Les miracles du bazar Namiya de Kei Higashino

Editions Actes Sud – 372 pages
Littérature japonaise

En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain. Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé. L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur.

MON AVIS :

Lieu suspendu entre deux mondes, deux générations, deux visions du Japon, le bazar Namiya montre les multiples aspects d’un pays en proie à de profondes contradictions. Des personnages – perdus, en doute – s’y croisent et y nouent des histoires peu communes.
Car quiconque s’adresse au bazar Namiya comprend que d’autres choix et d’autres vies s’offrent à lui. Une idée de départ intéressante, parfois suspendue à une réserve dans l’écriture et une forme de distance respectueuse que l’on retrouve souvent dans la littérature asiatique.
Une oeuvre intéressante, même si ses nombreux personnages, liés entre eux par un espoir indicible, ne resteront pas dans les mémoires. Une lecture néanmoins sympathique.

Quand même, quelle drôle de maison, se dit-il en regardant les murs noircis. Pourquoi ce phénomène paranormal se produisait-il ? Et pourquoi s’étaient-ils trouvés mêlés à cette histoire ?
-Je n’arrive pas à dire ça bien, commença soudain Kohei, mais ce soir, j’ai eu pour la première fois de ma vie l’impression que je servais à quelque chose. Alors que je suis un idiot. »

De cape et de mots de Flore Vesco

Editions Didier jeunesse – 184 pages
Littérature française

Serine, en dépit de la volonté de sa mère, refuse de se marier. Mais pour sortir ses frères de la pauvreté, elle doit agir. Sa décision est prise : elle sera demoiselle de compagnie ! La tâche s’annonce difficile : la reine est capricieuse, antipathique et renvoie ses demoiselles aussi souvent qu’elle change de perruque. Mais Serine ne manque pas d’audace et, tour à tour, par maladresse ou génie, se fait une place. Elle découvre alors la face cachée de la cour : les manigances, l’hypocrisie et les intrigues… et tente de déjouer un complot.

MON AVIS :

Porté par une écriture vive et pétillante, le roman de Flore Vesco apporte un vent de fraîcheur et d’audace bienvenus dans la littérature. Héroïne singulière à plus d’un titre, la jeune Serine fait appel à son inépuisable imagination autant qu’à ses secrètes relations pour déjouer les complots de la cour. Une lecture jeunesse très plaisante, grâce à son espiègle narratrice, mais également grâce à une histoire joliment imagée et des personnages secondaires farfelus. Un premier roman savoureux qui fait la part belle à l’imagination, au pouvoir des mots et à la force des convictions.


La comtesse ne savait plus que faire de cette enfant indépendante, obstinée, sincère jusqu’à l’insolence. Et si charmante que cela offensait les bienséances. Il suffisait à la jeune fille d’entrer dans une pièce pour éteindre tous ceux qui s’y trouvaient. Son père en était très fier, sa mère s’en désolait. Et Serine, heureusement, n’en avait pas le moindre soupçon.

L’audacieux Monsieur Swift de John Boyne

Editions JC Lattès – 416 pages
Littérature irlandaise

Dans un hôtel berlinois, Maurice Swift rencontre par hasard le célèbre romancier Erick Ackerman qui lui confie son lourd passé, et lui permet de devenir l’auteur qu’il a toujours rêvé d’être. Quelques années plus tard, Maurice Swift s’est enfin fait un nom; il a désormais besoin de nouvelles sources d’inspiration.
Peu importe où il trouve ses histoires, à qui elles appartiennent, tant qu’elles contribuent à son ascension vers les sommets. Des histoires qui le rendront célèbre, mais qui le conduiront aussi à mentir, emprunter, voler. Ou pire encore, qui sait ?
Roman troublant des ambitions démesurées, L’audacieux Monsieur Swift raconte combien il est facile d’avoir le monde à ses pieds si l’on est prêt à sacrifier son âme.

MON AVIS :

Puissant et magnétique, le roman de John Boyne explore les contours de la manipulation et les limites de l’ambition. Jusqu’où est prêt à aller Maurice Swift pour devenir écrivain, réaliser son vœu le plus cher, accéder à l’immortalité ?
Autant de thèmes qu’accompagne ici une écriture fluide et percutante. Le personnage de Swift, tour à tour arrogant, viril, intéressé et pathétique, dessine avec brio, les liens les plus intimes, les sentiments les plus inavouables, les intérêts les plus vils. Et pourtant, c’est bien cette force de la représentation et cette plongée sans concession dans l’univers des écrivains qui est la plus réussie. Être maudit et sans imagination, Maurice Swift semble prêt à tout pour exister, même à perdre son âme. Un roman surprenant et d’une grande finesse, notamment dans l’étude de certaines relations humaines. A découvrir.

Je dois vous reconnaître cela : vous savez ce que vous voulez de la vie et vous êtes déterminé à l’obtenir. Peut-être n’étais-je pas si différent de vous quand j’avais votre âge. Même si j’étais plus beau évidemment.
Maurice sourit. « J’ai vu les photos. Oui, vous l’étiez. »
-C’est donc tout ? fit Gore. Etre écrivain, c’est tout ce que vous avez toujours voulu ? Rien d’autre ?

Le miroir égaré de Françoise Sagan

Editions Plon – 226 pages
Littérature française

François et Sybil forment un brillant couple qui évolue avec succès dans le milieu littéraire et théâtral parisien. Leur rencontre avec Mouna va bouleverser leur amour quand François décide de succomber aux avances de Mouna pour la carrière de Sybil. Mais le calcul était faux et cette trahison va bientôt détruire leur amour.

MON AVIS : 

L’écriture de Françoise Sagan sait comme toujours recréer une atmosphère de langueur attentive et de douce mélancolie. Ses personnages évoluent comme souvent, dans un microcosme parisien, sorte d’écrin des sentiments où se font et se défont les couples. Si l’on retrouve la nonchalance bourgeoise qui caractérise si bien les personnages de Sagan et sa grande facilité d’écriture, la narration apparaît cependant répétitive et convenue. Une atmosphère de finitude, d’où émerge des personnages souvent désabusés et comme comblés par un vide qui les dépasse.
Ici, c’est la richesse immédiate et fugace qui s’oppose à celle immatérielle et plus construite des sentiments. Une impression de déjà-vu malheureuse, où se perdent des personnages sans but qui, malgré une écriture fluide, n’en restent pas moins inaccessibles.

Néanmoins, elle n’était plus là. Il avait bien pensé à se tuer, la semaine qui avait suivi sa mort, mais il ne suffit pas pour se tuer d’avoir envie de mourir, il faut aussi ne plus avoir envie de vivre, et ça, c’est très difficile : être assez las de la vie, de chaque côté que l’on se tourne, pour n’avoir plus rien à lui demander.

Bilan mensuel – Juillet et août 2021


9 livres lus / 2748 pages
2 BD



Juillet :
L’été de la sorcière de Kaho Nashiki (168 pages)
Les chutes de Joyce Carol Oates (552 pages)
Instagrammable d’Eliette Abécassis (178 pages)
La fièvre de Sébastien Spitzer (312 pages)
Le cerf-volant de Laetitia Colombiani (206 pages)
Rien n’est noir de Claire Berest (282 pages)

-Bride stories, tomes 10 et 11 de Kaori Moru


Août :
Le miroir égaré de Françoise Sagan (226 pages)
-Travail soigné de Pierre Lemaitre (408 pages)
L’audacieux Monsieur Swift de John Boyne (416 pages)


Préférés du mois :

-Les chutes
-Soul
-L’audacieux Monsieur Swift

« Déceptions » du mois :

-La fièvre
-Le miroir égaré


4 SERIES /  8 FILMS



-Chronique d’un meurtre : l’affaire Toscan du Plantier, saison 1
-American Horror Story, saison 8 – 8/10-American Horror Story, saison 9
-The haunting of Bly manor, saison 1

-Sans un bruit de John Krasinski (2018)
-Soul de Pete Docter et Kemp Powers (2020)
-Disparitions de Roisin Burns (2019)
-Parents de tueurs de Frida Barkfors et Lasse Barkfors (2021)
-Le diable s’habille en Prada de David Frankel (2006) 
-Little children de Todd Field (2008)
-Avengers de Joss Whedon (2012)
-Les indestructibles 2 de Brad Bird (2018)

Rien n’est noir de Claire Berest

Editions Stock – 282 pages
Littérature française

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages ? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien ».
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes.
Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint. Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.

MON AVIS :

C’est un dessin de l’orage, celui de l’amour de Frida Khalo pour Diego Riviera, une passion dévorante, faite de promesses, de détachements, de folies et de couleurs, que nous livre ici Claire Berest. Rien n’est noir est une ode à la passion et à ses nuances, une promesse de beaux lendemains et ses visions d’apocalypse. L’écriture est riche et entière, pleine du rire de Frida, dans lequel perce un peu de cette souffrance qui a toujours été la sienne. On se plait à suivre ses éclats, son rire, son indépendance autant que ses pulsions, ses rages et ses désillusions.
Une vie multicolore, peinte avec beaucoup de délicatesse et de respect pour la femme qu’était Frida Khalo. Une oeuvre foisonnante et colorée, à l’image de sa franche narratrice et de son oeuvre gigantesque. A découvrir.

Frida, elle, préfère être seule pour peindre. Elle, elle aime mieux ne pas en parler. Elle ne peint pas le matin quand ses cheveux sont dénattés, crinière noir nuit indienne, elle ne peint pas en sous-vêtements, ni sans bijoux, elle ne peint pas de grands sujets allégoriques, ni après le sexe.
Elle peint pour s’abriter.
Pour ne pas être seule.


Il y a des blessures qui te changent pour toujours.
Est-ce que j’ai envie d’être changée ? Non, je n’en ai pas envie. Qu’est-ce que je peux y faire ? Je me dis que ces blessures là, tu les incorpores, tu les dissous en toi, comme si tu les mélangeais à tes os.


Frida cherche ses mots, elle veut dire quelque chose d’important, elle se rapproche de Lucienne.
-Le problème c’est que Diego veut être aimé du monde entier et du siècle.
-Et toi, Frida ?
-Moi, je veux être aimée de Diego Riviera.


-Est-ce que tu penses que les couleurs entraînent les conventions Frida, ou l’inverse ?
-Je ne suis pas sûre de te suivre. Je pense, en vérité, que les couleurs échappent aux conventions.

Le cerf-volant de Laetitia Colombiani

Editions Grasset – 206 pages
Littérature française

Après le drame qui a fait basculer sa vie, Léna décide de tout quitter. Elle entreprend un voyage en Inde, au bord du Golfe du Bengale, pour tenter de se reconstruire. Hantée par les fantômes du passé, elle ne connaît de répit qu’à l’aube, lorsqu’elle descend nager dans l’océan indien. Sur la plage encore déserte, elle aperçoit chaque matin une petite fille, seule, qui joue au cerf-volant. Un jour, emportée par le courant, Léna manque de se noyer. La voyant sombrer, la fillette donne l’alerte. Léna est miraculeusement secourue par la Red Brigade, un groupe d’autodéfense féminine, qui s’entraînait tout près. Léna veut remercier l’enfant. Elle découvre que la petite travaille sans relâche dans le restaurant d’un cousin, qui l’a recueillie et l’exploite. Elle n’a jamais été à l’école et s’est murée dans un mutisme complet. Que cache donc son silence ? Et quelle est son histoire ? …
Aidée de Preeti, la jeune cheffe de brigade au caractère explosif, Léna va tenter de percer son secret. Jadis enseignante, elle se met en tête de lui apprendre à lire et à écrire.

MON AVIS : 

Au coeur de l’humanité, Laetitia Colombiani nous invite en Inde, berceau des croyances et de la résurrection. Une étreinte forte et épicée, pour le retour à la vie de sa jeune héroïne. Durement touchée, Léna incarne la force de vivre et le désir de se battre, parfois malgré elle. Une survivante qui s’élève grâce à la solidarité de jeunes femmes rencontrées lors de son voyage en Inde alors qu’elle n’espérait plus rien de la vie.
Comme elle l’avait si justement fait dans La tresse, l’autrice dresse ici le portrait de femmes engagées, liées entre elles par un lien indicible et fort, invisible et essentiel, porté par le souhait de s’élever au-delà de leur condition.
Si on aurait pu espérer une écriture parfois plus directe, la narration emporte le lecteur loin de ces considérations, sur les rives du Gange, dans un pays où règnent la disparité et les inégalités sociales et culturelles. Un aspect plutôt bien traité dans ce récit qui évoque les nombreuses violences faites aux femmes et aux plus démunis, mais aussi l’importance de l’éducation et de la solidarité entre femmes. Une plongée en eaux troubles, d’où jaillit une jolie lumière, douce et solidaire.

Léna, visiblement, n’est rien de tout cela. Que fait-elle seule ici, avec cet air désemparé, cette peine qu’elle semble traîner derrière elle comme une valise trop lourde à porter ?

Un grand merci aux éditions Grasset pour cette découverte.

La fièvre de Sébastien Spitzer

Editions Albin Michel – 312 pages
Littérature française

Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d’un mal fulgurant, un homme s’écroule et meurt. Il est la première victime d’une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.
Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l’homme qui vient de mourir sortait de son établissement. Keathing dirige le journal local. Raciste, proche du Ku Klux Klan, il découvre la fièvre qui sème la terreur et le chaos dans Memphis. Raphael T. Brown est un ancien esclave, qui se bat depuis des années pour que ses habitants reconnaissent son statut d’homme libre. Quand les premiers pillards débarquent, c’est lui qui, le premier, va prendre les armes et défendre cette ville qui ne voulait pas de lui.
Trois personnages exceptionnels. Trois destins révélés par une même tragédie.

MON AVIS :

Le bilan de la fièvre jaune à Memphis à la fin du XIXème siècle est lourd. 5000 personnes sont mortes en quelques jours, dévorées par une chaleur intense, un feu intérieur sans précédent. Un pan d’histoire que raconte ici Sébastien Spitzer alternant éléments historiques et narratifs avec justesse. Une plongée dans le quotidien de vie et de mort d’une communauté souffrant d’un clivage racial et social important. Un évènement fort et intéressant qui ne parvient cependant pas à pleinement convaincre le lecteur. Les personnages auraient en effet mérité d’être davantage fouillés et leurs histoires, multiples, croisées, apparaissent rapidement convenues.
Une oeuvre qui vaut avant tout pour ce fait historique dévastateur et qui, à l’heure de la pandémie de COVID-19, résonne d’une troublante actualité.

La fille jette un dernier regard au beau malade d’hier. Un mouvement incontrôlé remonte son échine, un long frisson venu du fond de son âme traduisant sa valse-hésitation entre deux élans contraires, deux vertus
inconciliables : l’instinct de survie et la compassion.


La peur se nourrit de l’ignorance. Chacun se figure le pire. La vague des rumeurs brise toutes les résistances. Même celle de la raison. Elle entend des bilans qui gonflent à chaque pas. Des voix évoquent onze morts. Quelques pas plus loin, le bilan se porte à trente.

Instagrammable d’Eliette Abécassis

Editions Grasset – 178 pages
Littérature française

« A la terrasse des cafés, seuls ou avec des amis, ils sont sur le qui-vive. À l’affût d’une nouvelle, dans une attente fébrile, constante, ils ont toujours leur téléphone à portée de main. Le soir, ils ne s’endorment pas sans l’avoir consulté, le matin le saisissent avant même d’avoir ouvert l’œil, pour savoir ce qui est arrivé. Mais quoi, au juste ? » 

Dans ces Liaisons dangereuses à l’ère d’Instagram, Éliette Abécassis décrit de façon inédite une génération née au début des années 2000, en proie à la dépendance et la violence induites par les réseaux sociaux. 
Un roman incisif qui sonde notre époque, et tout ce qui, en elle, nous interroge et nous dépasse.

MON AVIS : 

C’est une photographie de notre époque, des dérives associées à une dématérialisation du lien à outrance, de l’existence virtuelle comme seule réalité acceptable que dénonce ici Eliette Abécassis. Un parti pris difficile pour l’autrice puisque de nombreuses thématiques rencontrées dans le livre sont connues et dénoncées. Néanmoins, et malgré l’aspect assez convenu de l’histoire, l’autrice prend la parole pour dénoncer la médiatisation à outrance de nos vies et plus particulièrement de celle des plus jeunes.
Dans un univers virtuel, où la popularité se mesure au nombre d’abonnés et de like, Eliette Abécassis signe une oeuvre dérangeante, une dénonciation directe et sans concession de cette société de l’immédiateté qui piétine souvent, sans en avoir pleinement conscience, les désirs, l’envie, les sentiments et les espoirs d’autrui. L’autrice dépeint ici un monde sans remords, où la réputation virtuelle encourage un certain pouvoir sur l’autre et où l’immédiateté des désirs est exposée à la vindicte populaire. Une oeuvre effrayante malgré des thèmes et un constat tristement connus, qui n’en reste pas moins intéressante.

D’une main, elle lisse ses cheveux, de l’autre elle passe en revue ses stories. Elle scrolle. Mais c’est la dernière fois ; car il faut se dire adieu. Elle ressent comme un regret, quelque chose qui lui murmure tout bas qu’il est trop tôt pour y renoncer. Elle hésite encore, les larmes coulent, elle suffoque. Elle prend une longue inspiration, se penche au-dessus de l’eau. Non, elle ne manque pas de courage, elle se sent prête à accomplir le geste fatidique.


Elle plonge la tête dans son portable et voit défiler les vidéos des scènes qui sont en train de se produire sous ses yeux, Jade qui arrive, qui fait un V avec ses doigts, qui danse dans les bras de Léo. Tout est en double, en boucle, en réel et en virtuel à la fois, en images, et pourtant c’est là, elle ne sait plus à qui se fier dans cette stéréo numérique.



(…), le moment doit être immortalisé sinon il n’existe pas, sinon ils n’existent pas, ces garçons qui crient, ces filles qui dansent, et tous en transe dans la lumière bleue, rouge, blanche, en extase, en communion, au sein de cette cathédrale aux lueurs irréelles, ils sont en prière, guidés par le prêtre.


Je tiens à remercier les éditions Grasset pour ce partenariat.

Bilan mensuel – Juin 2021


7 livres lus / 1928 pages
12 BD


Circé de Madeline Miller (572 pages)
Lettre à toi qui m’aimes de Julia Thévenot (132 pages)
-L’apprenti épouvanteur de Joseph Delaney (276 pages)
L’étrange garçon qui vivait sous les toits de Charlotte Bousquet, Christine Féret-Fleury et Fabien Fernandez (142 pages)
Les Vous de Davide Morosinotto (396 pages)
D’or et d’oreillers de Flore Vesco (234 pages)
Résilience d’Ophélie Winter (176 pages)


-Ne m’oublie pas d’Alix Garin
-Catharsis de Luz
-L’âge d’or tome 2 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil
-Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand, Véronique Grisseaux et Cécile Bidault
-Bride stories, tomes 6, 7, 8 et 9 de Kaori Moru
-Où le regard ne porte pas, tome 2 de Georges Abolin et Olivier Pont
-Nouilles Tchajang de Kyu-sok Choi
-Little tulip de Jérôme Charyn et François Boucq
-Enceinte ! : c’est pas une mince affaire de Mademoiselle Caroline


Préférés du mois :

-Lettre à toi qui m’aimes de Julia Thévenot
-D’or et d’oreillers de Flore Vesco
-Bride stories de Kaori More

« Déception » du mois :

-Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand, Véronique Grisseaux et Cécile Bidault
-Enceinte ! : c’est pas une mince affaire de Mademoiselle Caroline


2 séries :

-Bloodline, saison 2
-Bloodline, saison 3