David Bowie n’est pas mort de Sonia David


Editions Robert Laffont – 174 pages

Littérature française

« Ma mère est morte. Mon père est mort. David Bowie est mort.
Ce ne sont pas uniquement de mauvaises nouvelles. »

À un an d’intervalle, Anne, Hélène et Émilie perdent leur mère, puis leur père. Entre les deux, David Bowie lui aussi disparaît. Dans l’enfance d’Hélène, la « soeur du milieu », le chanteur a eu une importance toute particulière, dont le souvenir soudain ressurgit. Alors, elle commence à raconter… Sur les thèmes inépuisables de la force et de la complexité des liens familiaux, de la place de chaque enfant dans sa fratrie, voici un roman d’une déconcertante et magnifique sincérité.

MON AVIS : 

Sur un thème inépuisable en littérature et si courant au cinéma, Sonia David fait le choix de la sincérité : l’écriture comme un souffle, le déroulement des pensées presque automatique, l’analyse comme meilleur recul. En parlant de la disparition de sa mère, la narratrice se confronte à l’adolescence et à son désir poignant de reconnaissance face à une femme charismatique parfois insaisissable. La mort du père replonge les trois soeurs dans la souffrance et souligne la dépendance de l’auteure face aux idées du disparu, éternel militant. La mort de David Bowie finalement s’apparente davantage à l’enfance et aux rapports parfois complexes d’une fratrie. Trois temps d’une vie, condensés en quelques mois, qui témoignent de la fin d’une époque. La plume de Sonia David est affutée, délicate et toujours sensible. Elle offre à ses lecteurs, un moment de son intimité, comme la possibilité d’un lendemain, composé de doutes, d’attentes, d’instants magiques et d’une compréhension délicate. Une oeuvre réussie qui parle à l’âme, à l’instinct et au vécu.

 Néanmoins, grâce à un cancer du sein, le bien est fait, ou du moins initié: toutes les quatre, nous expérimentons à nouveau l’évidence d’être une famille, chose étrange, dont on ne sait pas très bien s’arranger quand si longtemps nous nous en sommes fichues, chacune occupée à se dépêtrer de l’enfance.


La mort de David Bowie est une mort idéale, n’est-ce pas, nette, immatérielle, pas besoin de tableau Excel, pas d’administration, pas d’appartement à vider, ni de contingences autres, toutes ces choses qui, je le sais à présent, relèguent à plus loin, à plus tard la vivacité de la douleur.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont qui m’ont permis de découvrir ce si joli roman.

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8 réflexions sur “David Bowie n’est pas mort de Sonia David

  1. Je l’ai lu il y a quelques jours… Vite oublié je vais galérer à écrire ma critique ^^ Il m’a plu sur le moment mais avec le recul ne m’a rien apporté. Et puis je n’ai pas saisi le lien avec David Bowie qui tombe comme un cheveu sur la soupe… Dommage !

    • Je ne suis pas sûre qu’il me reste en mémoire très très longtemps mais je ne peux pas dire qu’il ne m’ait rien apporté. J’ai beaucoup aimé la plume, on sent que l’auteure a l’habitude d’écrire. Quant à l’histoire avec David Bowie, elle est une sorte de ciment pour moi. Après avoir tant parlé de ses morts, l’auteure évoque une dernière mort plus lointaine mais qui achève le lien avec son enfance et son adolescence. Bowie, c’est le rapport à sa soeur ainée distante physiquement et parfois mentalement. C’est ce moment où elle s’est sentie très proche d’elle, grâce à Bowie, qui disparait aussi.. Je trouve cela au contraire plutôt bien amené 🙂

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