Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti


Editions Babel – 254 pages

Littérature suédoise

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

MON AVIS :

A travers un titre intriguant, Katarina Mazetti met en scène tour à tour ses personnages comme les deux face d’une même pièce, alternant sans cesse leurs points de vue. De leur rencontre importune, à leur attraction mutuelle en passant par le nécessaire « choc des cultures » entre une jeune veuve citadine amoureuse de culture et un jeune agriculteur amoureux de ses racines et de la nature, l’auteure fait un joli pied de nez aux préjugés tout en dressant le portrait d’un amour complexe et paradoxal.
Mais si les deux jeunes âmes de ce petit roman sont sympathiques, l’ensemble n’en reste pas moins relativement convenu. Une lecture plaisante, grâce à une écriture parfois directe, mais qui ne fait pas de ces deux tourtereaux, des figures attachantes. 

On est allés dans un restaurant et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’on a mangé ou dit. Si, une chose. Quand j’ai voulu payer pour nous deux, elle a dit « Oui merci, je veux bien. C’est mon anniversaire aujourd’hui, j’ai trente-cinq ans. Ca me fera un cadeau. »Pour le coup, j’ai compris deux choses.Elle ne comptait pas avoir d’autres cadeaux.Et j’étais tombé amoureux d’elle.

Hernani de Victor Hugo


Editions Le livre de poche – 224 pages

Théâtre – Littérature française

Bien qu’il soit voué à la vengeance, bien qu’elle soit promise au duc Gomez, Hernani et dona Sol s’aiment. L’intensité de cette passion déchire le cœur du héros. Parce que le père du roi a tué le sien, il se doit d’exécuter son fils ; toutefois, son cœur lui souffle de vivre. Unis et désunis par une femme, les trois hommes doivent choisir entre l’honneur et l’amour. Leur grandeur causera leur chute. Avec ses personnages excessifs, ses multiples intrigues, son mélange de rire et de larmes, Hernani est l’acte de naissance du théâtre romantique.

MON AVIS : 

Connu pour ses récits engagés, Victor Hugo défie ici encore la censure de l’époque avec Hernani. Une oeuvre aux thématiques multiples où se côtoient le désir de vengeance, la soif de pouvoir, la conquête du coeur et la déchéance sociale. Un récit brut aux personnages tourmentés et aux destins brisés. Hugo célèbre ici la quintessence du drame romantique, ses aspirations esthétiques et ses abords romantiques. Une oeuvre riche qui témoigne des nombreux talents de l’auteur, capable d’écrire un plaidoyer contre la peine de mort et de célébrer la puissance de l’amour sous forme théâtrale. Un récit intéressant grâce aux thématiques qu’il développe mais qui, de par sa forme, nécessairement, n’en reste pas moins figé. Une oeuvre importante pour mieux connaître l’auteur mais qui, à travers des personnages au comportement parfois étonnant et une histoire plutôt brève, n’en restera pas une lecture marquante.

HERNANI
Dona Sol, mon amie !
Dites-moi, quand la nuit vous êtes endormie,
Calme, innocente et pure, et qu’un sommeil joyeux
Entrouvre votre bouche et du doigt clôt vos yeux,
Un ange vous dit-il combien vous êtes douce
Au malheureux que tout abandonne et repousse ?

La fourmi rouge d’Emilie Chazerand


Editions Sarbacane – 254 pages

Littérature française

Vania Strudel a 15 ans et :
-Un père taxidermiste qui l’emmène au collège à bord de sa « ouafture »
-Une ennemie jurée, qui est aussi la fille la plus populaire du lycée
-Un œil qui part en vrille, et une vie qui prend à peu près la même direction
Bref, son existence est une succession de vacheries.
Mais un soir, elle reçoit un mail anonyme qui lui explique qu’elle n’est pas une banale « fourmi noire » sans ambition.
Elle serait plutôt du genre « fourmi rouge »

MON AVIS :

Avec des auteurs comme Emilie Chazerand, la littérature jeunesse a encore de beaux jours devant elle. Le récit, drôle, tendre et un peu déluré, pétille autant que son atypique narratrice.
Une oeuvre riche, mouvementée et aux thématiques actuelles qui évoque sans faux semblants la monoparentalité et les familles recomposées, la mixité et le vivre-ensemble, l’acceptation de soi et des défauts des autres comme jolies qualités. Un ton particulièrement appréciable, surtout pour un public jeune, qui, loin d’être infantilisé, est au contraire invité à réfléchir avec bienveillance et réalisme aux conséquences de nos actes. Une lecture drôle et attachante, à l’image de son personnage principal, souvent jovial et toujours imparfait. A découvrir, surtout si vous aimez les récits joliment écris.

Mais là, c’est la réalité. Je me suis. Cassé. Une dent.
Et pas la plus discrète, planquée derrière les autres en bonne cancre dentaire. Pas une dont on se fout un peu qu’elle soit cariée, fendue ou toute noire ! Non : l’incisive centrale. L’élite buccale, le général de l’armée du fluor. Celle qui fait votre fierté lorsqu’elle est bien blanche et carrée… et qui vous donne des airs de clodo si elle se barre.

A l’est d’Eden de John Steinbeck


Editions Le livre de poche – 632 pages

Littérature américaine

Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam, épris de calme. Charles, son demi-frère, dur et violent, Cathy, la femme d’Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, ses enfants les jumeaux Caleb et Aaron. En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l’auteur nous raconte l’histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.

MON AVIS :

Oeuvre fleuve, multigénérationnelle, A l’est d’Eden évoque la transmission, la révolte, la perte de repères, la notion – toujours subtile – de bien et de mal. Ici, l’Homme apparaît dans toute sa beauté, entre faiblesses, petitesse et force. Chaque personnage est travaillé avec subtilité et revêt les nombreuses nuances de l’âme. De leurs liens entremêlés, John Steinbeck dresse avec tendresse le portrait de son pays d’enfance, de ses vallées rudes et de ses authentiques habitants. A travers une écriture précise, fluide et délicate, il peint avec ferveur les portraits d’hommes et de femmes atypiques, jamais tout à fait mauvais et toujours imparfaits. Et ce sont bien ces failles qui font de cette oeuvre un récit réussi. A tout point de vue, l’essence et la force du récit nous transportent aux portes des sentiments humains et nous accompagnent vers notre propre introspection. A découvrir.

Peut-être avons-nous tous un marais secret où le mal germe et prolifère. Mais les berges en sont glissantes et nos virus nageurs ne les gravissent que pour mieux retomber. Ne se pourrait-il pas que chez certains êtres le mal acquière suffisamment de force pour s’échapper ? Ne serait-ce pas là l’explication du monstre ? Et ne sommes-nous pas ses parents par le marais que nous avons en commun avec lui ? Il serait absurde de ne pas admettre les anges et les démons, puisque nous les avons inventés.


Il y a une chose que je ne comprends pas. Il y a une ombre sur cette vallée. Je ne sais pas de quoi elle se compose mais je la sens. Quelquefois, alors que la clarté du jour est aveuglante, je sens cette ombre passer et envelopper le soleil et elle aspire toute la lumière comme une éponge.


-Non, ce serait inutile car il te manque quelque chose. Certaines personnes ne peuvent pas voir la couleur verte, et peut-être ne sauront-elles jamais qu’elle existe. Tu n’es pas un être humain complet, je n’y puis rien. Mais je me demande s’il t’arrive de sentir qu’il y a quelque chose d’invisible autour de toi. Ce serait horrible si tu savais que cela existe et que tu ne puisses pas l’atteindre, ce serait vraiment horrible.

Territoires d’Olivier Norek


Editions Albin Michel – 400 pages

Littérature française

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé…
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

MON AVIS :

C’est une plongée dans les cités de Seine-Saint-Denis et leurs liens avec le politique que nous propose de découvrir Olivier Norek dans ce nouvel opus des aventures de Victor Coste et de son équipe. Une écriture rythmée et des évènements qui s’enchaînent à un rythme effréné pour une oeuvre riche et percutante. Si les faits sont souvent sordides, réalistes et d’une grande violence, les personnages contrastés et travaillés de l’auteur invitent à la nuance. A travers une touche d’humour noir, l’ancien lieutenant de police à la SDPJ93, confirme son talent d’orateur et nous invite à découvrir la suite des aventures de son capitaine.
Un très bon moment de lecture, à découvrir.

-On n’a pas encore le résultat des empreintes. Il est connu au Groupe crime 2 comme au GRB. Mais, coup de chance, ça a matché chez le capitaine Sylvan.
-Aux Stups ? Et ?
-Et c’est la merde. On ne m’en a pas dit plus, mais ça bouge dans les bureaux. Réunion en urgence. Rapplique au plus vite, t’es déjà en retard.
Comme supposé, l’arbre qui cache la forêt. Coste aimait bien avoir raison, même si la plupart du temps ça pouvait flinguer ses journées.

Code 93 d’Olivier Norek (tome 1)

La loi du rêveur de Daniel Pennac


Editions Gallimard – 167 pages
Littérature française

L’ampoule du projecteur a explosé en plein Fellini. Minne et moi regardions Amarcord du fond de notre lit. ? Ah ! Non ! Merde ! J’ai flanqué une chaise sur une table et je suis monté à l’assaut pour changer l’ampoule carbonisée. Explosion sourde, la maison s’est éteinte, je me suis cassé la figure avec mon échafaudage et ne me suis pas relevé. Ma femme m’a vu mort au pied du lit conjugal. De mon côté je revivais ma vie. Il paraît que c’est fréquent. Mais elle ne se déroulait pas exactement comme je l’avais vécue.

MON AVIS :

Entre rêve et réalité, Daniel Pennac entraîne le lecteur dans les méandres de son imagination fertile. De l’enfance à l’âge mature, il déroule le fil rouge de ses rêves personnels pour en faire une matière brute, base sensorielle de son roman.
Une oeuvre plutôt originale dans son approche du rêve, hommage à Fellini et à son libro dei sogni, La loi du rêveur se joue des coïncidences, des attentes, des espoirs. Une oeuvre à l’écriture fluide qui peine cependant à convaincre totalement. L’aspect peut-être un brin décousu du roman ou son très court contenu, en font une oeuvre sympathique, sans pourtant marquer durablement ses lecteurs. Dommage.

-Alors, qu’est-ce qu’il raconte, ce nouveau Kamo ?
-Tu sais, cette inondation de lumière, quand on était gosses…
Non, Louis ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne se souvenait pas de mon premier rêve homologué. Parmi nos innombrables discussions nocturnes, cette histoire de lumière liquide ne lui disait plus rien. En revanche, il se rappelait l’allusion de ma mère à Fellini quand elle m’avait recommandé de noter mes rêves.

Bilan – Septembre 2020

1 FILM :

-Le nouveau stagiaire de Nancy Meyers (2015) – 6,5/10

7 LIVRES :

Bordeterre de Julia Thévenot (524 pages) – 6,5/10
-Jack et la sorcière de la mer de Fiona MacLeod (42 pages) – 6/10
-Le cimetière des mots doux d’Agnès Ledig et Frédéric Pillot (36 pages) – 7/10
Le chien des Baskerville d’Arthur Conan Doyle (331 pages) – 7,5/10
-Barbe verte de Guillaume Guéraud et Renaud Farace (64 pages) – 7/10
L’institut de Stephen King (601 pages) – 7/10
-Maria Montessori, changer l’école de Jacqueline Aymeries et Jean-Eric Perrin (64 pages) – 7/10

Total : 1662 pages

 4 BD/albums

Amitié, tout ce qui nous lie de Heike Faller et Valerio Vidali – 8/10
-Chi, une vie de chat – tome 1 de Konami Kanata – 6/10
-Le loup en slip de Wilfrid Lupano, Mayana Itoïz et Paul Cauuet – 8/10
-Le loup en slip, tome 3 – slip hip hip de Wilfrid Lupano, Mayana Itoïz et Paul Cauuet – 7/10

 2 SERIES :

-Battlestar Galactica, saison 3 – 8/10
-Battlestar Galactica, saison 4 – 8,5/10

Beauté fatale, les nouveaux visages d’une aliénation féminine de Mona Chollet


Editions Zones – 236 pages

Littérature suisse

La « tyrannie du look » affirme aujourd’hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté » travaillent à entretenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au coeur de la sphère culturelle. Le corps féminin est sommé de devenir un produit, de se perfectionner pour mieux se vendre. Un esprit absent dans un corps-objet : tel est l’idéal féminin contemporain.

MON AVIS :

Essai féministe et récit engagé, l’oeuvre de Mona Chollet témoigne de l’influence de l’image et de la représentation féminine dans nos sociétés actuelles et montre l’importance de l’emprise des stéréotypes sur le comportement des femmes et leur approche de leurs corps. Elle met également en lumière les messages de certains « faiseurs de mode ».
Si le discours n’est pas nouveau, il a le mérite d’être étayé par de nombreuses recherches et de citer convenablement ses sources. Si certaines affirmations peuvent sembler appuyées, le récit de Mona Chollet n’est jamais aussi vivant que quand elle donne des illustrations de ce discours dominant. Des abus vécus par de nombreuses femmes, à l’image que renvoient certaines lignes éditoriales ou créateurs de mode, Mona Chollet montre que les stéréotypes de la féminité ont encore de beaux jours devant eux.
Une plongée plutôt effrayante dans les méandres de nos sociétés civilisées, à méditer.

Mais c’est une chose d’avoir la tête encombrée d’informations et de désirs déposés là par l’industrie de la mode ou de la beauté. C’en est une autre de faire de ce conditionnement sa raison sociale, de se mettre de bonne grâce au service d’intérêts commerciaux, d’accepter de laisser son pouvoir d’achat résumer sa personnalité, de contribuer avec enthousiasme à son propre enfermement ; enfermement dans une idée pitoyable de soi-même et dans un éventail de préoccupations aussi étroit qu’abrutissant.


Le corps est le dernier lieu où peuvent s’exprimer la phobie et la négation de la puissance des femmes, le refus de leur accession au statut de sujets à part entière ; ce qui explique peut-être l’acharnement sans bornes dont il fait l’objet. Quels que soient ses efforts pour se faire toute petite, une femme prend toujours trop de place. « Dans ce métier, dit un mannequin dans Picture Me, les gens parlent toujours de vous comme si vous n’étiez pas là, et on entend dire des choses comme : »Dommage qu’elle ait de si grosses fesses, sinon elle aurait pu porter cette robe. » »


Non, décidément, « il n’y a pas de mal à vouloir être belle. » Mais il serait peut-être temps de reconnaître qu’il n’y a aucun mal non plus à vouloir être.

L’Institut de Stephen King


Editions Albin Michel – 601 pages
Littérature américaine

Au coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques.
Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?

MON AVIS :

Thriller humaniste, L’Institut interroge sur la notion d’humanité autant que sur les conséquences de l’enfermement et la définition du bien commun. Une plongée dans l’univers fantastique du maître du genre qui n’est pas sans rappeler certaines de ses plus grandes oeuvres. Du groupe d’enfants surdoués, aux pouvoirs innés, à l’enfermement et à leur exploitation, L’Institut rappelle combien les préoccupations de King peuvent être récurrentes. Malgré une écriture précise et d’une grande maîtrise, des personnages intéressants, L’Institut ne parvient jamais à convaincre totalement. Une lecture plaisante, aux personnages bien dépeints mais qui s’essouffle régulièrement et souffre de quelques longueurs. 

Luke n’avait jamais rencontré d’adulte impitoyable. Jusqu’à aujourd’hui. Une constatation effrayante. Son premier réflexe fut de la rejeter en la qualifiant de ridicule. Il l’étouffa dans l’oeuf. Mieux valait se dire qu’il avait mené une existence protégée. Il était préférable – et plus sûr – de croire que Mme Sigsby était ce qu’il croyait qu’elle était, jusqu’à preuve du contraire. La situation était grave, cela ne faisait aucun doute. Se mentir à soi-même serait peut-être la plus grosse erreur qu’il pouvait commettre.


Il est parti, fiston.
-Pour les prévenir, peut-être, dit Luke en enfonçant son doigts dans sa boîte de Coca vide. Mais je ne les laisserai pas m’emmener. J’ai cru mourir là-bas.
-Où ça, demande Tim.
-A l’Institut.
-Commence par le commencement, dit Wendy.
Ce qu’il fit.