L’homme-joie de Christian Bobin

L'homme-joie

Editions L’Iconoclaste – 180 pages
Littérature française

« J’ai rêvé d’un livre qu’on ouvrirait comme on pousse la grille d’un jardin abandonné. »

Christian Bobin renouant avec sa fibre narrative, construit son livre en quinze récits : des portraits d’êtres chers (son père), des rencontres (Maria, l’enfant gitane), des figures emblématiques (Soulages Glenn Gould), des visions, puis une longue lettre à la femme aimée et perdue, « la plus que vive ». Entre ces récits viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d’humanité.
Un même fil rouge unifie ces textes, c’est la voix de Christian Bobin à nulle autre pareille, et son regard de poète qui transfigure le quotidien.

MON AVIS :

Comme toujours avec Christian Bobin, les portraits des êtres aimés se succèdent et se répondent, rencontrent des figures emblématiques de la culture et des instants de poésie.
L’écriture est, comme toujours, aérienne et les pensées, de vrais moments de douceur. Je ne saurai que vous conseiller, une fois encore, la lecture de ce poète des temps modernes, qui, en nous prodiguant douceur et légèreté même dans les sujets les plus graves, nous convainc de l’importance de la parole, de l’écriture et de la contemplation.

Un prince à la chemise bouffante perlée d’or m’attendait dans la chambre. Je l’avais fait entrer puis je l’avais oublié. Il patientait près de la fenêtre. J’ai tout de suite vu en revenant vers lui qu’il ne m’en voulait pas de l’avoir oublié. Humble et fort, il était de la race des bénisseurs. Son âme ensoleillée diffusait dans la pièce une odeur de sainteté à quoi, même les yeux fermés, j’aurai reconnu mon invité : une branche de mimosa.


Je ne peux pas te parler du mimosa puisque tu n’es plus là. Mais le mimosa, lui, me parle très bien de toi : tout ce qui est délicat a traversé le pays des morts avant de nous atteindre.


Le monde est inondé de saints – je veux dire : de martyrs, car je ne distingue pas ces deux mots. Ils se multiplient, chaque jour plus nombreux. On les appelle « malades d’Alzheimer ». En se multipliant ils nous font le don d’une vie réduite à la base, harassante, exténuante, délivrée de tous les ordres de la vie moderne : acheter, envier ; triompher. Ecraser.

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10 réflexions sur “L’homme-joie de Christian Bobin

    • Je ne suis pas très objective avec Christian Bobin qui est un auteur que j’adore mais c’est un très beau poète qui nous livre toujours des textes très beaux et sensibles ! Moi j’adore ^^

    • J’ai vraiment hâte d’avoir ton avis sur Isabelle Bruges (et en même temps, c’est un livre qui compte tellement pour moi que j’ai aussi un peu peur que tu sois déçue…) à suivre 🙂

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