur.

IRINA (posant sa tête sur le poitrine d’Olga) Un temps viendra, tout le monde comprendra à quoi ça sert, tout ça, à quoi servent ces souffrances, il n’y aura plus aucun mystère, mais pour l’instant, il faut vivre… il faut travailler, seulement travailler !
Demain, je m’en irai toute seule, je commencerai d’enseigner à l’école, et je donnerai toute ma vie à ceux qui, peut-être en ont besoin.

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano


Editions Eyrolles – 218 pages
Littérature française

Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l’impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts? Tout ce qu’elle veut, c’est retrouver le chemin de la joie et de l’épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l’y aider, elle n’hésite pas longtemps: elle fonce. À travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves…

MON AVIS :

Quête initiatique et roman de développement personnel, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une oscille toujours entre le roman et l’instrument de travail personnel. Un grand succès de librairie qui n’est pas sans rappeler les écrits de Laurent Gounelle.
Une quête du bonheur souvent subjective et aux clés nombreuses qui ne parvient cependant jamais à paraitre tout à fait réaliste. Une oeuvre souvent trop lisse et aux personnages stéréotypés qui parviennent à s’en sortir grâce à leur ténacité et à leur nécessaire bienveillance.
Un brin trop bien pensant, l’ensemble tombe assez vite dans la facilité – même s’il offre à ses lecteurs quelques clés – et ne parvient jamais tout à fait à convaincre. Une lecture à réserver aux amateurs.

Mais ce qui compte le plus, vous l’avez deviné, c’est ce que vous dégagez de l’intérieur. La confiance en soi est votre plus bel atout. Rayonnez et vous serez irrésistible ! C’est en vous remplissant de belles choses que vous serez attirante. Croyez-moi, la bonté et la bienveillance brillent plus que les bijoux les plus beaux !

Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi


Film américain – 2h32
Avec Daisy Ridley, Adam Driver, John Boyega et Oscar Isaac

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de surprenantes révélations sur le passé…

MON AVIS :

Très attendu des fans de la série, le dernier Star Wars reprend les ingrédients qui ont fait le succès des précédents films : du rythme, une narration soignée, des effets spéciaux époustouflants, des personnages charismatiques et une certaine audace des plans. Un bon moment de cinéma rythmé, et d’une grande intensité visuelle.
Une narration hardie portée par un scénario pensé qui renouvelle la licence avec une audace plutôt bien menée. Une ambiance qui rappelle fidèlement les meilleurs moments de la série et des personnages aux liens intrigants qui s’avèrent plutôt intéressants à de nombreux égards. Là où les deux précédents volets (le VI et VII) semblaient appauvrir le genre, ce nouvel opus est plutôt une bonne surprise. Ainsi et malgré quelques défauts, l’ensemble est plutôt bien mené et très rythmé. Un véritable plaisir de cinéma, à découvrir sur grand écran.

Bande annonce