Les graciées de Kiran Millwood Hargrave


Editions Robert Laffont –  392 pages

Littérature britannique

1617, Vardø, au nord du cercle polaire, en Norvège.
Maren Magnusdatter, vingt ans, regarde depuis le village la violente tempête qui s’abat sur la mer. Quarante pêcheurs, dont son frère et son père, gisent sur les rochers en contrebas, noyés. Ce sont les hommes de Vardø qui ont été ainsi décimés, et les femmes vont désormais devoir assurer seules leur survie.
Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse. Cet homme sinistre y brûlait des sorcières. Il est accompagné de sa jeune épouse norvégienne, Ursa. Enivrée et terrifiée par l’autorité de son mari, elle se lie d’amitié avec Maren et découvre que les femmes peuvent être indépendantes. Absalom, lui, ne voit en Vardø qu’un endroit où Dieu n’a pas sa place, un endroit hanté par un puissant démon.
Inspiré de faits réels, Les Graciées captive par sa prose, viscérale et immersive. Sous la plume de Kiran Millwood Hargrave, ce village de pêcheurs froid et boueux prend vie.

MON AVIS :

Récit de mer et de vent, de terres hostiles et peuplé de femmes courageuses, l’oeuvre de Kiran Millwood Hargrave est pourtant touchée par la grâce. Une légèreté de l’écriture alliée à une force narrative font de ce roman une oeuvre lumineuse alors même que son sujet est terrifiant et ses territoires hostiles. Une rencontre parfaite entre le lecteur et ces femmes abandonnées de tous, placées sous la protection et le joug des hommes, de Dieu et de la morale, qui raconte comment une oeuvre peut évoquer l’intemporelle question de l’indépendance féminine et de la liberté individuelle. Si les thèmes pourraient sembler classiques, l’écriture fluide de l’auteure, alliée à la puissance de ses images, en font un récit d’une grande force, difficile à quitter.

Maren se demande si les autres femmes partagent son sentiment – celui d’être enracinée à cette terre, plus que jamais, Baleine ou pas, signes ou pas, Maren a été témoin de la mort de quarante hommes. Désormais quelque chose en elle la relie à cette île, la retient prisonnière.


-Comment peuvent-ils prétendre agir au nom de Dieu ? s’exclame Maren, les yeux brûlants de larmes. Comment peuvent-ils qualifier leur oeuvre de sacrée ?


Elle qui pensait avoir vu le pire depuis ce port, que rien ne pouvait égaler les horreurs de la tempête, comprend à présent combien il était naïf de croire que le mal ne pouvait provenir que du dehors. Depuis le départ, le mal était ici, parmi elles, perché sur deux jambes, répandant la rumeur de sa langue humaine.

4 réflexions sur “Les graciées de Kiran Millwood Hargrave

    • Je suis ravie de te donner envie de le découvrir, c’est un très beau roman avec lequel tu passeras (j’espère) un bon moment. Belle journée à toi !

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