Aromantic (love) story de Haruka Ono


Editions Akata – tome 1

Futaba Kiryû, 32 ans, est autrice de mangas. Ce qu’elle adore par-dessus tout, c’est dessiner des shônen bien sociaux ! Le problème, c’est que ce genre ne marche plus du tout… Du coup, pour essayer de vraiment lancer sa carrière, son éditeur lui propose (impose ?) de s’essayer à un autre genre de shônen : le harem manga ! Gros hic : elle déteste ça, et surtout… elle ne s’intéresse pas du tout à l’amour. Bien malgré elle et agacée par l’injonction sociale qui impose aux femmes d’être forcément amoureuses, elle entame l’écriture d’un shônen manga romantique. Contre toute attente, le succès est immédiat, et la voilà condamnée à continuer de dessiner une série à laquelle, elle-même, elle ne comprend rien…

MON AVIS :

C’est un sujet plutôt nouveau qu’aborde le premier tome de ce manga audacieux : la vie et la vision très féministe d’une jeune mangaka sur la production de manga dans l’industrie japonaise ou comment, malgré ses convictions, cette jeune autrice est obligée de s’adapter à la demande de son public.
Une réflexion intéressante sur les préjugés de la société et les attentes parfois déroutantes d’une majorité de lecteurs. Au-delà de cette thématique, l’utilisation du triangle amoureux est quant à lui plus convenu et n’apporte pas de relief réel à l’histoire. Un sujet initial très intrigant, porté par des dessins très réussis, mais qui se perd un peu dans l’utilisation attendue du triangle amoureux et de quelques clichés..

Un grand merci à Babelio et aux éditions Akata pour la découverte de ce manga !

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Croc-Blanc de Jack London


Editions Fontaine – 254 pages
Littérature américaine

Fils d’une louve et d’un chien de traîneau, Croc-Blanc connaît bien la loi du Grand Nord : manger ou être mangé.
Sa rencontre avec les hommes, ces dieux faiseurs de feu sera décisive. Sous l’autorité de son premier maître, il devient chien de traîneau. Mais un autre maître, sanguinaire et brutal, l’engage dans de cruels combats et réveille sa sauvagerie. De l’instinct du loup ou de celui du chien, lequel l’emportera ?

MON AVIS :

Récit d’aventure où se côtoient le monde sauvage et la civilisation des hommes, Croc-Blanc montre toute la force de la nature et la cruauté de ses habitants. De son enfance dans le Wild, à sa rencontre avec les hommes (les Dieux comme il les nomme), Croc-Blanc n’aura de cesse de découvrir la cruauté et la violence des préjugés et celle plus bestiale encore de la nature.
Une plongée sombre et sans concessions dans l’univers très sauvage du grand Nord mais aussi dans celui d’un monde dit « civilisé ». Une oeuvre au service de l’intelligence animale qui met en lumière, à travers une écriture plutôt fluide, la force du loup et sa belle capacité d’adaptation.
Une oeuvre riche malgré quelques longueurs et des passages très durs qui marque un univers sombre et multiple, à l’image de ce loup, prisonnier de ses sentiments sauvages et d’une certaine idée de la civilisation.

Après s’être agitée pendant un long moment, la louve s’immobilisa, leva son museau et commença à hurler. Alors, l’un après l’autre, les loups s’assirent sur leur arrière-train, pointèrent leur museau vers le ciel et joignirent aux siens leurs terribles hurlements de faim et de détresse.


C’était la première fois qu’il voyait des hommes, mais d’une manière confuse, inexplicable, il sentit qu’il les connaissait. Pendant des siècles, les prunelles de braise de ses ancêtres avaient dansé autour des feux de camps allumés dans la nuit du Grand Nord par les animaux à deux pattes. Des générations et des générations de loups avaient su avant lui que les créatures humaines étaient différentes, et incomparablement plus puissantes que les autres créatures du Wild.

Mon feel good book de Françoize Boucher


Editions Casterman – 120 pages
Littérature française

Dans ce joli petit livre pétillant, 90 conseils et défis 100% feel good invitent le lecteur à se faire du bien, s’ouvrir aux autres, apprécier la nature et méditer.

MON AVIS :

Pétillant et plein de bonne humeur, ce joli petit livre ne manque pas d’audace et nous enseigne à mieux vivre au quotidien grâce à la pensée positive !
De jolis conseils mis en image à travers des illustrations pleines de couleurs et emplies de bonne humeur ! Un petit livre atypique, fait de citations, de jolies pensées et d’exercices pratiques, parfait à mettre en pratique, notamment pour les plus jeunes.
Un concentré de bonne humeur, à mettre entre toutes les mains, petites et grandes !

Un grand merci aux éditions Casterman pour l’envoi de ce joli condensé de bonne humeur !

Bilan – Avril 2018


5 FILMS

La forme de l’eau de Guillermo del Toro (2018) – 7/10
– Oseam de Sung Baek-Yeop (2004) – 8/10
The disaster artist de James Franco (2018) – 7/10
– Margin call de J.C. Chandor (2011) – 6,5/10
– The bling ring de Sofia Coppola (2013) – 5,5/10

4 LIVRES

Mercredi c’est papi ! d’Emmanuel Bourdier et Laurent Simon (96 pages) – 6,5/10
Croc-Blanc de Jack London (254 pages) – 6,5/10
Mon feel good book de Françoize Boucher (120 pages) – 6,5/10
Mémoire de fille d’Annie Ernaux (166 pages) – 6,5/10

Total pages : 636 pages

1 BD / MANGA

Aromantic (love) story de Haruka Ono – 5,5/10

Mémoire de fille d’Annie Ernaux


Editions Folio – 166 pages
Littérature française

L’auteur évoque l’été 1958 et sa première nuit avec un homme, passée dans une colonie dans l’Orne. Elle raconte l’onde de choc provoquée par ce moment et interroge la fille qu’elle a été en allant et venant dans l’écriture d’hier et d’aujourd’hui.

MON AVIS :

En se confrontant, sans concessions mais avec objectivité et bienveillance, à la jeune fille ignorante des choses de l’amour qu’elle était, ivre de sa première histoire et abusée par un homme qui n’a pas su voir en elle la petite fille éveillée au monde des adultes, Annie Ernaux se livre sans fard mais avec beaucoup de courage.
De pages en pages, elle dessine celle qu’elle était à la lumière de celle qu’elle est devenue. Une plongée dans son passé qui alterne brillamment entre réflexions au présent et actions du passé, sans enjoliver ni repenser ce passé fait d’erreurs, d’attentes et de maladresses. Car c’est bien en acceptant cette vision, sublime et intime qu’Annie Ernaux prouve toute sa grandeur d’âme et sa force de caractère. Oui, c’était bien elle cette jeune fille avide de découvertes, soucieuse de trouver une histoire d’amour idéale, abusée dans ses désirs et brimée dans ses attentes.
Une oeuvre écrite, sur le fil d’une pensée, qui aurait tantôt fait de basculer vers un malheureux voyeurisme ou vers une franche impudeur mais qui parvient, par une écriture franche et plutôt directe, à créer un lien bienveillant entre passé et présent, désillusions d’adolescence et vécu de femme. Une belle façon de parler à celle qu’elle était et grâce à qui elle est devenue celle qu’elle est aujourd’hui.

J’ai voulu l’oublier aussi cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil ; sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue.

Un grand merci aux éditions Folio et à Livraddict pour ce partenariat !

La forme de l’eau de Guillermo del Toro


Film américain – 2 h 03
Avec Sally Hawkins, Michael Shannon et Richard Jenkins

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

MON AVIS :

En nous livrant un conte revisité, Guillermo del Toro fait le pari d’une oeuvre contemporaine, joyeuse et délicate. Une nouvelle formule de La belle et la bête en conte moderne, prônant la différence et la tolérance. Une oeuvre cinématographique à la photo parfaite et qui parvient à reconstituer une époque avec puissance et intérêt. Mais au-delà de ses images magiques et de la très belle prestation de ses comédiens, La forme de l’eau n’apporte pas de vision nouvelle ni de nouveau discours autour du thème de la différence. Un récit sublimé par les images savamment étudiées de Guillermo del Toro mais qui ne parviendra pas à me marquer durablement.

Bande annonce

Mercredi, c’est papi ! d’Emmanuel Bourdier et Laurent Simon


Editions Flammarion jeunesse – 96 pages

Littérature française

« Le mercredi après-midi, c’est chez papi et mamie, et c’est un peu l’enfer aussi. Il n’y a pas Internet, et seulement trois BD un peu moisies. ? Je m’ennuie. ? Mais non mon roudoudou. On ne s’ennuie jamais à ton âge. Va voir papi. ? Non. Papi, il est aux fraises. ? Pas du tout ! Il est aux haricots. Va le voir, ça lui fera plaisir. Papi est bien aux fraises. Être aux fraises, c’est perdre la boule, avoir des courants d’air entre les deux oreilles, yoyoter du citron. » Et pourtant, pour Simon, le mercredi avec papi va devenir immanquable !

MON AVIS : 

Récit jeunesse sur le thème de la transmission, Mercredi c’est papi ! évoque avec délicatesse et conviction les thèmes de l’oubli, de la créativité, de l’invention et de la fantaisie.
A travers les histoires inventées par son grand-père atteint de la maladie d’alzheimer, Simon va découvrir toute la force de l’incarnation et toute la beauté de l’oralité. Une oeuvre sur le lien qui existe entre générations, malgré la maladie et qui a le mérite de mettre des mots sur ces difficultés.
Un récit qui prend réellement vie grâce aux magnifiques illustrations de Laurent Simon qui s’insèrent avec malice dans un texte tantôt classique et tantôt grossissant.

Des dessins tout droit sortis d’un imaginaire multiple qui accompagne brillamment ce si joli récit. Une oeuvre généreuse, qui rappelle avec conviction que le partage passe avant tout par le don de soi, même lorsqu’on oublie son identité. Une jolie découverte !

Moi, j’ai encore pleins de choses à apprendre sur ta vie d’avant. Car tout est vrai, je le sais, tu as été tout ça, sinon la vie est trop triste. Avec toi, on n’a pas besoin de livres. Tu les écris avec ta bouche ! Quand tu racontes, on dirait que tu tournes des pages magiques. Il n’y a que toi qui sait faire ça.

Un grand merci aux éditions Flammarion jeunesse qui m’ont permis de découvrir ce joli récit !

1984 de George Orwell


Editions Folio – 392 pages
Littérature britannique

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face.
BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.
Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

MON AVIS :

Oeuvre d’anticipation singulière, 1984 est un récit complexe et dense. Son traitement clinique, ses personnages inexpressifs et leur routine singulière révèlent une oeuvre choc, marquante, d’une grande violence aussi bien physique que morale et symbolique.
L’oeuvre de George Orwell surprend autant par la richesse de ses thèmes que par sa déconcertante actualité. Un récit glaçant dans son traitement des libertés autant que dans son rapport à l’humanité, qui a inspiré nombre d’oeuvres ultérieures (dont La servante écarlate).
1984 est un récit violent, déconcertant, mais toujours juste. Ainsi, et malgré certains passages plus longs, il conserve indubitablement une place à part dans la littérature moderne. Une oeuvre aussi riche que glaçante, à découvrir !

Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.


Ce qu’il allait commencer, c’était son journal. Ce n’était pas illégal (rien n’était illégal, puisqu’il n’y avait plus de lois), mais s’il était découvert, il serait, sans aucun doute, puni de mort ou de vingt-cinq ans au moins de travaux forcés dans un camps.

Lecture commune

The disaster artist de James Franco


Film américain – 1h44

Avec James Franco, Dave Franco et Seth Rogen

En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film. Sans savoir vraiment comment s’y prendre, il se lance … et signe THE ROOM, le plus grand nanar de tous les temps. Comme quoi, il n’y a pas qu’une seule méthode pour devenir une légende !

MON AVIS :

Comme a pu le faire Tim Burton auparavant avec Ed Wood, James Franco reprend dans The disaster artist, les fondations d’un mythe et remet au goût du jour les dérives d’un système et la création d’une oeuvre atypique. Un défi ambitieux plutôt bien réussi en ce qu’il nous présente, avec beaucoup de bienveillance, le mystère d’un homme, son désir de création et sa puissance d’évocation critique.
Mais au-delà de l’oeuvre devenue culte, c’est aussi une histoire d’amitié sincère que nous présente James Franco, celle qui lie Tommy Wiseau et Greg Sestero, leurs désirs de gloire et leur immense respect mutuel. Une oeuvre atypique, drôle et touchante, à découvrir.

Bande annonce

Chat siamois de Guillaume Bianco et Ciou


Editions Venusdea – 64 pages
Littérature française

Emmy Hyacinthe Muffin, une petite fille comme les autres ? Pas vraiment… On la croit sorcière ! Et cela ne s’arrange pas lorsqu’un soir de pleine lune, une veuve noire se glisse le long de sa gorge. Dès lors, sa vie chavire…

MON AVIS :

Conte gothique porté par les illustrations délicates de la talentueuse Ciou, Chat siamois invoque les démons de l’enfance, ceux de la nuit et les peurs les plus élémentaires pour en faire un récit riche en nuances et en images.
Une oeuvre à l’histoire plutôt simple mais qui prend une réelle ampleur grâce aux illustrations présentes sur chaque page. Une jolie découverte.

« La petite fille rêve…
De veuves noires, d’un monde fou, moins ordinaire…
La petite fille rêve…
De chats siamois, de cheveux fous, de serpentaires… »