Le chat qui sniffait de la colle de L. Jackson Braun

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Editions 10/18 – 256 pages
Littérature américaine

Auprès de ses pittoresques amis du pays d’En-Haut, Jim Qwilleran, prêt à savourer une vie paisible de grand luxe, s’est trouvé une nouvelle occupation : le théâtre. Mais Mooseville devient la scène d’une tragédie avec l’assassinat de l’héritier du banquier local. Dans une ville où tout le monde se connaît, la nouvelle fait l’effet d’une bombe. Comment soupçonner son voisin ?
Jim, qui avait promis à ses deux fidèles compagnons, Koko et Yom Yom, de ne plus fourrer son nez dans les enquêtes, a bien du mal à tenir ses engagements…

MON AVIS :

Jim Qwilleran et ses deux siamois sont de retour pour une nouvelle enquête hors du commun. Dans un petit village où tout peut arriver, où les chats prédisent les événements majeurs de la communauté et où se côtoient des personnages souvent hauts en couleur, un assassinat va faire voler en éclat la douce tranquillité du village.
Un récit sympathique, au titre évocateur, qui prête souvent à sourire et nous entraîne dans des spéculations excentriques. Cependant, et malgré le ton enjoué et des personnages sympathiques, le roman s’achève sur le sentiment d’un dénouement (trop) rapide. Une histoire parfois saugrenue qui ne parvient jamais à garder un suspens bienvenu et se termine sur des réponses un peu tirées par les cheveux. Un roman à découvrir, surtout dans sa première partie, pour ses personnages félins inattendus et son écriture toujours vive et dynamique.

-« M’entendez-vous ? Je veux vous parler.
Le ton était moins sévère. Qwilleran reprit ses esprits et reconnu le style persifleur qui passiat pour de la convivialité chez les mâles adultes du compté de Moose.
-Très bien, Brodie, dit-il, dois-je aller au poste de police pour me rendre ou envoyez-vous une voiture avec un agent et des menottes ?
-Restez où vous êtes, j’arrive, répliqua le chef de la police en ajoutant avant de raccrocher brusquement : c’est au sujet de votre chat. »

Challenge au fil des saisons et des pages 2017 : 4/5

Captain Fantastic de Matt Ross

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Film américain – 1h58
Avec Viggo Mortensen, Frank Langella et George Mackay

Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes.
Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

MON AVIS :

Récit d’une utopie où se côtoient nature, culture et éducation méditative, Captain Fantastic offre une vision idéaliste du rapport entre parents et enfants. Une société où chacun trouve sa place, la partage avec les autres, apprend et se cultive tout en faisant corps avec la nature.
Véritable fable des temps moderne, Captain Fantastic tire sa force de ses nuances et de ses doutes. Viggo Mortensen est attachant en père dévoué et sincère et les enfants convaincants en êtres curieux du monde qui les entoure. Même si le sujet reste attendu, l’ensemble fonctionne bien et rend ce film humaniste, au final touchant et attendrissant. Une ode à la tolérance et à la bienveillance, qui prouve qu’un certain idéalisme est possible et que certainement, l’union fait la force.

-Bande annonce

Mademoiselle Blanche de Rose Marie-Noële Gressier

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Editions Samir – 136 pages
Littérature française

Entre le long trajet en voiture, puis le déballage et le rangement de nos effets personnels, cette première journée de vacances s’était révélée épuisante. Ainsi, lorsque je regagnai enfin ma chambre, je n’eus aucun mal à trouver le sommeil. Pourtant ce repos à priori bien mérité fut de bien courte durée…
En effet, je fus brusquement réveillée par des coups sourds et répétés. On aurait dit que quelqu’un cognait à ma porte…

MON AVIS :

Après L’intrépide petit soldat qui n’était pas de plomb, Rose Marie-Noële Gressier nous transporte dans une oeuvre surannée et nous fait remonter le temps dans une ambiance délicieusement inquiétante.
Une amitié entre deux jeunes filles unies par le même rêve, des vacances qui se transforment en rencontre inoubliable et un récit où se côtoient retour dans le passé et univers fantastique. Une oeuvre résolument jeunesse (8-9 ans) mise en valeur par les superbes illustrations de Sophie de La Villefromoit. Une plongée remarquable dans les années 1920, joliment mise en lumière par une écriture franche et dynamique. L’histoire avance en effet rapidement et, malgré quelques répétitions dans le récit et une histoire au final prévisible, parvient à rendre les personnages attachants. Un récit jeunesse qui ravira les plus jeunes, et plus particulièrement les amateurs de récits fantastiques !

Après avoir déposé nos bagages et nous être rafraîchis aux lavabos, nous nous apprêtions à redescendre pour nous restaurer quand je l’ai aperçue pour la première fois… Elle, c’était Blanche.

Je tiens à remercier l’auteure, Rose Marie-Noële Gressier, pour l’envoi de son roman et pour les nombreux moments d’échanges qui l’ont accompagné !

Moi, Daniel Blake de Ken Loach

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Film britannique – 1h41
Avec Avec Dave Johns, Hayley Squires et Dylan McKiernan

Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Katie vont tenter de s’entraider.

MON AVIS :

Cinéaste du réel, Ken Loach livre ici une oeuvre militante, énergique et éminemment touchante. Toujours entre rire et larmes, la palme d’or 2016 prouve combien le cinéma de l’auteur est engagé et investi. Avec une force incroyable, l’auteur place la dignité au coeur du combat de ses personnages et donne la parole à ces oubliés du libéralisme démesuré. Un grand film sur les petites gens au grand coeur, qui ne tombe jamais dans la caricature ou le misérabilisme.
Une oeuvre d’une incroyable force, bouleversante de réalisme et de dignité. Une ode à la solidarité, à la tendresse humaine et à cette force qu’est le don de soi. Ken Loach nous offre ici, sans fard ni effets, un film d’une grande pudeur, un guide vers une humanité insoumise et nécessaire. A découvrir !

– Bande annonce

Orgueil et préjugés de Jane Austen

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Editions Archi-poche – 550 pages
Littérature britannique

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l’arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine. Le sombre Mr Darcv saura-t-il vaincre le mépris d’Elizabeth ? Les soeurs de Mr Binglev parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane ?

MON AVIS :

Que dire de plus sur cette oeuvre maintes fois commentée. Si l’histoire est désormais connue, la magie vient avant tout de l’écriture délicate et enjouée de Jane Austen, alliée à son souci permanent du détail, son esprit vif et sa délicate intelligence. Un portrait de l’époque victorienne, aux personnages travaillés d’une grande richesse intellectuelle et qui se dresse comme un portrait critique de l’époque et des moeurs de ses personnages.
Les personnages centraux, M. Darcy et Elizabeth Bennett sont savamment détaillés et se révèlent, malgré leurs petits défauts, terriblement attachants. Mais les écrits de Jane Austen ne délaissent pas les personnages secondaires qui illustrent, à travers une plume toujours affûtée, les petits travers de l’époque. Les personnages principaux n’en sont par ailleurs pas exempts et prouvent qu’une relation peut parfois nous rendre meilleurs. Une oeuvre à lire et relire.

Elizabeth, qui pensait l’avoir vexé, fut fort étonnée de cette aimable réponse, mais il y avait chez elle un mélange d’espièglerie et de charme qui empêchait ses manières d’être blessantes, et jamais encore une femme n’avait exercé sur Darcy une pareille séduction. « En vérité, pensait-il, sans la vulgarité de sa famille, je courrais quelque danger.

Lecture commune avec La chambre rose et noire et Lectoplum.

Clash de Mohamed Diab

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Film égyptien – 1h37
Avec Nelly Karim, Hani Adel et Tarek Abdel Aziz

Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s’en sortir ?

MON AVIS :

Après Les femmes du bus 678, Mohamed Diab continue de filmer son pays, ses dérives et ses faiblesses. Un regard militant, souvent sans concession, qui témoigne de nombreuses contradictions et de tensions permanentes. Clash s’inscrit dans cette démarche de recherche et de contemplation. Un cinéma de l’enfermement, incroyablement filmé, qui nous plonge au coeur de la tourmente égyptienne de 2013. Les plans, soignés, sont d’une incroyable justesse. Un huis clos cinématographique, filmé avec humanité et, qui témoigne de l’horreur de l’enfermement et de la douleur de l’isolement. Mohamed Diab filme les émeutes comme personne et parvient, à travers des plans d’une grande intensité visuelle, à rendre compte d’un état de suffocation permanente tout en plaçant le spectateur au coeur de l’action. Une véritable mise en abîme qui dépouille les personnages de leurs certitudes et les livre, sans fard, à leur propre humanité.

– Bande annonce

Faire le mort de Stefan Casta

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Editions Thierry Magnier – 260 pages
Littérature suédoise

« Je n’éprouve pas le besoin de pleurer. Ce qui s’est passé ne m’a pas rendu triste. On pleure quand on perd un chat. Mais on ne pleure pas quand nos copains nous trahissent, quand ils nous tabassent, nous humilient, essaient de nous tuer et nous abandonnent dans la forêt. On est blessé. On est en colère. On se relève. On montre qu’on n’accepte pas. On ne peut pas faire autrement. Il faut se venger. Sinon, on coule. » Une randonnée entre copains vire au cauchemar…

MON AVIS :

Avec un thème malheureusement d’actualité, la violence entre adolescents, Stefan Casta construit une oeuvre brute et sans fard. Une virée entre adolescents qui vire au cauchemar et met en exergue les différences qui peuvent exister entre la victime et ses bourreaux, le phénomène d’entrainement du groupe et les conséquences des actes engagés.
Une histoire qui prend le temps d’installer ses personnages dans leur quotidien et nous montre comment se tissent les liens entre les différents protagonistes.
Malheureusement, une fois ces éléments en place, difficile de trouver un réel lien affectif entre les personnages ni de s’attacher réellement à la victime qui reste toujours, à travers une écriture distante, hors de portée. Ainsi, et même si l’acte est terrifiant, l’ensemble peine à convaincre, peut-être à cause d’une écriture plutôt froide et de personnages qui restent inaccessibles.
Un thème qui aurait peut-être mérité un traitement plus nuancé. L’intrigue, par ailleurs, peine à se mettre en place et l’alternance des points de vue ne semble pas toujours utile. Un roman qui ne sera jamais parvenu à me toucher…

L’histoire des coqs de bruyère n’était qu’un détail mais il n’est pas impossible qu’elle ait été le début de quelque chose d’autre.
Peut-être le début de la fin.

Je remercie Babelio et les éditions Thierry Magnier pour la découverte de ce roman et de cet auteur !

Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho

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Film sud-coréen – 1h58
Avec Gong Yoo, Kim Soo-Ahn et Dong-seok Ma

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

MON AVIS :

Thriller spectaculaire où se côtoient film catastrophe et dérives zombiesques, Dernier train pour Busan étonne, surprend, dérange. Un bel équilibre entre le film d’auteur et le blockbuster qui ne cesse de surprendre par son rythme effréné et son évocation intelligente d’une catastrophe humanitaire qui se développe à vive allure. Les enjeux humains sont ici savamment mis en lumière à travers l’image d’un père rédempteur et de sa petite fille angélique. Le film alterne brillamment scène en huis clos suffocantes au rythme soutenu et course poursuite démente, aux effets spéciaux impressionnants. Une métaphore subtile de l’individualisme et de ses dérives qui sert une histoire sombre, d’une vive intelligence qui sait alterner entre humour et désespoir.
Une oeuvre à découvrir, qui sait, comme savent si bien le faire les coréens, renouveler un genre pourtant attendu. Un montage efficace pour un film savamment rythmé. Une oeuvre impressionnante de vigueur et de force !

-Bande annonce

Ahlam de Marc Trévidic

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Editions JC Lattès – 320 pages
Littérature française

Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans « la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous les arts.

Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer.

MON AVIS :

Premier roman de Marc Trévidic, Ahlam rassemble de nombreux thèmes universels : une histoire d’amitié, d’amour, la découverte sensuelle et passionnelle de l’art, la recherche d’une osmose entre l’art et les êtres et puis l’obscurantisme, le processus d’endoctrinement, la violence, la mort…
Une vision très littéraire de ces thèmes qui surprend le lecteur et le transporte aux côtés de personnages engagés, terrifiés et sacrifiés. L’art comme ultime rempart à la barbarie semble ici un argument bien dérisoire. Néanmoins, c’est toute la démarche de l’auteur : démontrer que l’art, sa connaissance et la sensibilité qu’elle nécessite, nous amène à réfléchir avec le coeur et nous ouvre de nouvelles voies désincarnées. Un combat que se livrent les mots qui endoctrinent et ceux qui se transforment en sons et en images avec, en toile de fond, les plus grands sentiments humains : l’amour et la haine comme deux frères qui se côtoient obstinément. Une plongée grave et pure dans les méandres de l’esprit humain, sur un archipel tunisien entré en guerre contre le radicalisme. Un roman documenté, aux personnages intéressants, faillibles et humains. A découvrir.

Il plaisanta. Elle rit, puis, retrouvant soin sérieux, elle lui demanda :
-J’ai eu l’impression que tu me fuyais un peu ces derniers temps. Je veux dire… avant ma maladie. Je crois que j’ai deviné pour quelle raison, et je pense que tu devrais trouver une gentille femme pour s’occuper de toi. Moi, j’ai besoin de ton amitié. Je ne peux pas t’offrir autre chose parce que j’aime Fahrat de tout mon coeur.


Nourdine, depuis quelques mois, avait entamé un travail d’approche. Malgré son impatience de faire partager à Issam sa renaissance dans l’islam véritable, il avait été prudent. Il ne disposait que de sa puissance de conviction, de sa science encore incertaine et de quelques écrits, vidéos et fichiers audio qu’un ami salafiste de Sfax lui mettait sur une clé USB. Il les montrait régulièrement à Issam, qui semblait de plus en plus réceptif.

Bilan – Octobre 2016

bilan-octobre-2016

10 FILMS

– Angel heart d’Alan Parker (1987) – 7/10
– Propriété interdite de Sydney Pollack (1967) – 6,5/10
Relève, histoire d’une création de Thierry Demaizière et Alban Teurlai (2016) – 8/10
The strangers de Na Hong-Jin (2016) – 7.5/10
Divines de Houda Benyamina (2016) – 7.5/10
– Cruising, la chasse de William Friedkin (1980) – 6/10
Comancheria de David Mackenzie (2016) – 7/10
– A cause d’un assassinat de Alan J. Pakula (1974) – 7/10
– Love and friendship de Whit Stillman (2016) – 5,5/10
– Folles de joie de Paolo Virzi (2016) – 7/10

6 LIVRES

Les mains lâchées d’Anaïs Llobet (154 pages) – 7/10
Accès direct à la plage de Jean-Philippe Blondel (118 pages) – 6/10
Chanson douce de Leïla Slimani (228 pages) – 6.5/10
Chaque soir à 11 heures de Malika Ferdjoukh (408 pages) – 6.5/10
Demain de Guillaume Musso (536 pages) – 5,5/10
Ahlam de Marc Trévidic (320 pages) – 7/10

Total pages : 1764 pages

-Challenge Au fil des Saisons et des pages (Fin 20/09/2017)

Quand souffle l’automne… 3/5
Date : du 22 septembre 2016 au 20 décembre 2016

Thèmes pour cette saison :
1. Lire un livre où un animal tient une place importante dans l’histoire
2. Lire un livre où la nature est présente sur la couverture : Les mains lâchées (Anaïs Llobet)
3. Lire un livre de moins de 200 pages : Celui-là est mon frère (Marie Barthelet)
4. JARRE : Tirer au sort un roman qui doit sortir de sa PAL cette année – 1/4 : Chaque soir à 11 heures (Malika Ferdjoukh)
5. Lire un coup de coeur de quelqu’un de son entourage